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Actualités - Chronologie

Moscou affaibli et résigné

La Russie assistera vendredi, affaiblie et résignée, à l’élargissement de l’Otan, réservant ses dernières forces pour combattre ce qu’elle considérerait comme une menace réelle pour sa sécurité, l’adhésion d’une ex-république soviétique à l’Alliance atlantique. Moscou devrait rappeler son opposition de principe à l’adhésion de la Hongrie, de la République tchèque et de la Pologne, mais ce sujet ne semble plus guère passionner les Russes qui préfèrent concentrer leurs attaques sur le rôle de gendarme que prétend jouer l’Otan, et donc les Américains, en Europe. C’est ce dossier qui est à l’origine des dernières tensions entre Moscou et l’Alliance atlantique, en particulier sur le Kosovo où les Russes se sont vivement opposés à une intervention pour obliger Belgrade à accepter un éventuel règlement de paix dans la province serbe. De même, ils refusent qu’une force sous seul commandement Otan soit déployée au Kosovo pour mettre en œuvre l’accord de paix, prônant une surveillance par une force internationale autorisée à la fois par Belgrade et le Conseil de sécurité de l’Onu. Les alliés n’ont pas ménagé leur peine pour calmer les appréhensions de Moscou sur un élargissement de l’Otan à trois anciens États du pacte de Varsovie. Depuis la création d’un conseil conjoint en mai 1997, la Russie a un droit de regard, mais non un droit de veto, sur les affaires de l’Otan. L’Alliance s’est également engagée à ne pas déployer dans un avenir prévisible des armes nucléaires et des troupes de combat sur le territoire des nouveaux adhérents. En revanche, les Russes n’ont pas réussi à limiter autant qu’ils le voulaient les infrastructures militaires destinées à être installées sur le territoire des nouveaux adhérents. En outre, l’année où l’Otan annonçait son élargissement à trois nouveaux membres, la Russie se voyait octroyer une place dans le club très fermé des pays les plus industrialisés, le G-7 devenant le G-8. «La Russie est avant tout préoccupée par sa crise économique, et les questions de sécurité sont passées au second plan. En outre, il est aujourd’hui clair que la menace pour sa sécurité ne vient pas de l’étranger mais de l’intérieur», estime Oksana Antonenko de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) de Londres. Ligne rouge Si les Occidentaux ont réussi à calmer l’inquiétude et à monnayer l’opposition de Moscou à l’adhésion d’anciens pays communistes, un élargissement à l’une des anciennes républiques soviétiques serait nettement plus difficile à faire accepter aux Russes. Moscou a toujours dit qu’une «ligne rouge» serait franchie si l’Ukraine, ou plus vraisemblablement les pays baltes rejoignaient l’Alliance atlantique. Le président estonien Lennart Meri a encore déclaré dimanche que la petite république balte avait «deux principaux objectifs, son adhésion complète à l’Union européenne et à l’Otan». Cette crainte d’un rapprochement de l’Otan des frontières russes inquiète d’autant plus Moscou que des dissensions de plus en plus grandes se font jour au sein de la CEI (Communauté des États indépendants), l’organisation créée sur les décombres de l’Urss qui regroupe 12 ex-républiques soviétiques. Plusieurs membres de la CEI ont récemment annoncé leur intention de quitter ce traité. Plus inquiétant, l’Azerbaïdjan, qui a une frontière commune avec la Russie, a annoncé fin janvier être prête à accueillir sur son sol des troupes américaines ou de l’Otan. Il reste que la réaction de Moscou — la deuxième puissance nucléaire mondiale — dépendra beaucoup du calendrier des nouvelles adhésions. «Si celles-ci se produisent alors que la Russie est encore dans une situation instable, dans les 5 prochaines années, il est clair qu’elle continuera à s’y opposer», estime Oksana Antonenko. «Si, en revanche, le processus s’étale sur une période de temps suffisamment longue et si par exemple l’Estonie adhère d’abord à l’Union européenne avant l’Otan, ce rapprochement devrait être mieux perçu par les Russes qui auront le temps de s’y ajuster», conclut l’analyste.
La Russie assistera vendredi, affaiblie et résignée, à l’élargissement de l’Otan, réservant ses dernières forces pour combattre ce qu’elle considérerait comme une menace réelle pour sa sécurité, l’adhésion d’une ex-république soviétique à l’Alliance atlantique. Moscou devrait rappeler son opposition de principe à l’adhésion de la Hongrie, de la République tchèque et de la Pologne, mais ce sujet ne semble plus guère passionner les Russes qui préfèrent concentrer leurs attaques sur le rôle de gendarme que prétend jouer l’Otan, et donc les Américains, en Europe. C’est ce dossier qui est à l’origine des dernières tensions entre Moscou et l’Alliance atlantique, en particulier sur le Kosovo où les Russes se sont vivement opposés à une intervention pour obliger Belgrade à accepter un éventuel...