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Actualités - Chronologie

L'Otan à nouveau en difficulté face à la politique du pire

L’Otan se retrouve à nouveau en difficulté face à la politique du pire qui l’entraînerait vers des bombardements de cibles militaires serbes pour imposer un semblant de paix au Kosovo. La stratégie de harcèlement, choisie depuis la fin des négociations de Rambouillet par Belgrade vis-à-vis des vérificateurs de l’OSCE et des indépendantistes albanais, devient de plus en plus préoccupante pour les alliés. En dépit de leurs déclarations menaçantes, ceux-ci semblent toutefois loin d’être unanimes sur l’opportunité d’un recours à la force. Pour les États-Unis, la réponse à apporter au président yougoslave Slobodan Milosevic est claire: il est possible de donner un coup d’arrêt à ses actions violentes au Kosovo par des tirs de missiles de croisière qui toucheraient la défense antiaérienne serbe et les positions de sa police spéciale, si importante pour son maintien au pouvoir. Les Européens ont des doutes sérieux sur l’utilité de telles frappes. Ils pensent qu’elles ne feront que renforcer le nationalisme serbe, détruiront peut-être quelque peu la capacité militaire et policière serbes, mais n’ont aucune certitude sur la suite des événements. «Que se passera-t-il le jour d’après ?», demandent, sans réponse jusqu’à présent, Britanniques, Français, Allemands ou Italiens. Aucun pays n’est prêt à envisager un déploiement terrestre massif en appui d’une campagne aérienne, qui nécessiterait quelque 200 000 hommes, a reconnu début février le secrétaire américain à la Défense William Cohen. Dès lors, que faire ? Les menaces d’un recours à la force, dont les alliés et le secrétaire général de l’Alliance Javier Solana ont usé, voire abusé depuis octobre, n’ont plus guère de crédibilité. À l’automne, elles avaient permis de faire reculer M. Milosevic, en le contraignant à retirer nombre de ses troupes militaires et de police du Kosovo. Pendant les négociations de Rambouillet, elles ont un peu servi de «chiffon rouge» mais leur justification a été vite réduite à néant à cause de l’incapacité des Albanais du Kosovo à adopter une position commune et de leurs effets de surenchère dans les discussions. C’était «la faiblesse de la stratégie occidentale», admet un diplomate. La légalité internationale Les Serbes ont pu, dès lors, attendre la fin des pourparlers en n’apparaissant pas comme les seuls responsables de l’absence d’un accord de paix, ce qui leur aurait valu des bombardements immédiats. Aujourd’hui, avant la reprise le 15 mars des négociations en France, l’attitude provocatrice de Belgrade (rassemblement de troupes aux abords du Kosovo, entraves à l’action de l’OSCE, multiplication d’incidents avec les indépendantistes) place une nouvelle fois l’Otan dans l’embarras. Bombarder risque d’annihiler tous les efforts de paix de Rambouillet. L’OSCE sera contrainte au préalable de quitter le terrain et il n’est pas sûr qu’elle puisse y retourner après. Sans parler de la légalité internationale d’une telle action, qui ne bénéficie d’aucun mandat explicite de l’Onu et qui serait sans précédent pour l’Otan. En octobre, à l’approche de l’hiver, l’argument de la menace d’une «catastrophe humanitaire» avait été invoqué par les alliés. Ce n’est plus le cas actuellement et il apparaît difficile de convaincre de la nécessité d’attaquer un État souverain qui n’a agressé aucun autre pays. Ne rien faire n’est pas non plus satisfaisant. Personne n’a la certitude absolue que les négociations reprendront avec succès le 15 mars. L’échéance d’un sommet de l’Otan fin avril se rapproche par ailleurs. Comment, alors, approuver un nouveau rôle pour l’Alliance de gardien suprême de la sécurité en Europe alors que le problème du Kosovo ne serait pas résolu ? se demande-t-on, de plus en plus inquiet, au siège de l’Otan. En espérant que la paix finira par triompher, les alliés continuent d’envoyer des milliers d’hommes en Macédoine. Jusqu’à présent cependant, leur présence n’a pas été dissuasive pour les belligérants.
L’Otan se retrouve à nouveau en difficulté face à la politique du pire qui l’entraînerait vers des bombardements de cibles militaires serbes pour imposer un semblant de paix au Kosovo. La stratégie de harcèlement, choisie depuis la fin des négociations de Rambouillet par Belgrade vis-à-vis des vérificateurs de l’OSCE et des indépendantistes albanais, devient de plus en plus préoccupante pour les alliés. En dépit de leurs déclarations menaçantes, ceux-ci semblent toutefois loin d’être unanimes sur l’opportunité d’un recours à la force. Pour les États-Unis, la réponse à apporter au président yougoslave Slobodan Milosevic est claire: il est possible de donner un coup d’arrêt à ses actions violentes au Kosovo par des tirs de missiles de croisière qui toucheraient la défense antiaérienne serbe et les...