Le dollar a entamé la semaine hier, à Beyrouth, dans un marché calme et toujours dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du billet vert entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue ainsi à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Mais, compte tenu de la propension du marché à la demande plutôt qu’à l’offre du dollar, les établissements de crédit ont continué de le négocier pratiquement au point supérieur d’intervention de la BDL et parfois en dehors d’elle. Il a dû en effet fluctuer durant toute la journée d’hier entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, dans un volume d’affaires modérément nourri estimé à quelque neuf millions de dollars, dont une partie a été placée à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre partie échangée par les banques de la place, indique-t-on dans les milieux cambistes. Nouvelle baisse de l’euro et coup d’arrêt à la chute du yen À l’étranger, l’euro est tombé à un nouveau plus bas depuis son lancement, passant sous 1,10 dollar avant de se reprendre légèrement hier, sur les marchés des changes internationaux au lendemain d’une réunion du groupe des «Sept» indifférente à la glissade de la monnaie unique européenne. Le dollar a également accentué sa progression face au yen, repassant brièvement la barre des 122 yens, avant de céder tout le terrain gagné sous l’effet de prises de bénéfices. L’euro est tombé en début de séance à 1,0965 dollar, soit le plus bas niveau jamais atteint depuis son lancement le 1er janvier dernier. Il s’est ensuite progressivement ressaisi grâce à des facteurs techniques pour s’échanger à plus de 1,10 dollar. Il en est de même de l’appréciation du dollar face à la devise nippone qui a tourné court, le ramenant de 122,50 yens à moins de 121,00 yens sur des prises de bénéfices et sur des déclarations du vice-ministre japonais des Finances, Eisuke Sakakibara, affirmant que le yen se reprendra à moyen terme. Le fait que le communiqué final du groupe des «Sept» soit resté muet sur l’euro a laissé croire que ce groupe ne va rien faire pour soutenir la monnaie unique européenne. Au contraire, le ministre allemand des Finances, Oskar Lafontaine, a affirmé qu’il ne voyait pas le cours actuel de l’euro comme un désavantage, notant que l’affaiblissement de l’euro face au dollar était bon pour les exportations européennes. De plus, les dernières statistiques sur les économies américaine et de la zone euro, publiées la semaine dernière, ont confirmé la vigueur persistante des États-Unis et l’absence de signes de reprise de la croissance en Europe. Ce développement n’exclut pas que l’euro replonge dans les semaines à venir si la Banque centrale européenne (BCE) procéderait à l’abaissement des ses taux d’intérêt directeurs. Cela, d’autant qu’on apprenait hier de la Réserve fédérale de Philadelphie que la croissance américaine devrait atteindre 3,2 % en 1999 contre une projection de 2,1 % réalisée auparavant. Dans ces conditions, le billet vert s’est négocié à New York, hier, comme suit : – 1,1022 pour un euro contre 1,1075, vendredi dernier. – 1,6230 pour un sterling contre 1,6225. – 1,7730 DM contre 1,7660. – 5,9475 FF contre 5,9210. – 1,4495 FS contre 1,4470. – 1 755,35 lires contre 1 748,25. – 121,00 yens contre 121,15. Bourse de Beyrouth : nouvelle baisse de Solidere Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est enfoncée davantage en ce début de semaine, affectée par la nouvelle baisse des actions Solidere des deux catégories «A» et «B» ainsi que de celles de Rymco, de Lebanon Holdings et de Bou Khalil Markets, dans une proportion largement plus grande que la hausse des actions de la banque Byblos. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,86 % à 82,72 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires est parvenu à recouvrer une partie de ses pertes, progressant légèrement de 0,21 % à 192,41 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle est restée très mince, ne dépassant pas quelque 23 544 actions d’une valeur globale de 184 641 dollars. Wall Street : accentuation de la hausse À Wall Street, le marché boursier a été très vif en ce début de semaine, repartant franchement à la hausse grâce aux grandes valeurs industrielles plus recherchées que celles de la haute technologie ou de l’Internet. Les opérateurs se sont montrés hier assez confiants ne redoutant pas trop l’intervention aujourd’hui et demain du président de la Réserve fédérale Alan Greenspan devant les sénateurs et les représentants aux deux Chambres du Congrès pour son témoignage biannuel sur l’état de l’économie américaine. De fait, une économie américaine toujours vive et sur le chemin d’une croissance vertueuse et sans accès de fièvre sur les prix, comme en ont encore témoigné les prix de gros et de détail la semaine dernière, ne cesse de drainer les capitaux vers les actions des grandes sociétés américaines. C’est dans ce contexte que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a rebondi hier d’un plus bas à 9 331,16 points à un plus haut à 9 550,28 points, avant d’afficher en préclôture 9 542,16 points, en hausse de 202,21 points sur vendredi dernier. Paris : hausse in extremis de 0,86 % La Bourse a terminé en hausse lundi, à l’issue d’une séance encore volatile et sans véritable direction en ce premier jour de terme boursier. Seule la fermeté de Wall Street a permis à la cote de se reprendre en fin de journée, rapportent des opérateurs. Le CAC, qui avait ouvert en légère hausse, a ensuite perdu jusqu’à 1,06 % avant de se reprendre et de terminer sur un gain de 0,86 % à 4 165,86 points. Le volume des transactions est resté limité avec 2,4 mds d’euros traités, dont 1,9 md sur le CAC. Le seul élément marquant du jour a été l’introduction d’Air France. «C’est lundi et en plus c’est les vacances», a expliqué un gérant face au manque de dynamisme de la cote. «Les valeurs qui avaient surperformé sous-performent désormais et inversement», a ajouté un market maker. La séance d’aujourd’hui pourrait être davantage animée avec l’allocution du président de la Fed Alan Greenspan devant la commission bancaire du Sénat. Londres : marché soutenu par Wall Street La Bourse de Londres a clôturé en légère hausse lundi, soutenue dans l’après-midi par la forte progression de Wall Street, après avoir passé la majeure partie de la journée dans le rouge en raison de la publication des résultats annuels de HSBC, jugés décevants par le marché. L’indice Footsie des cent principales valeurs de la Bourse de Londres a terminé la séance sur un gain de 38,7 points à 6 069,9 points, soit une avancée de 0,64 % par rapport à son niveau de clôture vendredi. Sur le Liffe, le marché à terme de Londres, le contrat mars sur le Footsie s’affichait à 6 045 points en fin de journée contre 6 005 points en clôture vendredi. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’État à dix ans s’établissait en fin de journée à 4,437 % contre 4,474 % vendredi soir. L’écart de rendement avec le Bund correspondant était de 55,7 points de base contre 57,4 points vendredi en fin de journée. La Bourse de Londres a grimpé dans le sillage de Wall Street dont la forte hausse dans l’après-midi lui a permis d’effacer les mauvais résultats de HSBC, qui a entraîné les valeurs bancaires dans son sillage. Les intervenants ont toutefois fait preuve de prudence avant la publication de nombreux résultats d’entreprises cette semaine, dont la plupart figurent parmi les principaux groupes du Royaume-Uni. Francfort : la Bourse profite du repli de l’euro La Bourse de Francfort a progressé lundi de 1,34 %, l’indice vedette X-DAX affichant 4 887,70 points à la clôture grâce au repli de l’euro face au dollar et aux impulsions de Wall Street. Le marché a ouvert en hausse, frôlant les 4 900 points. Puis le calme est revenu poussant les cours à la baisse, avant que l’ouverture de Wall Street à la hausse donne le signal d’un redressement, selon des courtiers. Les investisseurs restent prudents du fait des incertitudes sur le front des taux d’intérêts et d’une dégradation vraisemblable des gains des sociétés. L’euro a de nouveau reculé, ce qui est favorable aux entreprises allemandes car cela améliore directement leur compétitivité à l’export. La BCE a fixé à 1,0992 le cours de référence de l’euro, contre 1,1163 USD vendredi. Tokyo : soutenue par la faiblesse du yen La Bourse de Tokyo a terminé lundi en hausse de 1,1 %, grâce au nouvel accès de faiblesse du yen consécutif à la réunion des grands argentiers du G7, le week-end à Bonn, selon des sources de marché. L’indice Nikkei 225 a gagné 158,63 points pour finir à 14 256,67 pts, après trois jours consécutifs de baisse en fin de semaine dernière. L’indice élargi Topix a terminé en hausse de 14,41 points à 1 108,91 pts. Le volume des échanges s’est élevé à 392,64 millions de titres, contre 402,96 millions vendredi. Le yen est passé au-dessous du seuil de 122 pour un dollar pour la première fois depuis début décembre, ranimant l’intérêt des investisseurs pour les valeurs exportatrices et les valeurs vedettes internationales, selon les opérateurs.
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