Internet, la conception de drogues par ordinateur, la prescription abusive de psychotropes et la consommation toujours plus répandue du cannabis constituent autant de défis pour l’avenir de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS). Si les nouvelles technologies ont donné «un coup d’accélérateur aux activités de contrôle des drogues», «les narcotrafiquants les ont aussi exploitées pour développer leur commerce», juge l’OICS dans son rapport annuel. Ainsi, «les dealers peuvent facilement concevoir de nouvelles drogues en manipulant des molécules sur ordinateur ou apprendre rapidement grâce à Internet comment fabriquer des substances illicites», note l’OICS. Consacrant une place importante à Internet, l’OICS insiste sur le fait qu’«on peut même maintenant vendre des drogues illégales sans grand risque par des services tels que ceux qu’offre le Web». L’organe, qui n’a pas pouvoir de légiférer en la matière, «invite instamment les gouvernements à travailler en étroite collaboration avec les prestataires de services Internet, les organisations communautaires, les familles et les éducateurs afin de faire en sorte que ces nouvelles technologies ne soient pas utilisées à mauvais escient pour favoriser la prolifération de l’abus de drogues». Autre défi à relever, les drogues dont l’usage médical est tout à fait légal, comme la morphine pour soulager la douleur des patients en phase terminale, sont très mal réparties dans le monde. Ainsi, les 20 pays les plus riches consomment chaque jour 17 500 doses de ces antalgiques par million d’habitants, contre 184 doses par million d’habitants dans les 20 pays les moins bien approvisionnés. Développement de marchés parallèles On consomme trop de substances psychotropes, notamment les tranquillisants, dans les pays riches, tandis que leur rareté dans les pays en voie de développement a favorisé les «marchés parallèles», résume le rapport, pour qui «le développement des services médicaux et des systèmes de distribution des produits pharmaceutiques (doit devenir) une question de santé publique prioritaire». Troisième défi, le rapide développement de produits alimentaires contenant des substances psychotropes, notamment les stimulants, semble avoir pris de court les gouvernements et les législations nationales, juge l’OICS, qui demande la plus grande vigilance sur «la pratique douteuse qui consiste à commercialiser des stupéfiants et des substances psychotropes en les faisant entrer dans la composition de produits alimentaires et des suppléments diététiques». Quant au cannabis, dont la consommation est «importante dans pratiquement tous les pays», le défi consiste selon l’OICS à continuer à appliquer la convention de 1961 qui limite son usage à des fins médicales et scientifiques et à lancer sur cette drogue de nouvelles recherches subventionnées par les gouvernements.
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