Le secrétaire général de l’Otan, Javier Solana, a suggéré mardi à Londres d’établir pour les Balkans un «Partenariat pour la prospérité» qui pourrait être conclu après un accord sur le Kosovo. Un tel programme pourrait «inciter la nouvelle génération de leaders régionaux à voir la lumière au bout du tunnel». Il «serait de notre intérêt stratégique dans le long terme», a ajouté M. Solana sans plus de précisions, lors d’une conférence sur la sécurité en Europe. Selon l’Otan, l’idée d’un «Partenariat pour la prospérité» permettrait aussi à l’Alliance de «conceptualiser et rationaliser» ses multiples interventions dans les Balkans. Si un accord est conclu pour le Kosovo avec l’envoi d’une force de 26 000 hommes dans cette province, cela reviendra pour l’Otan à ouvrir un deuxième «front» d’envergure dans la région, où elle maintient déjà 30 000 hommes en Bosnie. Outre le Kosovo et la Bosnie, l’Alliance est présente militairement en Croatie (3 000 hommes en soutien logistique de l’opération menée sur le sol bosniaque), en Albanie (une antenne de coordination des aides apportées notamment à la réforme de l’armée), et en Macédoine (Force d’extraction et avant-garde de 6 000 hommes pour une force de paix au Kosovo). Sans parler de la Grèce, pays de l’Alliance par lequel transitent troupes et matériels à destination de Macédoine, et du Monténégro qui a demandé à l’Otan, pour des raisons politiques, d’utiliser son territoire en cas d’opération de paix au Kosovo. «Nous ne prévoyons pas de désengagement à court terme de Bosnie et allons vers la multiplication d’une présence de l’Otan sur différents théâtres» dans les Balkans. Cela justifie d’élaborer «une vision stratégique commune» pour cette région, précise un responsable sous couvert d’anonymat. «Pour garantir la stabilité, éviter des rechutes en cas de désengagement militaire de l’Otan, il faut promouvoir une coopération militaire “dans” ces pays et “entre” ces pays», ajoute-t-il. En clair et seulement à long terme, «remplacer les forces militaires par une coopération militaire», résume ce responsable, en indiquant qu’outre la Croatie, la Serbie et même la Republika Srpska (RS, entité serbe de Bosnie), ont demandé à participer au programme de coopération militaire du Partenariat pour la paix. La RS est de plus en plus intéressée pour une telle coopération depuis que la fédération croato-musulmane a été renforcée militairement à l’initiative des États-Unis, selon lui. Lancé en 1994, le Partenariat pour la paix propose, «à la carte», à ses membres des échanges d’officiers, de la formation dans des écoles et des manœuvres communes. Ses adhérents neutres ou d’Europe de l’Est, au nombre de 28 aujourd’hui, dont la Russie, ne bénéficient en revanche d’aucune garantie de sécurité. «Les opinions publiques risquent de ne pas accepter d’envoyer leurs troupes indéfiniment dans des pays en crise, notamment pour des questions budgétaires», poursuit ce responsable. «Il faut savoir terminer les missions» et l’un des moyens d’y arriver sans perte de crédibilité ni de risque pour la stabilité régionale pourrait être établir une stratégie globale, ajoute-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire général de l’Otan, Javier Solana, a suggéré mardi à Londres d’établir pour les Balkans un «Partenariat pour la prospérité» qui pourrait être conclu après un accord sur le Kosovo. Un tel programme pourrait «inciter la nouvelle génération de leaders régionaux à voir la lumière au bout du tunnel». Il «serait de notre intérêt stratégique dans le long terme», a ajouté M. Solana sans plus de précisions, lors d’une conférence sur la sécurité en Europe. Selon l’Otan, l’idée d’un «Partenariat pour la prospérité» permettrait aussi à l’Alliance de «conceptualiser et rationaliser» ses multiples interventions dans les Balkans. Si un accord est conclu pour le Kosovo avec l’envoi d’une force de 26 000 hommes dans cette province, cela reviendra pour l’Otan à ouvrir un deuxième...