Soutenu par ses chefs militaires, des «purs et durs» qu’il a nommés en décembre, le président Slobodan Milosevic attise en Serbie un climat de confrontation avec l’Occident, dans l’espoir d’arracher un compromis sur le Kosovo. Depuis la fin de la première phase des pourparlers de Rambouillet, l’armée yougoslave multiplie les appels à la résistance populaire et se dit prête à «défendre le Kosovo à tout prix» et à «répondre à la force par la force» en cas d’intervention de l’Otan. Jeudi, elle est allée jusqu’à menacer d’anéantir les séparatistes albanais de l’Armée de libération du Kosovo, en cas de frappes de l’Otan, par la voix du général Nebojsa Pavkovic, commandant de la 3e armée, qui couvre la province du Kosovo. Une attaque contre la RFY «serait un signal pour en découdre avec les terroristes. Comme cela, nous n’aurions plus qu’un seul ennemi», a dit le général Pavkovic, une allusion aux forces de l’Otan. Le général a averti qu’«il y a un danger réel d’éclatement d’un conflit», assurant que, dans ce cas, «notre pays perdra la paix, mais sûrement pas la guerre». «Milosevic se comporte comme s’il voulait réellement des frappes aériennes, en créant un climat de nervosité et de tension extrême», a estimé un diplomate occidental qui a requis l’anonymat. Le président yougoslave tente de convaincre l’Occident qu’il ne peut pas signer un accord qui, à ses yeux, équivaudrait à perdre le Kosovo. Selon l’influente lettre confidentielle VIP, qui cite des sources proches du gouvernement yougoslave, les conseillers de M. Milosevic au sein de l’armée et de la police considèrent que la Serbie peut encore éviter, tant des frappes qu’un déploiement de l’Otan au Kosovo, moyennant d’ultimes tractations diplomatiques avec les Occidentaux, en particulier les Américains. La stratégie de tension extrême au Kosovo choisie par M. Milosevic s’est traduite par une forte concentration de troupes yougoslaves aux abords de la province et dans le sud, à la frontière avec la Macédoine, une région que les vérificateurs de l’OSCE doivent traverser en cas d’évacuation par voie terrestre. C’est aussi en Macédoine que sont prépositionnés quelque 10 000 soldats de l’Otan appelés à faire partie d’une future force de paix a Kosovo (Kfor). La propagande belliciste distillée par les médias gouvernementaux fait que neuf habitants de la Serbie sur dix se disent opposés à un déploiement de l’Otan au Kosovo et estiment que l’armée yougoslave devrait riposter en cas de frappes aériennes, selon un sondage réalisé par l’agence Ipress, publié jeudi. Toutefois, malgré les assurances de sa hiérarchie qui loue «le moral élevé» de la troupe, l’armée connaît de sérieuses difficultés de recrutement en raison du grand nombre de réfractaires, selon des sources concordantes. L’état-major a de ce fait prolongé d’un mois le service militaire des appelés qui devaient normalement être rendus à la vie civile le 15 mars.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Soutenu par ses chefs militaires, des «purs et durs» qu’il a nommés en décembre, le président Slobodan Milosevic attise en Serbie un climat de confrontation avec l’Occident, dans l’espoir d’arracher un compromis sur le Kosovo. Depuis la fin de la première phase des pourparlers de Rambouillet, l’armée yougoslave multiplie les appels à la résistance populaire et se dit prête à «défendre le Kosovo à tout prix» et à «répondre à la force par la force» en cas d’intervention de l’Otan. Jeudi, elle est allée jusqu’à menacer d’anéantir les séparatistes albanais de l’Armée de libération du Kosovo, en cas de frappes de l’Otan, par la voix du général Nebojsa Pavkovic, commandant de la 3e armée, qui couvre la province du Kosovo. Une attaque contre la RFY «serait un signal pour en découdre avec les...