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Actualités - Chronologie

Le prêt-à-sortir : chez soi, comme dehors

Dernier chic ou extrême snobisme? Le styliste italien Frette, célèbre pour ses créations de tenues d’intérieur, vient de lancer pour ce printemps une ligne de vêtements «prêts à sortir». Inspirés des vêtements de détente chez soi, ils sont taillés dans une matière particulièrement précieuse. Il s’agit d’une variété de cachemires, la pashmina, qui provient du duvet de l’antilope chirus, une espèce protégée. Les châles-étoles, qui sont d’une légèreté de plume, représentent le nec plus ultra des garde-robes phares du snobisme international. Au point où le pashmina et une autre variété de cachemires également précieuse et rare, le shahtoosh, viennent d’être interdits par souci de protection des espèces rares. Le «tout-cachemire» du créateur italien a tout pour plaire à la «jet-société»: un prix inabordable, une ligne savamment étudiée et l’avantage de sortir d’une valise sans un pli... Cette nouvelle garde-robe, sophistiquée, douillette, prête-à-emporter d’un continent à l’autre, seyante à souhait, bat tous les records de vente. Son créateur, dont les lignes «maison» l’ont consacré grand maître du «home-wearing», est l’héritier d’une griffe (Frette) vieille de 140 ans! La maison ancestrale, en effet, a été créée par ses aïeux en 1860. L’idée ce cette nouvelle dynamique lui a été donnée par une ancienne rédactrice en chef du Vogue France, Brigitte Langevin, puis consultante chez Cerruti et par la suite chez Ralph Lauren. Désireux de donner à la prospère et ronronnante maison du linge de maison ancestrale une nouvelle jeunesse moins confirmée dans l’utilitaire, il a fait appel à cette spécialiste au palmarès «quatre étoiles». Une fois investie dans sa nouvelle mission, Brigitte Langevin a refait toute l’image de la griffe: publicité, logos, décoration, étalages. Les études du marché sont venues confirmer sa conviction: le lifting devrait être à la fois total et radical: nouvelles boutiques, nouvelle conception, nouvelles approches. Et pour couronner le tout, une ligne de vêtements modernes, originaux, inspirés toutefois de l’esprit de la vieille maison. Des modèles qui peuvent être portés à la maison aussi bien qu’à un dîner, une réception ou une sortie en boîte. Le tout dans une conception moderne. Ni frou-frou dentelé, ni jogging rehaussé de strass... La même tentative a déjà eu lieu au Liban, grâce à l’artisanat et les créations qu’il a engendré. Les abayas remises au goût et aux besoins de la vie actuelle, les coupes rénovées, les kaftans et les larges variations de leur emploi s’inscrivent dans cette ligne d’action. Un nouveau luxe dont le raffinement n’est jamais aguicheur. Les paréos longs, signés Frette, ont été immédiatement happés, à New York, des grands magasins comme Saks ou Barney’s où ils étaient proposés. Et il en était de même, cet automne, avec les ensembles pyjamas en lin, aux fines bandes contrastées qui deviennent des très originaux tailleurs d’été. Le clou de la collection est une longue robe, variation de la gelabah arabe, haut fendue sur la cuisse, en cachemire. Robe d’intérieur par excellence, elle devient robe du soir, portée avec des bijoux et des accessoires «grande sortie». La collection italo-américaine sous le label «Frett to Wear» (Frett à porter), soulignant la vocation première de la maison d’origine et sa nouvelle conversion, a déjà gagné Paris. De nouveaux coordonnés (comble du chic snob), draps et vêtements «prêts-à-sortir», se trouvent dans certains grands magasins de la Ville-lumière. À Londres, ils sont proposés aux rayons des créateurs, entre Jil Sanders et Prada. Mais il ne faut pas oublier qu’entre Genève, Los Angeles, New York et bien d’autres capitales, Frette compte quarante-huit points de vente dans le monde. Sa collection comporte plus de soixante-dix créations, réunissant des modèles confortables, de qualité irréprochable, de conception moderne et à des prix ne dépassant pas 150 à 200 dollars pièce... Une innovation qui devrait donner à réfléchir à nos créateurs qui n’ont rien à envier aux gelabas italiennes où à l’inspiration folklorique réactualisée.
Dernier chic ou extrême snobisme? Le styliste italien Frette, célèbre pour ses créations de tenues d’intérieur, vient de lancer pour ce printemps une ligne de vêtements «prêts à sortir». Inspirés des vêtements de détente chez soi, ils sont taillés dans une matière particulièrement précieuse. Il s’agit d’une variété de cachemires, la pashmina, qui provient du duvet de l’antilope chirus, une espèce protégée. Les châles-étoles, qui sont d’une légèreté de plume, représentent le nec plus ultra des garde-robes phares du snobisme international. Au point où le pashmina et une autre variété de cachemires également précieuse et rare, le shahtoosh, viennent d’être interdits par souci de protection des espèces rares. Le «tout-cachemire» du créateur italien a tout pour plaire à la «jet-société»:...