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Actualités - Chronologie

Le dernier des Khmers rouges

Le dernier des Khmers rouges, Ta Mok, restera dans l’histoire récente du Cambodge comme «le boucher», un surnom infamant qui lui colle à la peau en raison de sa légendaire cruauté. Si son nom suscite l’effroi au Cambodge, son physique de soldat aussi: l’ancien chef d’état-major de la guérilla a perdu une jambe dans l’explosion d’une mine et marche avec une prothèse. De son vrai nom Ek Chhoeun, «Grand-Père» Mok (Ta veut dire «vieil homme» en khmer) est né dans la province méridionale de Takéo. Son âge exact n’est pas connu. Il aurait dans les 70 ans. Parmi les hiérarques khmers rouges, il est le seul à ne pas avoir été éduqué à l’étranger. Grand, mince, cheveux gris et rares, il a fait ses armes dans le combat anticolonial au début des années 50 dans la province de Takéo avant de rejoindre le Parti communiste cambodgien au début des années 60. Il rencontre alors Pol Pot, le futur «Frère No 1» des Khmers rouges, à Phnom Penh. En 1963, Ta Mok est promu au comité central du PCC, au poste de No 9. Cinq ans plus tard, il devient secrétaire du PC pour la zone Sud-Ouest, après la mort de son prédécesseur dans la jungle. Ce territoire, qui couvrait les provinces de Takéo et Kampot, fut la zone du «polpotisme par excellence», selon l’historien Ben Kiernan. Mok s’appuie sur tout un réseau de membres de sa famille (2 beaux-frères, 4 fils, 2 filles et 5 gendres) d’abord dans sa zone puis en dehors. Il est craint comme un «tueur» depuis la purge interne du PCC de 1973 contre les «éléments» sihanoukistes et provietnamiens. Dès la mi-1972, il s’était fait connaître par sa haine paranoïaque des Vietnamiens, et des sympathisants du régime communiste «frère» de Hanoi, qu’il va pourchasser dans toutes les zones khmères rouges. Il a acquis sa réputation de cruauté et son surnom lors des purges sanglantes qui caractérisèrent le régime polpotiste (1975-1979), qu’il a servi comme premier vice-président de l’Assemblée populaire. Selon les historiens, ses troupes ont tué plus de 30 000 personnes dans un seul district au nord-ouest de Phnom Penh. Il est aussi considéré comme le cerveau des tueries des «Khmers Krom» («les Khmers d’En Bas»), les Khmers du sud du Vietnam, autrefois cambodgien, entre 1975 et 1977. Après la chute de la dictature de Pol Pot, renversée par l’armée vietnamienne en janvier 1979, il commande la guérilla contre les soldats de Hanoi et le régime ami qu’ils avaient installé à Phnom Penh, puis à partir de 1993 et jusqu’à l’an dernier contre les troupes du gouvernement royal. Ses maquisards sont tenus responsables d’innombrables massacres de membres de la communauté d’origine vietnamienne au Cambodge, en particulier de pêcheurs du lac Tonlé Sap, dans les années 90. Ta Mok avait évincé Pol Pot de la direction de la guérilla en juillet 1997 à la suite d’un règlement de comptes sanglant entre factions. Sa paranoïa est telle qu’il a confié sans rire à un journaliste américain que Pol Pot lui-même était un «agent vietnamien» qui aurait saboté sciemment le mouvement khmer rouge.
Le dernier des Khmers rouges, Ta Mok, restera dans l’histoire récente du Cambodge comme «le boucher», un surnom infamant qui lui colle à la peau en raison de sa légendaire cruauté. Si son nom suscite l’effroi au Cambodge, son physique de soldat aussi: l’ancien chef d’état-major de la guérilla a perdu une jambe dans l’explosion d’une mine et marche avec une prothèse. De son vrai nom Ek Chhoeun, «Grand-Père» Mok (Ta veut dire «vieil homme» en khmer) est né dans la province méridionale de Takéo. Son âge exact n’est pas connu. Il aurait dans les 70 ans. Parmi les hiérarques khmers rouges, il est le seul à ne pas avoir été éduqué à l’étranger. Grand, mince, cheveux gris et rares, il a fait ses armes dans le combat anticolonial au début des années 50 dans la province de Takéo avant de rejoindre le...