Si, officiellement, la guerre est menée en Yougoslavie par les 19 membres de l’Otan, dans la pratique, ce sont surtout les capitales des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France et d’Allemagne qui sont aux commandes du conflit déclenché le 24 mars contre Slobodan Milosevic. «Une crise comme celle-là ne se gère pas à 15 ou à 19 mais à quatre», soulignent sous couvert d’anonymat des experts du fonctionnement de l’Alliance, en faisant valoir que même les «petits» pays, Belgique ou Espagne notamment, souvent prompts à critiquer les directoires qui ne veulent pas dire leur nom, «l’admettent». «Il vaut mieux, lorsqu’un gros problème survient et qu’un consensus est nécessaire, que les quatre grands en discutent avant d’en parler avec l’ensemble des alliés», reconnaît un diplomate de l’un de ces «petits» pays. La pratique, ancienne et jamais reconnue publiquement, a pris de l’importance depuis la fin de la guerre froide (1989). Elle réunit à intervalles irréguliers des ministres, des chefs d’état-major, des ambassadeurs ou des hauts fonctionnaires. Dans le cas de la guerre en Yougoslavie, une audioconférence par téléphone rassemble pratiquement tous les jours les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, selon des sources concordantes. L’Italie, membre de dernière heure du Groupe de contact sur les Balkans, aurait réussi à se joindre à cette réunion de suivi du conflit. Avec cette pratique, et sachant que l’affaire yougoslave est principalement menée par les États-Unis (fournisseurs des 2/3 des avions, responsables de plus de 80 % des bombardements), le Conseil de l’Otan à Bruxelles fait figure de «théâtre d’ombres» dirigé par le secrétaire général de l’Otan Javier Solana, dont la marge de manœuvre est très limitée, selon des diplomates.
Si, officiellement, la guerre est menée en Yougoslavie par les 19 membres de l’Otan, dans la pratique, ce sont surtout les capitales des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France et d’Allemagne qui sont aux commandes du conflit déclenché le 24 mars contre Slobodan Milosevic. «Une crise comme celle-là ne se gère pas à 15 ou à 19 mais à quatre», soulignent sous couvert d’anonymat des experts du fonctionnement de l’Alliance, en faisant valoir que même les «petits» pays, Belgique ou Espagne notamment, souvent prompts à critiquer les directoires qui ne veulent pas dire leur nom, «l’admettent». «Il vaut mieux, lorsqu’un gros problème survient et qu’un consensus est nécessaire, que les quatre grands en discutent avant d’en parler avec l’ensemble des alliés», reconnaît un diplomate de l’un de ces...
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