La politique de toutes les chaînes américaines de Beyrouth est de donner la priorité aux étudiants au cours du recrutement de leurs employés. M. Ziad Badine, gérant d’un grand restaurant américain de la capitale indique que «65 % des employés du restaurant sont des étudiants». Ils appartiennent notamment à l’Université libanaise (UL), l’Université arabe, l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et la Lebanese American University (LAU). Ces étudiants et étudiantes occupent l’emploi de barman, d’hôtesse d’accueil et de serveur. Certains sont à leur première année de licence, d’autres suivent des cours de maîtrise. Presque la moitié de ces étudiants serveurs ne possèdent pas une famille proche dans la capitale. Ils vivent dans des foyers ou dans les dortoirs universitaires. Le gérant du restaurant explique la situation en soulignant que «peut-être il est plus facile aux habitants de Beyrouth de trouver des emplois ailleurs. De plus, c’est une façon pour les étudiants, qui vivent dans les foyers et qui n’ont pas d’amis dans la capitale, d’occuper leur temps libre», ajoute-t-il. M. Badine indique que «le travail permet aux étudiants de se faire de l’argent de poche certes mais aussi de financer leurs études, notamment en achetant des fournitures. Certains étudiants de l’AUB ou de la LAU, s’ils travaillent de façon continue durant les mois d’été, parviennent à payer leur premier semestre à l’université», dit-il. Le gérant du restaurant note qu’au «cours du recrutement, les étudiants ont la priorité, même si cela pose quelques problèmes». Et d’expliquer qu’un «étudiant ne travaille pas à plein-temps. De plus, poursuit-il, il peut chômer deux mois ou quitter pour quelques jours sans prévenir et ceci pour cause d’examens». Pourquoi donc les recrute-t-on ? «Le client communique mieux avec les étudiants, il se sent plus en sécurité, déclare M. Badine. Les étudiants sont également au courant de tout ce qui se passe dans le pays, ils peuvent donc aider les touristes qui fréquentent les lieux ou même les clients libanais», ajoute-t-il. Quel genre de relation existe-t-il entre les étudiants serveurs et les serveurs qui ne vont pas à l’université ? «À l’intérieur du restaurant, indique le gérant, la relation est normale, mais ces deux groupes ne se fréquentent pas hors des heures du travail. Quand ils arrivent, les étudiants serveurs manifestent de l’orgueil mais au fur et à mesure qu’ils travaillent, ils deviennent plus simples et s’adaptent progressivement au métier», note-t-il. Est-ce qu’ils sont gênés quand ils servent leurs amis ? «Pas du tout, indique le gérant du restaurant. Par contre, certains se réfugient dans la cuisine ou se cachent à la vue d’un membre proche ou lointain de la famille», souligne-t-il.
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