Le secrétaire américain à la Défense a achevé mercredi une tournée dans le Golfe sans obtenir un appui déclaré aux raids contre l’Irak. Au contraire, deux des six pays visités les ont critiqués. À son départ de Koweït, sa dernière escale, il a cependant affirmé que les six pays appuyaient tous la politique américaine, même le Qatar qui avait ouvertement appelé à l’arrêt des raids contre l’Irak. «Nous avons le soutien de tous les pays du Golfe, y compris le Qatar», a assuré M. Cohen avant de se rendre en Jordanie. Il est attendu ensuite en Égypte et en Israël, dernière étape de sa tournée au Proche-Orient. «Je suis satisfait qu’aucun pays n’ait demandé à ses amis américains et britanniques de mettre en danger leurs pilotes» qui patrouillent les zones d’exclusion dans le nord et le sud de l’espace aérien irakien, a-t-il ajouté. À chacune de ses escales, M. Cohen a expliqué que les raids contre l’Irak étaient menés en légitime défense et qu’ils se poursuivraient jusqu’à ce que l’armée irakienne arrête de menacer les avions américains et britanniques qui surveillent les zones d’exclusion aérienne. Durant ses visites aux troupes américaines déployées dans le Golfe, M. Cohen semble avoir volontairement mis l’accent sur la protection que ces forces assurent à cette région pétrolière, plutôt que de vanter leur efficacité. Ainsi, au lieu de se rendre sur les porte-avions croisant dans le Golfe ou sur la base séoudienne qui abrite les avions alliés surveillant la zone d’exclusion du sud de l’Irak, il a visité une batterie de missiles anti-missiles Patriot déployée à Ryad. À Koweït, à l’occasion de sa visite à la base Ahmad al-Jaber, au sud de la capitale, il a réaffirmé l’engagement des États-Unis à défendre l’émirat et rappelé que les troupes américaines étaient présentes dans la région parce que l’Irak avait envahi le Koweït en 1990. Il a également mentionné les déclarations irakiennes remettant en cause la légalité de la frontière, tracée en 1993 par l’Onu et reconnue l’année suivante par Bagdad. «C’est pourquoi, nous allons nous assurer qu’il reste “endigué” et nous maintiendrons notre présence à cet effet», a affirmé M. Cohen. Il avait auparavant proposé aux pays visités – Bahrein, Arabie séoudite, sultanat d’Oman, Émirats arabes unis et Qatar – de partager avec eux les alertes sur des tirs de missiles éventuels. Le responsable américain a souligné que Washington voyait dans la prolifération des missiles une menace croissante, notamment de la part de l’Iran. Il a également fait savoir à Bahrein et à l’Arabie séoudite qu’il serait favorable à ce qu’ils achètent, comme les Émirats, des missiles air-air Amraam, engins sophistiqués réservés jusqu’à présent à l’Otan et Israël. Mais la réponse des dirigeants du Golfe sur la question irakienne a été au mieux le silence, voire parfois des critiques contre les frappes alliées. Le ministre séoudien de la Défense, Sultan ben Abdel Aziz, s’est contenté de dire que les raids étaient «une affaire qui concerne» les États-Unis et que Ryad voulait surtout que Bagdad respecte les résolutions de l’Onu. Aux Émirats, M. Cohen n’a pas évoqué les frappes avec ses interlocuteurs, mais ils ont fait savoir durant sa visite qu’ils s’y opposaient. Qatar a pour sa part critiqué publiquement les frappes, tout en disant comprendre la position américaine. Des responsables du Pentagone ont souligné que les États-Unis n’avaient pas rencontré de position hostile aux raids dans les deux pays qui leur importent le plus : Bahrein, qui abrite le quartier général de la cinquième flotte américaine dans le Golfe, et l’Arabie séoudite. Aujourd’hui, M. Cohen devrait faire une visite en Israël. Mais contrairement à la coutume, il n’envisage pas d’y rencontrer M. Netanyahu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire américain à la Défense a achevé mercredi une tournée dans le Golfe sans obtenir un appui déclaré aux raids contre l’Irak. Au contraire, deux des six pays visités les ont critiqués. À son départ de Koweït, sa dernière escale, il a cependant affirmé que les six pays appuyaient tous la politique américaine, même le Qatar qui avait ouvertement appelé à l’arrêt des raids contre l’Irak. «Nous avons le soutien de tous les pays du Golfe, y compris le Qatar», a assuré M. Cohen avant de se rendre en Jordanie. Il est attendu ensuite en Égypte et en Israël, dernière étape de sa tournée au Proche-Orient. «Je suis satisfait qu’aucun pays n’ait demandé à ses amis américains et britanniques de mettre en danger leurs pilotes» qui patrouillent les zones d’exclusion dans le nord et le sud de...