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Actualités - Chronologie

La fuite et l'arrestation d'Ocalan racontées par un compagnon d'infortune

Un compagnon d’Abdullah Öcalan a retracé la fuite du chef rebelle kurde jusqu’à l’ambassade grecque à Nairobi et les conditions de son arrestation, dans l’hebdomadaire allemand «Spiegel». Après avoir quitté l’Italie le 16 janvier, le président du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) s’est rendu à Minsk (Belarus), selon cet homme dont le journal a gardé l’anonymat. Sa demande de partir pour les Pays-Bas ayant échoué, Öcalan s’est finalement rendu à Athènes. Là, les autorités grecques ont mis à sa disposition un avion privé de luxe pour qu’il gagne le Kenya. «Un officier de sécurité grec se trouvait à bord», s’est souvenu ce compagnon. Arrivé le 2 février à Nairobi, Öcalan a été accueilli par le premier secrétaire de l’ambassade de Grèce, puis conduit à la représentation diplomatique. «L’ambassadeur recevait chaque jour des instructions» d’Athènes qui «essayait constamment de nous faire quitter la résidence», a ajouté le narrateur. Le troisième jour le chef du PKK a demandé l’asile à la Grèce, pour «régler ses affaire légalement, même si cela signifiait qu’il passe devant un tribunal». Quatre policiers sont ensuite arrivés de Grèce, trois jours avant l’arrestation d’Öcalan, pour lui ordonner de quitter la résidence. Après son refus, Athènes a demandé aux forces de l’ordre de pénétrer dans celle-ci, selon le narrateur. Le ministre Kenyan des Affaires étrangères a alors demandé à rencontrer l’ambassadeur et après leur entretien, le jour même de l’arrestation du chef du PKK, le diplomate a indiqué à Öcalan et à ses proches que si ceux-ci décidaient de rester, cela «pourrait devenir dangereux» pour eux, selon ce compagnon. Le chef rebelle kurde a alors décidé selon lui de se rendre à La Haye pour se présenter à un tribunal international. «Une demi-heure plus tard le chef des services secrets Kenyans est arrivé» et a affirmé que si Öcalan ne partait pas l’ambassade serait prise d’assaut. Une quinzaine de policiers en armes cernaient le bâtiment, selon l’homme. Après qu’Öcalan eut indiqué son souhait de gagner les Pays-Bas, avec une halte au Caire, le ministre grec des Affaires étrangères, Theodoros Pangalos, a téléphoné pour dire : «C’est très bien si vous venez en Europe. Vous devriez faire cela», selon le narrateur. Öcalan a alors abandonné l’ambassade, accompagné de ses compagnons, de l’ambassadeur qui souhaitait se rendre avec lui aux Pays-Bas et du chef des renseignements Kenyan. Mais ce dernier a contraint le leader kurde de quitter la voiture de l’ambassadeur sitôt les grilles franchies pour le faire monter dans une des quatre ou cinq jeep Kenyanes qui attendaient au-dehors, a ajouté ce compagnon. Le chef rebelle kurde a alors été emmené seul à l’aéroport et ses compagnons dans une autre direction, a-t-il ajouté. «À ce moment, nous avons su que tout était terminé», a raconté le témoin. Selon le narrateur, l’ambassadeur, «les larmes aux yeux», a alors déclaré : «Mon propre gouvernement m’a abusé». Le chef de la diplomatie grecque lui a demandé au téléphone de «rentrer à la maison et de ne pas se faire de souci pour les gens» qui étaient avec lui, selon la même source. Les compagnons d’Öcalan sont alors retournés à l’ambassade où le diplomate, en dépit des injonctions d’Athènes de les faire partir, les a autorisés à rester, selon le narrateur.
Un compagnon d’Abdullah Öcalan a retracé la fuite du chef rebelle kurde jusqu’à l’ambassade grecque à Nairobi et les conditions de son arrestation, dans l’hebdomadaire allemand «Spiegel». Après avoir quitté l’Italie le 16 janvier, le président du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) s’est rendu à Minsk (Belarus), selon cet homme dont le journal a gardé l’anonymat. Sa demande de partir pour les Pays-Bas ayant échoué, Öcalan s’est finalement rendu à Athènes. Là, les autorités grecques ont mis à sa disposition un avion privé de luxe pour qu’il gagne le Kenya. «Un officier de sécurité grec se trouvait à bord», s’est souvenu ce compagnon. Arrivé le 2 février à Nairobi, Öcalan a été accueilli par le premier secrétaire de l’ambassade de Grèce, puis conduit à la représentation...