Dans un quartier excentré de Nijni-Novgorod (450 km à l’est de Moscou), un modeste musée entretient le souvenir du plus célèbre dissident soviétique, Andreï Sakharov, assigné à résidence de 1981 à 1986 dans cette ville alors interdite aux étrangers. «Plus de 5 000 visiteurs viennent chaque année dans notre musée. Parmi eux, de nombreux lycéens et étudiants, mais aussi des scientifiques qui ont travaillé avec Sakharov, des hommes d’affaires ou artistes étrangers de passage», se félicite l’une des responsables du musée, Mme Lioubov Potapova. Andreï Sakharov, l’un des pères de la bombe atomique russe devenu opposant au régime communiste puis prix Nobel de la paix en 1975, a été exilé de janvier 1981 à décembre 1986 à Gorki, nom de Nijni-Novgorod à l’époque soviétique. Libéré et réhabilité par le président Mikhaïl Gorbatchev, il est mort à Moscou en 1989. «Certains sont totalement ignorants, d’autres connaissent un peu l’histoire de Sakharov et des dissidents. Les professeurs leur en parlent parfois pendant les cours d’histoire. Mais il n’existe pas de manuel sur ce sujet, c’est aux professeurs de se renseigner», souligne Mme Potapova. Au début des années 90, peu après la chute de l’URSS, l’idée avait été lancée de donner à la ville le nom de Sakharov. En fait, les autorités locales n’ont finalement donné le nom de Sakharov qu’à une avenue proche de l’immeuble où le dissident a passé ses années d’exil à l’époque où Leonid Brejnev dirigeait le pays. Le musée, financé par la ville, ne reçoit guère de soutien extérieur. «Il n’y a que Boris Eltsine qui nous ait donné personnellement de l’argent, une partie de ses droits d’auteur», se souvient la responsable du musée. Les documents exposés Parmi les documents exposés, des exemplaires de la principale revue clandestine de la dissidence, la Chronique des Evénements, voisinent avec des textes de Sakharov sur les droits de l’homme et d’autres concernant la physique nucléaire écrits à l’époque où il travaillait au centre nucléaire secret d’Arzamas-16, près de Nijni-Novgorod. Le musée se résume à deux pièces et l’appartement où Sakharov et son épouse Elena Bonner ont passé les années d’exil à Gorki.
Dans un quartier excentré de Nijni-Novgorod (450 km à l’est de Moscou), un modeste musée entretient le souvenir du plus célèbre dissident soviétique, Andreï Sakharov, assigné à résidence de 1981 à 1986 dans cette ville alors interdite aux étrangers. «Plus de 5 000 visiteurs viennent chaque année dans notre musée. Parmi eux, de nombreux lycéens et étudiants, mais aussi des scientifiques qui ont travaillé avec Sakharov, des hommes d’affaires ou artistes étrangers de passage», se félicite l’une des responsables du musée, Mme Lioubov Potapova. Andreï Sakharov, l’un des pères de la bombe atomique russe devenu opposant au régime communiste puis prix Nobel de la paix en 1975, a été exilé de janvier 1981 à décembre 1986 à Gorki, nom de Nijni-Novgorod à l’époque soviétique. Libéré et réhabilité...
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