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Actualités - Chronologie

Des villages du Sud désertés après les bombardements

Plusieurs villages albanais du Sud du Kosovo ont été désertés par leurs habitants à la suite de bombardements par l’armée yougoslave ces derniers jours, ont constaté les correspondants sur place. «Les soldats sont passés par ici hier. Ils ont menacé de me tuer si je ne leur disais pas où étaient les combattants» de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), raconte le vieux Ramadan Muloku, resté pratiquement seul dans son village d’Ivaja, pilonné mardi par des tirs d’artillerie. «Les hommes de l’UCK sont venus il y a une semaine. Ils sont repartis la veille de l’attaque de l’armée. Qu’on me tue, je ne dirai rien.» À 80 ans, Ramadan estime avoir «suffisamment vécu». «Rien ne me fait plus peur», dit-il. Juché sur la montagne de Sar, Ivaja a été détruit à 80 pour cent. Des maisons calcinées, sans toiture, fument encore. Dans la neige et la boue, des traces de chenilles de chars sont encore fraîches. Un chien dévore les entrailles d’un cheval touché par un projectile et gisant sur la route. Ivaja, Gajre, Ljac, Straza et Pustenik sont déserts. Selon l’agence de l’UCK, Kosova Press, trois rebelles ont été tués et quatre autres blessés mardi dans ce secteur proche de la frontière avec la Macédoine. Plus de 300 personnes avaient trouvé refuge mercredi dans le village de Kotlina, après avoir passé la nuit dehors. La plupart viennent de Pustenik et de hameaux proches de Kotlina. Des véhicules du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) sont venus leur apporter de la nourriture et tenter des les évacuer vers la ville de Kacanik. «Les femmes, les enfants et les vieux peuvent partir, les hommes doivent rester défendre le village», commande un jeune. L’école de Kotlina a été transformée en dortoir, avec des couvertures posées à même le sol. «Pourquoi? Pourquoi?», sanglote une jeune femme en état de choc, serrant son bébé dans les bras. Gajre n’a pas été bombardé, mais offre des scènes de pillage et de déprédations. La serrure de la porte de la mosquée a été défoncée, sans doute à coups de crosse, et les murs intérieurs sont criblés d’impacts de balles. Dans les cours des fermes, du linge sèche encore, signe du départ précipité de leurs propriétaires. Les vitres sont brisées, des téléviseurs ont été jetés par les fenêtres. Faik Kiki a 88 ans. Il se dit le «protecteur» du village. Avec son chien et quelques poules, il est la seule âme qui vive à Gajre. «Prenez les poules. Je suis trop vieux pour pouvoir les attraper», dit-il. Presque sourd et à moitié aveugle, ce vieillard édenté n’a pas entendu les tirs d’artillerie sur Ivaja, tout proche. «Je n’ai vu que des soldats passer.» Plus de 300 habitants d’Ivaja se sont réfugiés mardi à Kacanik, et 400 autres se cacheraient dans les forêts, estime Paula Ghedini, porte-parole du HCR, rencontrée sur place. «La paix? Inch Allah! J’espère que l’Amérique viendra mettre fin aux combats», murmure Faik.
Plusieurs villages albanais du Sud du Kosovo ont été désertés par leurs habitants à la suite de bombardements par l’armée yougoslave ces derniers jours, ont constaté les correspondants sur place. «Les soldats sont passés par ici hier. Ils ont menacé de me tuer si je ne leur disais pas où étaient les combattants» de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), raconte le vieux Ramadan Muloku, resté pratiquement seul dans son village d’Ivaja, pilonné mardi par des tirs d’artillerie. «Les hommes de l’UCK sont venus il y a une semaine. Ils sont repartis la veille de l’attaque de l’armée. Qu’on me tue, je ne dirai rien.» À 80 ans, Ramadan estime avoir «suffisamment vécu». «Rien ne me fait plus peur», dit-il. Juché sur la montagne de Sar, Ivaja a été détruit à 80 pour cent. Des maisons calcinées, sans...