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Actualités - Chronologie

Les drones, clés de la surveillance de l'Otan, se préparent

Le sifflement aigu d’un mini-réacteur, couvert par l’explosion d’une charge de TNT: en 2,5 secondes, le drone, mini-avion de reconnaissance sans pilote, file à 800 km/h vers le Kosovo, pour une nouvelle mission de l’Otan. Jeudi, les soldats du contingent allemand participant à la Mission de vérification au Kosovo (KVM) ont lancé, depuis une rampe mobile au sommet d’une colline surplombant la ville macédonienne de Tetovo (Ouest), le 28e drone CL-289 depuis le début de leur mission, le 21 décembre. Lorsqu’il a signé, le 15 octobre, un accord permettant le déploiement des vérificateurs de l’OSCE au Kosovo, le président yougoslave Slobodan Milosevic s’est engagé à accepter la mise en place d’un dispositif de surveillance. Par la précision des photos qu’ils rapportent et leur quasi-invulnérabilité, les drones sont le joyau du système, la prunelle des «Yeux d’aigle» (nom de code de l’opération). «Ils survolent le Kosovo à environ 400 mètres d’altitude: cela permet des photos assez précises pour identifier des véhicules militaires», assure avec fierté le capitaine Detlef Muller, commandant de la batterie de drones. «Au-dessus d’un poste de contrôle, vous pouvez compter le nombre de personnes présentes, déterminer leur sexe. Constater les dégâts dans un village ou affiner des cartes». Il montre une photo: il est effectivement possible de reconnaître le modèle d’un camion ou d’un char, de compter le nombre de soldats alentour. Les demandes de survol sont envoyées par l’état-major de la KVM, à Pristina, au Combined Air Operation Center (CAOC) de l’Otan, en Italie. Là, les experts déterminent quel moyen employer: drones ou avions-espions U2, Orion ou Atlantic. «Ils nous assignent des missions: cet endroit, cet endroit,... et nous planifions les vols», dit le commandant Rainer Gotz, porte-parole du contingent allemand. Survol de zones précises Lors de la grande offensive serbe au Kosovo, cet été, le HCR a demandé à la KVM le survol de zones précises: la nuit, grâce à sa caméra infrarouge, l’avion sans pilote détecte la chaleur émise par les corps humains. «Nous avons ainsi repéré des camps de réfugiés, des mouvements de véhicules», explique le capitaine Muller. Une fois les objectifs déterminés, leurs coordonnées sont transmises par radio au camion-lanceur, puis entrées dans le système de guidage du drone. Jeudi, sept attachés militaires en poste à Skopje ont été conviés au lancement. Grave, impassible, le représentant de l’armée yougoslave assiste à l’envol du drone en direction de la frontière de son pays, toute proche. Murmure quelques mots à l’oreille de son homologue russe. Moins de trente minutes plus tard, le capitaine Muller et ses hommes attendent le drone dans un champ loué à un paysan, en bas dans la vallée. Un mini-radar monté sur un camion sert de balise. Le sifflement du réacteur: l’engin fonce à plus de 700 km/h entre les nuages. Un parachute se détache, deux gros coussins jaunes se gonflent pour amortir le choc. Le drone se pose, sèchement, dans la neige. Un soldat se précipite, dévisse deux trappes, s’empare des films et part en courant vers son 4x4. Les autres apportent une remorque. «Ensuite c’est l’analyse des clichés. Nous rapportons ce que nous avons vu au CAOC, poursuit Detlef Muller. Nous transférons quelques photos sur CD-Rom, qu’un courrier apporte au Kosovo Verification Coodination Center». L’armée allemande possède, depuis dix ans, sept batteries de drones. Une seule a été envoyée à Tetovo. Chaque appareil coûte 2,5 millions de deutsche marks et chaque vol revient à 80 000 DM. En Bosnie trois appareils, tombés en panne, ont été perdus. «En Allemagne, nous faisons cinq lancement par an... Ici, c’est cinq par semaines», se réjouit le commandant Gotz. «C’est un bon entraînement».
Le sifflement aigu d’un mini-réacteur, couvert par l’explosion d’une charge de TNT: en 2,5 secondes, le drone, mini-avion de reconnaissance sans pilote, file à 800 km/h vers le Kosovo, pour une nouvelle mission de l’Otan. Jeudi, les soldats du contingent allemand participant à la Mission de vérification au Kosovo (KVM) ont lancé, depuis une rampe mobile au sommet d’une colline surplombant la ville macédonienne de Tetovo (Ouest), le 28e drone CL-289 depuis le début de leur mission, le 21 décembre. Lorsqu’il a signé, le 15 octobre, un accord permettant le déploiement des vérificateurs de l’OSCE au Kosovo, le président yougoslave Slobodan Milosevic s’est engagé à accepter la mise en place d’un dispositif de surveillance. Par la précision des photos qu’ils rapportent et leur quasi-invulnérabilité, les...