L’armée française a cédé l’an dernier pour 332 millions de francs de terrains, casernes, champs de tir, forts isolés, bases aériennes et autres phares battus par les flots. Au total, depuis sa création en 1987, la Mission pour la réalisation des actifs immobiliers du ministère de la Défense a cédé 3,9 milliards de francs de biens immobiliers, dont 1,2 milliard pour la seule caserne Dupleix située en plein cœur du XVe arrondissement de Paris, a déclaré à la presse Alain Villaret, chef de la MRAI. Modeste à l’origine, l’activité de la mission s’est nettement étoffée depuis que la France a décidé de passer de la conscription à l’armée professionnelle en 2002 : opération qui se traduit par un cortège de fermetures de casernes et de terrains militaires. La liste des sites vendus, le plus souvent aux communes mais parfois à des particuliers, a tout de l’inventaire à la Prévert: on y retrouve pêle-mêle le fort «Marie-Christine» dans le massif de la Vanoise, à Aussois, le superbe fort carré d’Antibes, le dépôt d’hydrocarbures de Herblay, un hôpital militaire à Lille, le sémaphore de Lesconil à Plobanalec où même un hangar à dirigeable, construit en 1917 à Ecausseville et... qui n’a servi qu’une fois en 1922, lors d’un rassemblement. Certains sites encore à vendre feront rêver les solitaires et les amoureux de la mer : le «fort du Minou» à la pointe des côtes du Finistère, le couvent des Jacobins à Rennes ainsi que de nombreux ouvrages fortifiés. Même l’ancienne base sous-marine allemande de Lorient est à vendre. Un concours international, dont le jury se réunira en juillet, a été organisé pour lui trouver de nouvelles affectations. Le Défi Français de la Coupe de l’America pourrait s’y installer ainsi que la Fondation Tabarly, a indiqué le chef de la MRAI. Ce qui ne suffira pas, loin s’en faut, pour occuper cette vaste base de 30 hectares. «C’est un site très difficile, la Marine l’a quitté depuis plus d’un an, et les discussions avec Lorient sont en cours pour lui trouver un usage», souligne-t-il. Au total, a précisé Alain Villaret, la mission doit encore traiter 613 dossiers, pour environ 1,2 milliard de francs, sur la base de deux millions de francs en moyenne par transaction. Particularité du système, les sommes retirées de ces ventes ne sont pas reversées au budget général de l’État mais directement aux armées de Terre, de l’Air et à la Marine, au prorata de la vente de leurs actifs respectifs. Mais, à part quelques joyaux qui font rêver, la tâche est bien souvent ingrate. De nombreux sites sont en effet situés dans des zones déshéritées et la crise immobilière est passée par là depuis le début des années 1990, ce qui ne facilite pas les transactions qui, chaque fois, doivent obtenir le feu vert de Bercy. En outre, souligne Alain Villaret, autant une villa se vend aisément, autant il est difficile de céder une caserne, dont l’architecture ne facilite pas la transformation en logements ou bureaux. Par ailleurs, une opération en centre-ville donne lieu à une modification en profondeur du tissu urbain, ce qui nécessite une réflexion approfondie avec les services municipaux.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’armée française a cédé l’an dernier pour 332 millions de francs de terrains, casernes, champs de tir, forts isolés, bases aériennes et autres phares battus par les flots. Au total, depuis sa création en 1987, la Mission pour la réalisation des actifs immobiliers du ministère de la Défense a cédé 3,9 milliards de francs de biens immobiliers, dont 1,2 milliard pour la seule caserne Dupleix située en plein cœur du XVe arrondissement de Paris, a déclaré à la presse Alain Villaret, chef de la MRAI. Modeste à l’origine, l’activité de la mission s’est nettement étoffée depuis que la France a décidé de passer de la conscription à l’armée professionnelle en 2002 : opération qui se traduit par un cortège de fermetures de casernes et de terrains militaires. La liste des sites vendus, le plus souvent aux...