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Actualités - Chronologie

Huit mois de tergiversations

Des membres du Comité international olympique (CIO) d’au moins 23 pays ont bénéficié de traitements de faveur de la part du comité de candidature de Salt Lake City pour les Jeux d’hiver de 2002, représentant une valeur totale de 1,3 million de dollars, a révélé un rapport d’enquête publié mardi. Le rapport de 300 pages de la commission d’éthique indépendante mise en place par le comité d’organisation des JO de Salt Lake City (SLOC) après les soupçons de corruption pesant sur plusieurs membres du CIO, met notamment en cause le Sud-Coréen Kim Un-Yong, qui brigue la succession du président du CIO Juan Antonio Samaranch, et le Congolais Jean-Claude Ganga. Tous deux figurent, selon le rapport, au premier rang des membres du CIO qui ont profité des largesses des responsables de la candidature de la capitale de l’Utah. Toujours selon le rapport, le comité de candidature a payé le salaire du fils de M. Kim – Kim Jung-Hoon – quand celui-ci travaillait pour une société de télécommunications en 1992. M. Kim est président de la commission de radio et télévision du CIO. Selon David Simmons, ancien directeur général de la société qui employait Kim Jung-Hoon, son père l’avait assuré que Tom Welch, responsable de la candidature, mis en cause par le rapport dans cette affaire de corruption, avait accepté de payer le salaire de son fils. 250 000 dollars pour la famille de Ganga Par ailleurs, la commission a découvert une somme de 30 000 dollars destinée à M. Kim pour un faux contrat de consultant. M. Simmons se souvient de versements de 75 000 à 100 000 dollars à M. Kim, mais les documents n’en laissent apparaître que 45 000. La fille de M. Kim, Kim Hae-Jung, a aussi perçu, selon la commission, 5 000 dollars pour un concert avec l’orchestre symphonique de l’Utah trois mois avant le vote. M. Welch a également obtenu du comité de candidature le remboursement de tickets pour ce spectacle d’une valeur de 3 750 dollars. Enfin, M. Kim a demandé en 1992 à Salt Lake City une bourse d’études de 15 000 dollars pour une jeune Russe, Ekaterina Soukhorado. Selon le rapport, M. Ganga, l’homme du boycottage africain des JO d’été de Montréal en 1976, et sa famille auraient reçu plus de 250 000 dollars, dont 115 000 en frais de voyage depuis 1990, un versement en liquide 70 010 dollars et des soins médicaux pour une valeur de 17 172 dollars. Toujours selon la commission, il a aussi réalisé un bénéfice de 60 000 dollars dans une affaire immobilière favorisée par ses contacts dans l’Utah et possédait un compte bancaire sur lequel se trouvaient mélangés de l’argent destiné au sport congolais et de l’argent personnel. La liste des membres du CIO cités La liste des membres du Comité international olympique dont le nom apparaît dans le rapport de la commission d’éthique mise sur pied par le comité d’organisation des Jeux d’hiver de Salt Lake City est la suivante, avec pour chacun les sommes correspondantes et leur destination. Membres ayant démissionné : Bashir Mohamed Attarabulsi (Lby) : 97 275 dollars versés à son fils Suhel pour payer une bourse d’études et ses frais de séjour. M. Attarabulsi a reçu le dernier versement recensé (700 dollars), à peine un mois avant que le scandale n’éclate. Pirjo Haeggman (Fin) : 33 750 dollars perçus par son mari Bjarne comme salaire pour un emploi fictif dans une société d’ingénierie locale du 4 mai 1994 au 7 juin 1995. Charles Mukora (Ken) : 34 650 dollars dont une partie destinée au développement du sport kenyan. David Sibandze (Swa) : 111 389 dollars, de 1991 à 1996, pour payer les études et les frais de séjour de son fils Sibo à l’université de l’Utah. Membres faisant l’objet d’une procédure d’exclusion : Agustin Arroyo (Equ) : 23 000 dollars de versements pour payer les études et le séjour de sa fille Nancy, 44 ans, de juin 1992 à 1995, alors qu’elle n’était pas étudiante. Vacances payées pour lui et sa famille à Park City en 1994 (coût : 10 000 dollars). Jean-Claude Ganga (Cgo) : 250 000 dollars versés à lui et à sa famille, dont 115 000 en frais de voyage depuis 1990, un versement en liquide 70 010 dollars et des soins médicaux pour une valeur de 17 172 dollars. A aussi réalisé un bénéfice de 60 000 dollars dans une affaire immobilière favorisée par ses contacts dans l’Utah. Possédait un compte bancaire sur lequel se trouvaient mélangés de l’argent destiné au sport congolais et de l’argent personnel. Zein el-Abdin Ahmed Abdel Gadir (Sou) : 17 000 dollars versés à son fils Zuhair Gadir, entre le 1er février 1994 et le 7 juin 1995, plus 7 000 dollars, juste avant le vote, destinés à une fille fictive du membre soudanais du CIO. Lamine Keita (Mli) : 62 696 dollars à son fils Moriba pour payer ses études et ses frais de séjour. Sergio Santander (Chi) : 20 050 dollars, de décembre 1993 à janvier 1994, sans documents justificatifs. Membres faisant l’ojbet d’un complément d’enquête : Kim Un-Yong (CDS) : paiement du salaire de son fils, Kim Jung-Hoon, alors que celui-ci travaillait pour une société de télécommunications en 1992. Découverte d’une somme de 30 000 dollars destinée à M. Kim pour un faux contrat de consultant. Versements non confirmés de 75 000 à 100 000 dollars, les documents n’en laissant apparaître que 45 000. Sa fille Kim Hae-Jung, a perçu 5 000 dollars pour un concert avec l’orchestre symphonique de l’Utah trois mois avant le vote. Enfin, M. Kim a demandé en 1992 à Salt Lake City une bourse d’études de 15 000 dollars pour une jeune Russe, Ekaterina Soukhorado. Louis Guirandou-N’Diaye (CIV) : chèque de 5 000 dollars du 1er mai 1995 émis par le SLOC et libellé «programme CNO Guirandou». Vitaly Smirnov (Rus) : cadeaux excessifs et faveurs accordées à des tiers sur son intervention. Membre ayant reçu un blâme : Anton Geesink (P-B) : versement à la SVAG, une académie sportive que dirige l’ancien judoka. Membres dont le nom est apparu mardi dans le dossier : Major Général Henry Edmund Olufemi Adefope (Ngr) : paiement d’un voyage à New York avec sa femme. Phillip Coles (Aus) et Willi Kaltschmitt (Gua) : leurs familles ont bénéficié d’un séjour organisé aux États-Unis pour le Super-Bowl d’une valeur de 19 991 dollars, plus 7 000 dollars de parfums, 3 117 de rideaux, 1 010 pour des chiens, ainsi que des voyages à New York, Las Vegas, Niagara Falls et Disneyland. Ashwini Kumar (Ind) : 5 099 dollars pour le déplacement d’un parent non identifié à Budapest à l’occasion du vote en 1995. Shagdarjav Magvan (Mgl) : 762 dollars pour que son fils Bold suive des cours à l’université de l’Utah, plus un stage professionnel d’un an à la First Security Bank et une aide de 6 554 dollars. Anani Matthia (Tog) : 2 891 dollars pour le voyage de son épouse à Budapest lors du vote en 1995. Rampaul Ruhee (Mri) : 3 459 dollars pour le voyage de son épouse à Budapest lors du vote en 1995. Austin Sealy (Bar) : 3 000 dollars de versements mensuels par l’intermédiaire d’un consultant. Siuli Paul Wallwork (Sam) : 30 000 dollars tirés par Tom Welch, le responsable de la candidature, sur le compte de ses enfants, et versés à l’épouse de M. Wallwork qui en avait besoin pour une amie «qui traversait de grandes difficultés». Selon M. Welch, l’argent a été remboursé. Mohamed Zerguini (Alg) : 14 500 dollars en liquide versés entre février 1993 et février 1996 à Raouf Scally, dont Tom Welch pensait qu’il s’agissait du petit-fils de M. Zerguini. Membre décédé : René Essomba (Cmr) : 108 350 dollars versés entre août 1993 et novembre 1996 à sa fille Sonia pour financer ses études dans une université de Washington, plus 60 000 dollars dans les mois ayant précédé le vote, plus des séjours payés à sa famille à l’Hôtel Intercontinental à Paris du 8 au 12 et 23 au 28 décembre 1995 (environ 300 dollars la nuit). Dick Pound : Le mouvement olympique est «incroyablement fort» Le mouvement olympique reste «incroyablement fort» même s’il traverse «une dure période», a estimé mardi à Montréal le Canadien Dick Pound, vice-président du Comité international olympique (CIO) chargé de l’enquête sur le scandale de corruption ayant entouré la candidature de Salt Lake City (États-Unis) pour les Jeux d’hiver de 2002. M. Pound, lors d’une conférence de presse, a qualifié de «problèmes spécifiques» les révélations sur des membres du CIO ayant bénéficié de largesses de la part de villes-candidates à l’organisation des Jeux olympiques, soulignant que l’enquête en cours devrait permettre de les «mettre derrière nous». Le vice-président du CIO a refusé de commenter le rapport d’enquête publié mardi à Salt Lake City, accusant deux anciens hauts responsables du comité de candidature de la ville d’avoir mis en place un système de pots-de-vin. Les membres du CIO «n’ont pas encore vu» ce rapport, a indiqué M. Pound, ajoutant toutefois qu’il devrait être distribué dès mercredi matin à Lausanne aux membres du comité d’enquête du CIO. M. Pound a souligné que le comité «poursuivrait son enquête aussi rapidement que possible» après la lecture du rapport. À la réunion spéciale des 17 et 18 mars, le CIO est «prêt à prendre ses responsabilités» et à «faire le ménage», a indiqué par ailleurs M. Pound, admettant que le mouvement olympique traversait une «dure période». Pour l’avenir, le CIO va devoir se pencher sur un certain nombre de questions, comme celle du processus de sélection de ses membres, «élément passablement important pour la protection du mouvement olympique», a estimé M. Pound. Il devra aussi s’interroger sur la manière de rendre le mouvement olympique plus démocratique, en se montrant «très prudent», a déclaré M. Pound, ajoutant qu’il faudrait examiner les «risques d’opérer des changements», comme ceux de «ne pas faire de changements». Jeux de 2004 : Stockholm soupçonné de largesses à l’égard des délégués du CIO La presse suédoise fait peser mercredi de nouveaux soupçons de prévarication contre Stockholm 2004, société ayant fait la promotion de la candidature malheureuse de la capitale suédoise aux Jeux olympiques de 2004. Selon le quotidien Dagens Nyheter (DN), la firme a réglé pour 1,5 million de couronnes suédoises (168 000 euros) de frais engagés par des membres du Comité international olympique (CIO) venus en visite d’inspection à Stockholm quelques mois avant le vote final du CIO ayant attribué les jeux à Athènes, en septembre 1997. Filiale d’Investor, holding d’investissement de la famille Wallenberg qui contrôle la moitié des sociétés cotées en Bourse en Suède, Stockholm 2004 a payé, rubis sur l’ongle, des séjours en hôtel de luxe, des alcools fins, des cigares de marque et des soins médicaux à des délégués olympiques et, dans plusieurs cas, à leur femme, affirme le journal en publiant les factures. Parmi les membres du CIO qui auraient bénéficié de ces largesses figure le général soudanais Abdin en Sein Gadir dont les cinq jours passés en juillet 1997 avec sa femme au Grand Hôtel, établissement prestigieux de la capitale suédoise, ont coûté 44 758 couronnes à Stockholm 2004, selon DN. Le couple se serait également fait payer des consultations médicales dans une clinique privée réputée de la ville, tout comme le délégué roumain Alexander Sipercos, ajoute le journal. Les deux jours passés du 6 au 8 juillet 1997 au Grand Hôtel par un membre fidjien du CIO, M. Mitchell, et son épouse auraient coûté 35 537 couronnes à Stockholm 2004. Accords d’assistance «douteux» La firme aurait également payé une facture de 26 853 couronnes d’un délégué japonais, M. Igaya, pour notamment des cigares Davidoff et du champagne français. Pour sa part, la femme du délégué indien Aschwini Kumar se serait fait régler son coiffeur et des soins de beauté. Ces informations sont publiées deux jours après l’ouverture, lundi en Suède, d’une information judiciaire sur le financement par Stockholm 2004 d’accords d’assistance «douteux» conclus, en septembre 1997, entre le Comité olympique suédois (SOK) et le Kenya, le Swaziland, la Côte-d’Ivoire, le Togo, l’Ouganda et le Zimbabwe. Aux termes de ces accords, le SOK s’était engagé à financer à hauteur de 1,5 M couronnes le transport, le séjour et l’entraînement de sportifs des six pays africains au centre de Boson, en banlieue de Stockholm. Le président du SOK, Carl-Gustav Anderberg, et le directeur de Stockholm 2004, Olof Stenhammar, ont démenti depuis tout lien entre les accords et la candidature scandinave. Il ne s’agissait pas de «corruption» mais d’une pratique «assez naturelle» de la part d’une ville candidate, ont-ils notamment fait valoir. Selon DN, deux des six accords bilatéraux auraient été signés par des délégués ayant démissionné ou ayant été suspendus du CIO pour avoir «terni la réputation» du mouvement olympique. Il s’agirait de respectivement David Sikulumi Sibandze (Swaziland) et de Charles Mukora (Kenya). Par ailleurs, le nom d’un ancien membre suédois du CIO, Gunnar Ericsson, figurerait sur une liste établie par le FBI, la police fédérale américaine, qui enquête sur le scandale de Salt Lake City (Utah), affirme mercredi le journal suédois Svenska Dagbladet. Jeux de Sydney : polémique autour de l’inauguration Le Premier ministre australien John Howard a réitéré son souhait de voir le chef du gouvernement australien, qui sera en poste à ce moment-là, inaugurer les Jeux olympiques 2000 à Sydney et non pas la reine d’Angleterre Elisabeth II. John Howard a estimé que cette décision, prise de longue date, n’était en aucune manière une insulte à la reine qui a été informée par les voies diplomatiques habituelles. L’opposition travailliste souhaite de son coté que le représentant de la Reine en Australie, le gouverneur général Sir William Deane, déclare ouvert ces prochains Jeux. Conservateurs et travaillistes pensent qu’une inauguration par la reine Elisabeth ne serait pas une bonne chose pour la royauté britannique alors que l’Australie réfléchit actuellement à sa future Constitution, estiment les observateurs.
Des membres du Comité international olympique (CIO) d’au moins 23 pays ont bénéficié de traitements de faveur de la part du comité de candidature de Salt Lake City pour les Jeux d’hiver de 2002, représentant une valeur totale de 1,3 million de dollars, a révélé un rapport d’enquête publié mardi. Le rapport de 300 pages de la commission d’éthique indépendante mise en place par le comité d’organisation des JO de Salt Lake City (SLOC) après les soupçons de corruption pesant sur plusieurs membres du CIO, met notamment en cause le Sud-Coréen Kim Un-Yong, qui brigue la succession du président du CIO Juan Antonio Samaranch, et le Congolais Jean-Claude Ganga. Tous deux figurent, selon le rapport, au premier rang des membres du CIO qui ont profité des largesses des responsables de la candidature de la capitale ...