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Actualités - Analyse

Sous le parrainage discret des décideurs Deux rencontres identiques aux objectifs distincts

À quelques heures de distance, les bons conseils des décideurs que le quadrige est allé à tour de rôle consulter ont porté leurs fruits. Deux présidents et deux pôles du Mont-Liban, plus ou moins en froid, se sont rabibochés en deux rencontres, la première à Aycha Bakkar et l’autre à Clemenceau. Chaque paire parle maintenant de coopération extrême, synonyme pudique de nouvelle alliance. Le chorégraphe est le même, les mouvements du ballet se ressemblent. Mais les observateurs locaux accordent bien plus d’importance aux retrouvailles Joumblatt-Murr qu’aux arrangements, plus ponctuels, entre MM. Nabih Berry et Sélim Hoss. En effet, ces derniers doivent presque nécessairement accorder leurs violons dans la perspective, tout à fait immédiate, du débat budgétaire. Et surtout, même s’ils peuvent se gêner l’un l’autre au plan de l’influence politique, ils ne sont pas directement rivaux sur le plan électoral. Alors que MM. Walid Joumblatt et Michel Murr semblent pour leur part appelés à partager un même plateau de fromages, la montagne, aux élections de l’an prochain. Le leader druze y risque gros comme on sait. C’est sa carrière, mais aussi, du moins à l’en croire, le devenir politique de sa communauté qui sont en jeu. Il n’est pas étonnant dès lors qu’il ait nettement indiqué qu’en voyant M. Murr il cherche surtout à arranger les choses avec le chef de l’État. Car ce dernier, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, est confirmé par les décideurs dans son rôle d’arbitre souverain, au-dessus de toute mêlée et hors de portée de toute attaque venant d’une quelconque partie intérieure. Un député réputé proche des décideurs relève que «c’est M. Walid Joumblatt qui a pris l’initiative de faire un pas en direction du palais, en conviant M. Murr à déjeuner. Il est donc clair que le leader du PSP a été amené à comprendre qu’il devait renoncer, dans son intérêt même, à tenter de s’affirmer en s’opposant à Baabda. On a dû le sermonner à ce sujet sur les rives du Barada où il a été invité récemment à se rafraîchir un peu les idées. À dire vrai, on a dû en même temps le rassurer et lui indiquer que tout serait fait afin qu’il reçoive bon accueil du côté du pouvoir. En laissant le soin des détails à ce dernier. C’est-à-dire en laissant les dirigeants libres de voir comment on peut assurer à M. Joumblatt le maintien de son leadership électoral, dans le cadre du nouveau découpage des circonscriptions…» En somme, si l’on a bien compris, l’on a proposé à M. Joumblatt un compromis très simple : il se contente d’oublier un peu sa superbe et de faire le premier pas, moyennant quoi il garde une position privilégiée sur l’échiquier politique et la quasi-certitude d’avoir autant de députés à lui dans la prochaine législature que dans l’actuelle. M. Joumblatt a jusque-là parfaitement honoré sa part de contrat. Il a en effet fait savoir qu’il avait fait fausse route, qu’il s’était trompé dans ses évaluations en ce qui concerne les rapports avec le nouveau régime et qu’il souhaitait tourner la page. C’est mieux qu’un premier pas ou une main tendue, c’est presque faire amende honorable ou battre sa coulpe. Mais en usant des mots qu’il faut et en choisissant habilement son répondant. Car en invitant M. Murr, autre pôle électoral du Mont-Liban, M. Joumblatt a donné un signal assez clair : la réconciliation avec le pouvoir doit déboucher sur un accord pour les prochaines législatives qui lui permette de garder une place au soleil. Et de sortir de sa solitude, car l’autre grand leader opposant, M. Rafic Hariri, a lui aussi mis une sourdine à ses attaques ces derniers temps. Sans doute après avoir reçu les mêmes conseils.
À quelques heures de distance, les bons conseils des décideurs que le quadrige est allé à tour de rôle consulter ont porté leurs fruits. Deux présidents et deux pôles du Mont-Liban, plus ou moins en froid, se sont rabibochés en deux rencontres, la première à Aycha Bakkar et l’autre à Clemenceau. Chaque paire parle maintenant de coopération extrême, synonyme pudique de nouvelle alliance. Le chorégraphe est le même, les mouvements du ballet se ressemblent. Mais les observateurs locaux accordent bien plus d’importance aux retrouvailles Joumblatt-Murr qu’aux arrangements, plus ponctuels, entre MM. Nabih Berry et Sélim Hoss. En effet, ces derniers doivent presque nécessairement accorder leurs violons dans la perspective, tout à fait immédiate, du débat budgétaire. Et surtout, même s’ils peuvent se gêner...