L’Onu a cessé d’exister en Macédoine, où les soldats de la Force de prévention des Nations unies (Fordeprenu) font leurs valises au moment même où ceux de l’Otan les ouvrent. Après six ans de surveillance symbolique des frontières de la Macédoine, notamment de l’Albanie et du Kosovo en guerre, les 1 050 soldats de la Fordeprenu ont mis fin lundi à leur mission de surveillance de la frontière à partir de 16 postes d’observation et ont cessé les patrouilles. Janush Sznajder, un responsable de la Fordeprenu, a précisé lundi que les six pays composant cette force s’affairaient à démanteler leurs postes d’observation. Leur mandat était depuis décembre 92 d’éviter la contagion en Macédoine des conflits de l’ex-Yougoslavie. M. Sznajder a cependant souligné que les hommes de la Fordeprenu –Danois, Finlandais, Indonésiens, Norvégiens, Suédois et Américains – ne quitteraient pas tous le pays immédiatement. Une partie au moins, explique-t-il, devrait passer dans les rangs de la force de paix au Kosovo (Kfor) encore en gestation. Selon des sources militaires bien informées, les opérations de liquidation de la Fordeprenu pourraient se prolonger jusqu’à la fin de l’année durant près de 40 semaines. Entre-temps, la Kfor devrait avoir vu le jour si les négociations de paix entre Serbes et Kosovars en France aboutissent. Le président Kiro Gligorov avait demandé l’installation de la Fordeprenu pour garantir l’existence de la jeune Macédoine contestée par les pays voisins, la Bulgarie, la Grèce, l’Albanie et la Yougoslavie. Des diplomates à Skopje estiment que la Fordeprenu, par sa seule présence symbolique en Macédoine, a garanti ses frontières pendant que le Kosovo voisin s’embrasait. «Il s’agit d’un exploit», ajoute un diplomate occidental, relevant que la frontière yougoslavo-macédonienne, qui court le long du Kosovo et de la Serbie, n’est toujours pas délimitée, neuf ans après l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. Un millier de «bérets bleus», peu armés, sont ainsi parvenus à prévenir la contagion redoutée malgré leur pouvoir très limité. Parmi leurs différentes missions, ils devaient contrôler notamment les trafics d’armes. La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, est à l’origine du départ de la Fordeprenu. Elle a opposé son veto le 25 février au maintien de cette force en réponse à la décision de la Macédoine de nouer des relations diplomatiques avec Taïwan. La fin du mandat n’a pas entraîné de réaction officielle à Skopje. Après le départ de la Fordeprenu, la Macédoine ne sera cependant pas livrée à elle-même. L’Otan y est aujourd’hui solidement implantée avec 3 000 soldats de la Force d’extraction et plusieurs centaines de Britanniques au statut mal défini qui ont déjà ouvert leurs valises. Ils font partie des quelque 6 000 hommes dont l’Otan a décidé l’envoi en Macédoine dans les prochains jours pour former la future force de paix au Kosovo.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Onu a cessé d’exister en Macédoine, où les soldats de la Force de prévention des Nations unies (Fordeprenu) font leurs valises au moment même où ceux de l’Otan les ouvrent. Après six ans de surveillance symbolique des frontières de la Macédoine, notamment de l’Albanie et du Kosovo en guerre, les 1 050 soldats de la Fordeprenu ont mis fin lundi à leur mission de surveillance de la frontière à partir de 16 postes d’observation et ont cessé les patrouilles. Janush Sznajder, un responsable de la Fordeprenu, a précisé lundi que les six pays composant cette force s’affairaient à démanteler leurs postes d’observation. Leur mandat était depuis décembre 92 d’éviter la contagion en Macédoine des conflits de l’ex-Yougoslavie. M. Sznajder a cependant souligné que les hommes de la Fordeprenu –Danois,...