L’Armée de libération du Kosovo s’est résolue à signer le plan d’autonomie de la province pour s’assurer le soutien des Occidentaux face à Belgrade, mais cette alliance de circonstance n’ira certainement pas sans anicroches. «L’an dernier, à la même époque, Washington parlait de l’UCK comme d’un groupe terroriste. Maintenant, les Américains présentent les séparatistes kosovars comme des hommes d’État, des hommes de paix», déclare un diplomate occidental employé comme analyste par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. «En un an, qu’est-ce qui a changé ? L’UCK a tendu des embuscades à la police serbe, a enlevé et assassiné des civils serbes, et, aussi, a vu tomber beaucoup de ses propres partisans», ajoute-t-il. Le «mariage» entre l’UCK et les Occidentaux «est un mariage sans amour, un mariage d’intérêt qui se terminera dans les larmes. La base de cette relation, l’accord sur l’autonomie, est rejetée par les Serbes (...) L’issue probable, c’est la guerre, pas la paix», estime cet analyste. Les diplomates occidentaux, particulièrement les Américains, ne cachent pas leur inquiétude face aux combattants de l’UCK. Ces derniers ont été parfois décrits par leurs nouveaux amis comme des gens peu fréquentables, politiquement suspects, susceptibles de déstabiliser les Balkans mais incapables de remporter leur guerre contre les Serbes. Ce qui sauve l’UCK au yeux de l’Occident, c’est la façon dont Belgrade traite la majorité albanophone du Kosovo et le mépris des Serbes pour les engagements qu’ils ont pris en octobre dernier, lorsqu’une trêve a été conclue. Mais les détracteurs de l’UCK jugent que ses penchants politiques sont tout aussi autoritaires que ceux de Belgrade. Les modérés kosovars, comme le «président» élu en 1992, Ibrahim Rugova, qui ont prêché la non-violence pendant dix ans, sont passés au second plan depuis que les armes ont pris le dessus en 1998. Hashim Thaqi, 29 ans, directeur politique de l’UCK considéré comme un «faucon», a dirigé cette semaine la délégation à Paris et devrait être le Premier ministre du gouvernement provisoire que les Kosovars entendent mettre en place. Ce qui complique encore la situation, c’est que les combattants kosovars seraient impliqués dans le trafic de drogue et d’armes pour financer leurs activités, disent des diplomates. Conscient de ces problèmes, Washington a invité des responsables de l’UCK à se rendre aux États-Unis, pour tenter de les convertir aux vertus de la démocratie occidentale. Mais même si l’UCK, sous la tutelle occidentale, devient le champion de la démocratie et de la paix, le refus des Serbes de signer le plan de Rambouillet ne semble conduire qu’à de nouvelles effusions de sang. Si l’Otan bombarde les Serbes, ceux-ci pourraient se retourner contre les civils albanais et la spirale des représailles serait enclenchée. En outre, même si Belgrade accepte finalement le plan d’autonomie, on voit mal comment une réconciliation durable serait possible après tant de sang versé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Armée de libération du Kosovo s’est résolue à signer le plan d’autonomie de la province pour s’assurer le soutien des Occidentaux face à Belgrade, mais cette alliance de circonstance n’ira certainement pas sans anicroches. «L’an dernier, à la même époque, Washington parlait de l’UCK comme d’un groupe terroriste. Maintenant, les Américains présentent les séparatistes kosovars comme des hommes d’État, des hommes de paix», déclare un diplomate occidental employé comme analyste par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. «En un an, qu’est-ce qui a changé ? L’UCK a tendu des embuscades à la police serbe, a enlevé et assassiné des civils serbes, et, aussi, a vu tomber beaucoup de ses propres partisans», ajoute-t-il. Le «mariage» entre l’UCK et les Occidentaux «est un...