Au Carré des bijoutiers, un stand attire l’attention, celui de Maria Kaz’oun. Là, les bijoux se font légers, aériens. On a presque peur de les toucher, tellement ils paraissent fragiles. Maria Kaz’oun s’approche du visiteur, prend le collier ou le bracelet, les tortille dans tous les sens, tire les tiges pour leur redonner du ressort. «C’est du solide», dit-elle dans un rire. Les 70 pièces présentées sur ce stand sont d’une facture pour le moins originale : des perles en plastiques nacrées ou de couleurs, s’enfilent dans des fils en nylon ou en fer. La valeur de ces pièces n’est pas tant dans les matériaux utilisés que dans le travail fourni. Marie Kaz’oun passe des heures à enfiler ces perles, à les entortiller dans les fils, à les nouer puis les coller, à en éliminer les rugosités, les petits bouts qui pourraient blesser. Résultat : des pièces légères à porter, aériennes comme des papillons. Cette jeune styliste, 22 ans, a déjà exposé, il y a trois ans, au sortir du lycée. «C’est Greta Nawfal qui m’a aidée à exposer ces premières œuvres au Collège Protestant», indique-t-elle. «Il y avait 265 pièces faites avec différentes pâtes : à pierre, à sel… Mais c’est ancien tout cela» affirme-t-elle. Étudiante à la LAU (architecture d’intérieur et fine arts), elle passe des heures à bricoler ses bijoux. «Il faut que ça vole», dit-elle. «Mes bijoux transforment la femme en sirène». Ses thèmes préférés, l’eau parce que fluide, la neige parce que volatile. On peut également trouver dans la collection des araignées et des cafards, façon Maria Kaz’oun : un corps constitué de quelques perles solidement accrochées les unes aux autres, et des pattes fines comme des cheveux d’ange. Le style de Maria Kaz’oun évolue. Les dernières pièces qu’elle présente sont plus compactes, les perles et les fils sont plus serrés. Mais toujours aussi séduisants. Les pièces, surtout les colliers, prennent parfois plus de trois semaines de travail. «Je commence à avoir des problèmes au dos et au cou», indique la jeune styliste. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à faire des bijoux. Surtout que «deux boutiques à Paris, “On words” (6d St Germain) et “Ibis rouge” (6d Raspail), mettront mes créations dès septembre, en vitrine», affirme Maria Kaz’oun, heureuse qu’on apprécie son travail. «Au Liban, il n’y a que les bijoux en or qui ont de la valeur. Les gens ne reconnaissent pas le travail manuel, artistique», déplore-t-elle. Mais il suffit qu’une admiratrice se présente, pour que ces doléances passent à la trappe. Maria Kaz’oun est alors tout au bonheur de voir ses créations embellir un cou, un poignet ou un doigt.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au Carré des bijoutiers, un stand attire l’attention, celui de Maria Kaz’oun. Là, les bijoux se font légers, aériens. On a presque peur de les toucher, tellement ils paraissent fragiles. Maria Kaz’oun s’approche du visiteur, prend le collier ou le bracelet, les tortille dans tous les sens, tire les tiges pour leur redonner du ressort. «C’est du solide», dit-elle dans un rire. Les 70 pièces présentées sur ce stand sont d’une facture pour le moins originale : des perles en plastiques nacrées ou de couleurs, s’enfilent dans des fils en nylon ou en fer. La valeur de ces pièces n’est pas tant dans les matériaux utilisés que dans le travail fourni. Marie Kaz’oun passe des heures à enfiler ces perles, à les entortiller dans les fils, à les nouer puis les coller, à en éliminer les rugosités, les petits bouts...