Peugeot se trouve «au pied de son Everest». En décidant de mener cette saison deux programmes majeurs, en Formule 1 comme motoriste de Prost Grand Prix, et en Rallyes du championnat du monde avec la 206 WRC à partir du Tour de Corse (6-9 mai), le constructeur français n’a pas choisi la facilité. Mais le Lion se veut ambitieux. «C’est vrai, une certaine tension règne chez Peugeot Sport actuellement, reconnaît Corrado Provera, le directeur. Nous travaillons sur deux fronts avec l’espoir que 1999 sera l’année Peugeot. S’il y a une justice sportive, cela devrait payer». À l’aube du championnat du monde de F1, dans moins de deux semaines à Melbourne, et à un peu plus de deux mois des débuts de la 206 en Corse, les signes sont en effet encourageants. Meilleure performance de la Prost-Peugeot AP02 à Barcelone, progrès significatifs et potentiel prometteur de la 206, la saison s’annonce sous les meilleurs auspices. Enthousiaste, l’équipe Peugeot ne ménage pas ses efforts depuis des mois. Tant chez les motoristes F1 que chez les hommes composant la toute nouvelle équipe rallye. «L’activité sportive est un outil d’animation interne, dit Provera. Notre but n’est pas de seulement gagner mais aussi de partager. Cela s’inscrit dans une stratégie d’entreprise». «Plus qu’une passerelle» Mardi, Gilles Panizzi, François Delecour et le Finlandais Marcus Gronholm entamaient une séance d’essais de deux jours sur la piste de Versailles-Satory (Yvelines) avec, pour la première fois, la première évolution du moteur. «Avec les éléments de post-combustion (permettant d’éviter le temps de réponse du turbo) pour travailler sur la cartographie du moteur», précise Michel Nandan, responsable technique du programme 206. Après déjà 2 000 km d’essais en six séances avec le moteur de base, Peugeot se lance maintenant dans un programme dense et «accéléré» des essais dans l’optique des premières épreuves, Corse et Grèce. «Les premières sensations sont bonnes, déclare François Delecour. La 206 a un gros potentiel avec encore quelques points à améliorer. Mais on a un peu plus de deux mois pour optimiser la voiture». «En Corse, le but sera d’être compétitif. Pas question de vouloir casser la baraque. Cette saison, Peugeot effectue son retour en championnat du monde. C’est donc une forme de réapprentissage», reprend le pilote. Même approche prudente chez Jean-Pierre Nicolas, responsable des rallyes chez Peugeot Sport. «Le challenge consistant à aller sur les terrains des constructeurs japonais est magnifique, dit ce dernier. Notre objectif est d’abord de montrer notre potentiel. Après bien sûr, il faudra se battre pour le titre. Nous sommes confiants, sereins mais, malgré tout, il y a un peu d’inquiétude en raison de l’expérience de nos adversaires». Face à cette nouvelle aventure rallye, «bien différente de celle de la 205 car l’époque et le contexte sont différents», note Nicolas, la Formule 1 ne constituera pas un handicap. Au contraire. «Pour tout ce qui est de l’électronique, l’hydraulique, le rallye bénéficiera des études et recherches de la F1 en la matière. F1 et rallye chez nous, c’est bien plus qu’une passerelle...», insiste Nicolas.
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