Fréquemment comparé à Lucky Luke, le Français Jérôme Golmard a démontré au cours de l’important tournoi de Dubaï, dont il a remporté la finale, la première de sa carrière dans une épreuve majeure, dimanche aux dépens de l’Allemand Nicolas Kiefer (6-4, 6-2), qu’il fallait désormais compter avec lui. Du sympathique personnage de bande dessinée, Golmard a les jambes arquées, les propos désabusés et les réflexes fulgurants. Le voir déambuler sur les courts en roulant des hanches, prêt à «dégainer» ses services et ses coups droits pour «tirer» plus vite que son ombre, impressionnait pourtant assez peu ses adversaires. Ils savaient qu’il finirait par se prendre les pieds dans la moquette. Ils s’en méfiaient, c’est tout. On trouvait en effet dans son sillage un joli paquet de victimes de marque. L’Américain Jim Courier, le Sud-Africain Wayne Ferreira, le Britannique Tim Henman et l’Espagnol Carlos Moya, fraîchement auréolé de sa victoire à Roland-Garros, pour ne citer que ceux-là. Mais ce n’étaient que des exploits isolés, sans grande conséquence. C’est ainsi que, après avoir battu l’Anglais Tim Henman en 4 heures et 19 minutes, au premier tour, l’année dernière à Melbourne, dans ce qui fut le plus long match de l’histoire du tournoi, Golmard avait été sorti petitement au troisième par... Kiefer. Un bond de 28 places En le sélectionnant en septembre pour le match de barrage Israël-France de Coupe Davis, le capitaine Yannick Noah lui rendit sans doute un fier service. Golmard avait déjà joué deux fois dans le cadre de la prestigieuse épreuve. Mais il s’était agi de deux simples n’ayant plus aucune influence sur le résultat final. À Tel-Aviv, il lui était demandé de gagner le point capital du double, associé à Guillaume Raoux. En la circonstance, son efficacité en retour de service fut déterminante et ses interventions au filet plus que satisfaisantes, malgré une raideur persistante dans les genoux. Il puisa dans l’affaire une confiance toute nouvelle, après la fracture de fatigue qui l’avait fait dégringoler de la 90e à la 142e place mondiale en 1996. Il devait en faire la preuve à Cherbourg et à Brest, en remportant les deux derniers des six tournois challengers qui étaient jusque-là les seuls ornements de son palmarès. Puis en bousculant très sérieusement Pete Sampras au tournoi en salle de Paris-Bercy (6-7 (4/7), 6-4, 6-4). Âgé de 25 ans depuis le 9 septembre, Golmard (1,88 m et 77 kg) a trouvé récemment un équilibre familial et sentimental qui n’est pas pour rien dans ses récents bons résultats, qui lui permettent de faire un bond de 28 places pour occuper désormais le 33e rang mondial.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Fréquemment comparé à Lucky Luke, le Français Jérôme Golmard a démontré au cours de l’important tournoi de Dubaï, dont il a remporté la finale, la première de sa carrière dans une épreuve majeure, dimanche aux dépens de l’Allemand Nicolas Kiefer (6-4, 6-2), qu’il fallait désormais compter avec lui. Du sympathique personnage de bande dessinée, Golmard a les jambes arquées, les propos désabusés et les réflexes fulgurants. Le voir déambuler sur les courts en roulant des hanches, prêt à «dégainer» ses services et ses coups droits pour «tirer» plus vite que son ombre, impressionnait pourtant assez peu ses adversaires. Ils savaient qu’il finirait par se prendre les pieds dans la moquette. Ils s’en méfiaient, c’est tout. On trouvait en effet dans son sillage un joli paquet de victimes de marque. ...