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Actualités - Chronologie

Soleil trompeur sur grand écran

Une fois encore, «Shakespeare in Love», et ses 13 nominations aux Oscars, qui seront décernés dimanche, est venu conforter l’idée d’un cinéma britannique en pleine forme, original et populaire, mais l’image est trompeuse, brouillée par des faiblesses structurelles persistantes. «Au moment même où l’industrie du film britannique s’auto-congratule sur un nouveau succès, il devient clair que l’envolée de son cinéma marque le pas», résume le critique Andrew Pulver dans le Guardian. «Profitez du voyage tant que vous le pouvez. Les icerbergs sont devant». Avec 1,82 million de livres (2,6 millions d’euros) de recettes dès son premier week-end de sortie, la comédie romantique de John Madden s’inscrit dans la lignée des succès britanniques fulgurants qu’ont été «Quatre mariages et un enterrement» (1994), «Trainspotting» (1996), «The Full Monty» ou «Le patient anglais» (1997). Mais de même que le film d’Anthony Minghella, «Shakespeare in Love» n’a, malgré son titre, qu’une identité britannique limitée : l’idée originale, l’héroïne et surtout les producteurs sont tous Américains. Et, aujourd’hui, plusieurs indicateurs témoignent d’un retournement possible du renouveau du cinéma britannique enregistré au début des années 90. Les entrées sont tombées à 135 millions en 1998 contre 139 un an avant, largement portées au premier semestre par le film américain «Titanic», alors que la période de Noël révélait une baisse de 25 % par rapport à décembre 1997. Parallèlement, le niveau d’investissement dans la production cinématographique en Grande-Bretagne a reculé de près de 15 % en un an, avec 87 films de cinéma britannique ou étranger tournés en 1998 contre 108 l’année d’avant, selon la British Film Commission. Leur budget global a représenté 372 millions de livres (520 millions d’euros), soit 95 millions (138 millions d’euros) de moins qu’en 1997. Investissement vital La force de la livre vis-à-vis du dollar a découragé plusieurs grands studios américains de tourner en Grande-Bretagne. Or «l’investissement en provenance de l’étranger est vital pour le secteur», prévient la Commission. Avec leurs budgets en moyenne au moins cinq fois supérieurs à ceux des films britanniques, les grands studios américains font vivre ici des équipes entières de techniciens, machinistes et autres services de production. Un rapport indépendant publié la semaine dernière souligne le caractère extrêmement «éclaté» de l’industrie du film britannique, qui regroupe quelque 3 000 entreprises, souvent très petites, employant plus de 50 000 salariés. «Cet éclatement place cette industrie dans une situation tout à fait périlleuse : même si les résultats financiers sont bons en ce moment, tout repose sur quelques individus», estime Sara Selwood, l’auteur du rapport.
Une fois encore, «Shakespeare in Love», et ses 13 nominations aux Oscars, qui seront décernés dimanche, est venu conforter l’idée d’un cinéma britannique en pleine forme, original et populaire, mais l’image est trompeuse, brouillée par des faiblesses structurelles persistantes. «Au moment même où l’industrie du film britannique s’auto-congratule sur un nouveau succès, il devient clair que l’envolée de son cinéma marque le pas», résume le critique Andrew Pulver dans le Guardian. «Profitez du voyage tant que vous le pouvez. Les icerbergs sont devant». Avec 1,82 million de livres (2,6 millions d’euros) de recettes dès son premier week-end de sortie, la comédie romantique de John Madden s’inscrit dans la lignée des succès britanniques fulgurants qu’ont été «Quatre mariages et un enterrement»...