Pour la première fois, une organisation regroupant des viticulteurs, importateurs et producteurs de vins américains a lancé une campagne de publicité pour favoriser la consommation de vin aux États-Unis. «Le message que nous tentons de lancer est que ce n’est pas nécessaire d’attendre une occasion particulière pour boire du vin. On devrait en boire à la maison, pour les repas de tous les jours, comme le font les Français», explique John Gillespie, président du «Wine Market Council», qui lance cette campagne. «Nous cherchons à changer la perception du vin», ajoute le responsable de cette organisation de deux cent cinquante membres basée à Larkspur, au nord de San Francisco. Lancée en début de semaine dans deux villes pilotes, Albany et Austin, capitales respectives de l’État de New York et du Texas, cette campagne, dont le budget s’élève à 1,2 million de dollars, doit durer jusqu’au 13 mai. Selon John Gillespie, «l’objectif est ensuite d’élargir la campagne au niveau national, mais cela dépendra de son résultat». Son slogan principal : «Le vin. Qu’attendez-vous pour le boire ?» sera diffusé quotidiennement sur les chaînes de radio et de télévision locales et affiché sur des panneaux publicitaires géants. Un autre slogan : «Vous regardez la télé ? Voilà une occasion». «Le vin est un plaisir merveilleux qui met les repas en valeur. Notre campagne suggère simplement que vous pouvez en boire en mangeant une pizza», précise John Gillespie. Peu de tire-bouchons Les producteurs de vin ont fort à faire, même si la consommation a augmenté aux États-Unis au cours des dernières années. Une étude récente indiquait que seulement 20% des foyers américains étaient équipés de tire-bouchons. D’après une autre étude réalisée par «Wine Trade», société d’importation et de consultation en vins située à San Francisco (Californie), la majorité des Américains considèrent le vin comme une boisson réservée aux occasions spéciales ou à des dîners entre amis, ce qui est la raison pour laquelle leur consommation demeure faible. Si la consommation des Français atteint 75 litres par an, celle des Américains est passée au cours des dernières années de 4,9 litres en 1991 à 7,5 litres. Et ces chiffres recouvrent de vastes disparités géographiques: les Californiens consomment trois fois plus de vin que le reste de leurs compatriotes (22 litres par an), buvant 25 % du vin vendu aux États-Unis. C’est la raison pour laquelle la Californie a été exclue de la campagne de publicité lancée cette semaine. Celle-ci vise les consommateurs marginaux, âgés de 25 à 49 ans et qui, pour 90 % d’entre eux, ne boivent de vin qu’une à deux fois par mois. Selon John Gillespie, «96 % de la cible aura été exposée au message au moins trente-huit fois d’ici à la fin de la campagne». Le lancement de cette campagne survient une dizaine de jours après que les producteurs de vins eurent emporté une importante victoire en obtenant des autorités fédérales le droit d’apposer sur leurs bouteilles une étiquette évoquant indirectement les bienfaits du vin pour la santé. John Gillespie nie tout lien entre le lancement de sa campagne et cette décision même s’il espère bénéficier de l’image plus positive que le «facteur santé» pourrait donner au vin. Il s’attend de toute façon à une augmentation des ventes, notamment parce que la récolte de raisins 1998 en Californie est la deuxième plus importante de l’histoire. Selon les chiffres que vient de rendre publics le département californien de l’Agriculture, 2,5 millions de tonnes ont été récoltées l’an dernier, contre 2,9 millions en 1997.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour la première fois, une organisation regroupant des viticulteurs, importateurs et producteurs de vins américains a lancé une campagne de publicité pour favoriser la consommation de vin aux États-Unis. «Le message que nous tentons de lancer est que ce n’est pas nécessaire d’attendre une occasion particulière pour boire du vin. On devrait en boire à la maison, pour les repas de tous les jours, comme le font les Français», explique John Gillespie, président du «Wine Market Council», qui lance cette campagne. «Nous cherchons à changer la perception du vin», ajoute le responsable de cette organisation de deux cent cinquante membres basée à Larkspur, au nord de San Francisco. Lancée en début de semaine dans deux villes pilotes, Albany et Austin, capitales respectives de l’État de New York et du Texas, cette...