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Actualités - Chronologie

Un coup dur pour l'Union

La démission collective de la Commission européenne, neuf mois avant la fin de son mandat, est un coup dur pour l’Europe, à huit jours d’un sommet européen capital sur la réforme du financement de l’Union à Berlin. «L’image de marque de la Commission européenne sort très affaiblie de l’épreuve. Les accusations du comité des sages sur les lourdes responsabilités collectives sont accablantes. Elle mettra du temps à s’en remettre», estime un haut-fonctionnaire européen. Jacques Santer, le président de la Commission européenne, a bien tenté de rassurer les milieux européens en déclarant que «la Commission continuait à faire son travail et qu’il n’y aurait pas de blocage des dossiers, notamment celui de l’Agenda 2000 sur la réforme du financement de l’UE». Mais les avis divergent fortement sur la capacité de la Commission démissionnaire à continuer à travailler comme si de rien n’était jusqu’à l’été ou même jusqu’au début de l’automne. Les plus optimistes pensent qu’en tout état de cause, le collège des 20 commissaires sera maintenu tel quel, en tout cas jusqu’à l’élection des députés du Parlement européen le 13 juin prochain. Ensuite, un nouveau président de la Commission sera désigné fin juin lors d’un sommet spécial par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE. Une nouvelle Commission pourrait donc se substituer sans heurts à l’ancienne en septembre ou en octobre prochain. Le scénario pessimiste envisage les choses de manière différente. «Il sera très difficile à l’actuelle Commission de continuer une activité normale pendant très longtemps. Dès le sommet européen de Berlin (24-25 mars), les dirigeants européens vont s’inquiéter de l’avenir de cette institution capitale pour le bon fonctionnement de l’Europe», indique un diplomate européen. «Le Parlement européen pourrait s’en mêler et exiger dès avril le départ définitif de l’actuelle Commission et la tenue d’un sommet européen extraordinaire pour désigner un nouveau président», ajoute-t-il. Le président du Conseil italien, Massimo d’Alema, a souhaité que le «sommet de Berlin prenne les décisions qui permettent d’avoir un exécutif européen pour terminer le mandat actuel». L’Europe entre donc dans une période de grande incertitude, même si un certain nombre de dirigeants européens estiment que la crise actuelle pourra être en fin de compte salutaire. Jusqu’à présent, aucun candidat pour le poste de président de la Commission européenne ne se détache sérieusement. Le plus cité, l’ancien Premier ministre italien Romano Prodi, ne fait pas l’unanimité. «Il faut à la fois un homme fort et un visionnaire», souligne un expert européen. «Surtout après Jacques Santer qui a manqué de lignes directrices et qui a laissé s’établir vingt féodalités», ajoute-t-il. Le chancelier allemand Gerhard Schröder, président en exercice de l’Union, avait rencontré mardi après-midi Jacques Santer pendant une heure pour discuter de la situation et des mesures à prendre. Mardi matin, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre néerlandais Wim Kok, le chancelier allemand a voulu rassurer l’opinion publique européenne. «Tout ce qui dramatise la situation doit être évité. Nous avons un Parlement (européen) confiant et intact, un Conseil européen (des chefs d’État et de gouvernement) opérationnel, la présidence» exercée par l’Allemagne : «je ne pense donc pas que l’on puisse dire que l’Europe se retrouve sans direction, et cela va être démontré de manière évidente», a-t-il déclaré.
La démission collective de la Commission européenne, neuf mois avant la fin de son mandat, est un coup dur pour l’Europe, à huit jours d’un sommet européen capital sur la réforme du financement de l’Union à Berlin. «L’image de marque de la Commission européenne sort très affaiblie de l’épreuve. Les accusations du comité des sages sur les lourdes responsabilités collectives sont accablantes. Elle mettra du temps à s’en remettre», estime un haut-fonctionnaire européen. Jacques Santer, le président de la Commission européenne, a bien tenté de rassurer les milieux européens en déclarant que «la Commission continuait à faire son travail et qu’il n’y aurait pas de blocage des dossiers, notamment celui de l’Agenda 2000 sur la réforme du financement de l’UE». Mais les avis divergent fortement sur la...