Le dollar n’a pas bougé, hier, sur le marché des changes de Beyrouth, dont la tendance est restée déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. De leur côté, les établissements de crédit ont continué de négocier le billet vert au point supérieur d’intervention de la BDL en raison de la réticence de l’offre. Il a, en effet, fluctué pendant toute la journée d’hier dans une marge étroite comprise entre 1 513,75 et 1 514,25 LL avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires n’a pas dépassé hier quelque neuf millions de dollars, dont une partie en euros, presque entièrement échangés par les banques de la place. Résistance du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar est resté confiné, hier, dans d’étroites limites sur les marchés internationaux des changes, tantôt soutenu par les prises de bénéfices sur l’euro et le yen au lendemain de leurs performances de la veille, et tantôt affecté par des ajustements de positions. Certes, les incertitudes concernant l’orientation future des taux d’intérêt des deux côtés de l’Atlantique ont frappé d’hésitation les opérateurs. Ceux-ci ont été sensibilisés par l’annonce d’une diminution de 6 000 du nombre des chômeurs en Allemagne le mois dernier alors que certains analystes prévoyaient une augmentation de plus de 30 000, laissant croire à une reprise de l’activité économique dans l’euroland à partir de ce pays qui exclut tout prochain assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Cela d’autant qu’on apprenait que l’indice de confiance des ménages français était meilleur que prévu en février. En outre, les propos attribués, hier, au président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, selon lesquels l’économie américaine évolue toujours sans aucun signe inflationniste, sont venus affecter un peu le dollar dans la mesure où ce phénomène ne milite guère en faveur d’un resserrement du crédit aux États-Unis lors de la réunion du comité de l’open market le 30 mars. Du côté du yen, les craintes de dévaluation du yuan chinois hier, après le relèvement des taux d’intérêt sur les dépôts en devises étrangères par la Banque centrale chinoise, avaient passagèrement affecté la devise nippone face au dollar jusqu’aux déclarations de Greenspan qui semblaient exclure tout prochain relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis. Selon les cambistes, le dollar devrait rester sur ses positions actuelles avant la publication demain de nombreuses données économiques américaines (demandes d’allocations chômage, ventes d’automobiles, masse monétaire M3 et balance des comptes courants). C’est ainsi qu’il s’est négocié hier, à New York, sur un ton indécis comme suit : – 1,0890 pour un euro contre 1,0885, la veille – 1,6190 pour un sterling contre 1,6080 – 1,7960 DM contre 1,7965 – 6,0225 FF contre 6,0240 – 1,4660 FS contre 1,4630 – 1777,85 lires contre 1779,35 – 121,05 yens contre 121,65. Bourse de Beyrouth : baisse de la banque Audi Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie, hier, de la baisse des actions de la banque Audi dans une proportion plus grande que la hausse de celles de l’Uniceramic, dans des transactions peu nourries et marquées par la stabilité du restant de la cote libanaise. En effet, l’indice général de toutes les valeurs libanaises cotées Lispi a diminué de 0,34 % à 81,33 points, ainsi que l’indice partiel des valeurs bancaires LIBX qui a cédé 0,63 % à 190,59 points. Cette évolution s’est produite dans un volume d’affaires très mince et essentiellement concentré sur les actions A de Solidere, avec quelque 36 320 actions échangées d’une valeur globale de 318 234 dollars. Wall Street : marché volatil Quant à Wall Street, elle s’est montrée mieux orientée hier après un départ hésitant, en raison notamment de propos rassurants du président de la Fed, Alan Greenspan. Celui-ci a estimé hier qu’il n’y avait aucun signe évident de tensions inflationnistes aux États-Unis malgré la vigueur de l’économie et l’étroitesse du marché du travail. M. Greenspan a attribué la maîtrise de l’inflation à des gains de productivité permis par le développement rapide de l’informatique et des technologies de télécommunications, donnant par cela un coup de fouet aux sociétés de ce secteur qui ont entraîné dans leur sillage le restant de la cote. Toutefois, ce mouvement ascensionnel s’est heurté ensuite à un courant de ventes bénéficiaires après les records historiques de hausse enregistrés par l’ensemble de la cote américaine. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a bondi d’un plus bas à 9 669,89 points à un plus haut historique à 9 798,93 points, avant d’afficher en préclôture 9 716,51 points, en léger repli de 11,10 points sur la veille, dans un marché très volatil. Journée mitigée pour les Bourses européennes Journée mitigée pour les grandes places européennes mardi avec des clôtures positives à Londres, Zurich, Milan et Madrid mais négatives à Francfort, Paris, Amsterdam et Bruxelles. Le climat était à la prudence et la bonne tenue de Wall Street en ouverture a été pratiquement ignorée. En Allemagne, les mises en garde sur résultats futurs et les projets fiscaux du gouvernement, au Royaume-Uni l’attente du budget 1999-2000 en fin d’après-midi et les cours jugés trop élevés de certaines valeurs américaines et, plus généralement, des mouvements de liquidités hors d’Europe vers le Japon, ont pesé sur le sentiment. Après la clôture en Europe, Alan Greenspan a répété que le rythme de la croissance américaine était exemplaire avec aucun signe d’inflation. La crainte d’un relèvement des taux de la Fed est la hantise de tous les marchés boursiers. Pour Bryan Allworthy, les cours boursiers en Europe sont à peu près à leur juste valeur et l’investisseur cherche à diversifier ses placements dans l’anticipation d’une reprise de la croissance à l’échelle mondiale. La majorité des entreprises européennes ayant publié leurs comptes, souvent très bons en 1998, les investisseurs recommencent maintenant à s’inquiéter des prévisions pour l’exercice en cours. À Paris, Chahine Finance rappelle que les résultats des entreprises ont été meilleurs que prévu l’an dernier, notamment dans la banque, l’automobile, les services financiers et les télécommunications. Mais le cabinet d’analyse ne s’attend pas à ce que ces performances se reproduisent. Aux grands indices, l’Eurotop 300 a gagné 0,55 % à 1 239,35 et le STOXX 0,42 %, à 293,45. L’Euro STOXX 50 a cédé 0,05 % à 3 493,54. D’une manière générale, les pharmaceutiques, les financières et les industrielles ont souvent fait mieux que le marché tandis que les biens de consommation cycliques, les services aux collectivités et l’assurance ont reculé. Les écarts les plus marquants l’ont été en baisse. Adidas Salomon a perdu 5,9 % après avoir annoncé qu’il n’attendait aucune forte hausse de ses ventes cette année. Volkswagen a perdu 0,79 % après avoir dit que son CA ne connaîtrait pas cette année une croissance à deux chiffres, comme cela a été le cas ces quatre dernières années. BASF, malgré une petite hausse du bénéfice en 98 et l’attente d’un exercice difficile en 1999, prend 0,55 %. Son rival Bayer, avec un bénéfice 98 conforme aux attentes mais aucune prévision fournie pour 1999, perd 0,6 %. Fiat, qui a dit qu’il reste ouvert aux acquisitions, gagne 3,9 %. British American Tobacco a perdu 2,9 %. Son bénéfice d’exploitation en 98 a baissé de 3,0 % et ses perspectives pour le premier trimestre 1999 sont pessimistes. À Londres, l’indice FTSE-100 a fini en hausse de 0,47 %. À Milan, le Mibtel a pris 1,31 % et à Madrid l’Ibex 35 a monté de 0,55 %. Tokyo : en nette reprise La Bourse de Tokyo a gagné plus de deux pour cent mardi, terminant au-dessus de la barre des 15 000 points pour la première fois depuis le 27 novembre 1998, à la faveur du vaste plan de restructuration annoncé par Sony. «C’est la combinaison de plusieurs facteurs – yen faible, restructurations, taux d’intérêt peu élevés – qui commence à rendre le marché attrayant», a expliqué Brandoon Ginsberg (Salomon Brothers). «Il y a deux semaines, les perspectives étaient beaucoup plus sombres». L’indice Nikkei s’est adjugé 317,65 points, soit 2,15 %, à 15 096,70, soit son plus haut du jour. Le contrat mars sur indice a pris 310 points à 15 080. Sony a bondi de 890 yens (8,86 %) à 10 940 après avoir annoncé la suppression de 10 % de ses effectifs, soit 17 000 personnes, et la transformation des trois pôles d’activités du groupe – Sony Music, Sony Chemicals Corp et Sony Precision – en filiales à part entière d’ici le 1er janvier 2 000. Les réductions d’effectifs, a précisé Sony, affecteront l’Asie, l’Europe, les États-Unis mais aussi le Japon. Le groupe ne fournit cependant pas le détail des suppressions envisagées. Ce plan intervient alors que le Japon se débat pour sortir d’une récession qui a contraint les entreprises du secteur de l’électronique à saborder leurs prix pour rester compétitives et à amorcer un mouvement de restructuration (NEC, Toshiba et Hitachi, concurrents de Sony, ont tous annoncé des réductions d’effectifs). La poussée du titre du géant de l’électronique a entraîné à sa suite l’ensemble du marché et en particulier le reste du secteur. NEC a enregistré une hausse de 3,67 %, Hitachi de 5,35 % et Toshiba de 5,04 %.
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