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Actualités - Chronologie

Le Barbier de Sibérie au Kremlin

La campagne de promotion du dernier film du célèbre cinéaste russe Nikita Mikhalkov, «Le Barbier de Sibérie», s’annonce sans précédent en Russie tandis que les cinéphiles n’en peuvent plus d’attendre la première. Coproduction russo-française, le long métrage raconte l’histoire d’amour tragique entre un «iounker», cadet de l’armée tsariste (Oleg Menchikov) et une Américaine (Julia Ormond), selon les très rares élus qui ont pu voir le film, particulièrement bien protégé du vidéo piratage, un fléau en Russie. Sa première projection publique, annoncée depuis l’été dernier, aura finalement lieu au Grand Palais du Kremlin, ancienne salle des congrès du PCUS de 6 000 places, a annoncé le cinéaste lors d’une conférence de presse. La salle sera décorée de deux gigantesques foulards en soie d’Hermès, 81 mètres carrés chacun, représentant des scènes de la Russie tsariste. Elle a été équipée pour l’occasion d’un énorme écran et du système de son Dolby Surround. Après avoir admiré les «costumes de la famille impériale», réalisés pour le film, dont le coût s’élève à 45 millions de dollars, les spectateurs pourront apprécier deux nouveaux parfums lancés pour l’occasion par le cinéaste. L’un d’eux, «Lounkerski-1», évoque «le mélange de l’odeur d’une selle en cuir et d’une joue à peine rasée, vodka à peine bue et première bouffée de cigarette pas encore tirée», selon Nikita Mikhalkov. Des feux d’artifice sur la place des Cathédrales du Kremlin clôtureront la soirée de gala. D’ici le grand jour, toute une campagne publicitaire dans la presse et à la radio ainsi que sur les murs de la capitale russe sera déployée. Le film partira ensuite à la conquête du reste du pays, où le réseau de distribution est presque inexistant, depuis l’écroulement de l’industrie cinématographique dans la Russie post-soviétique. «Je compte beaucoup sur l’aide de Gazprom», géant russe de gaz, pour financer la distribution du film, a déclaré M. Mikhalkov, qui a également reçu 10 millions de dollars de l’Éat. C’est un proche du cinéaste, l’ex-Premier ministre Viktor Tchernomyrdine, qui est l’un des responsables de cette société. Auteur des «Yeux noirs» et de «Urga», récompensé en 1994 par un Oscar pour son film «Soleil trompeur», M. Mikhalkov n’a pas exclu que son nouveau long métrage soit présenté au prochain festival de Cannes. M. Mikhalkov, qui affiche des idées monarchistes et nationalistes, est resté ambigu lundi sur ses ambitions présidentielles, qu’il avait évoquées fin janvier. «Il est immoral de discuter des candidats à la présidence alors que le chef de l’État est encore en fonction», a lancé le cinéaste. Frère du réalisateur Andron Kontchalovskï, Nikita Mikhalkov est depuis fin 1997 à la tête de l’Union des cinéastes de Russie. Homme d’affaires avisé, il dirige une société de production de films et une agence de voyages.
La campagne de promotion du dernier film du célèbre cinéaste russe Nikita Mikhalkov, «Le Barbier de Sibérie», s’annonce sans précédent en Russie tandis que les cinéphiles n’en peuvent plus d’attendre la première. Coproduction russo-française, le long métrage raconte l’histoire d’amour tragique entre un «iounker», cadet de l’armée tsariste (Oleg Menchikov) et une Américaine (Julia Ormond), selon les très rares élus qui ont pu voir le film, particulièrement bien protégé du vidéo piratage, un fléau en Russie. Sa première projection publique, annoncée depuis l’été dernier, aura finalement lieu au Grand Palais du Kremlin, ancienne salle des congrès du PCUS de 6 000 places, a annoncé le cinéaste lors d’une conférence de presse. La salle sera décorée de deux gigantesques foulards en soie...