Bill Clinton a mérité une fois de plus son surnom de «comeback kid», «le gars qui s’en sort toujours», en survivant politiquement au plus grand scandale de sa vie, l’affaire Lewinsky. Après un mois de procès contre le président, les cent membres du Sénat se sont prononcés contre sa destitution, un vote dont le résultat n’a jamais paru faire de doute en l’absence de la majorité des deux tiers requise, et qui répond à l’attente de la majorité des Américains. Mais William Jefferson Clinton restera à jamais pour l’Histoire le second président américain, après Andrew Johnson en 1868, ayant fait l’objet d’une procédure de destitution, pour une vulgaire liaison sexuelle avec une jeune employée de la Maison-Blanche, dont il avait voulu cacher les détails à sa famille et au reste du pays. Pourtant lorsque la majorité républicaine de la Chambre des représentants avait décidé en septembre dernier de rendre public le volumineux rapport du procureur indépendant Kenneth Starr, après neuf mois d’enquête sur le scandale, bien peu pensaient dans le monde politique et médiatique de Washington, que Bill Clinton parviendrait cette fois à se tirer d’affaire. Véhiculés sur Internet, les innombrables détails scabreux du dossier et les dépositions ambiguës de ses plus proches collaborateurs avaient fait le tour du monde, contribuant à projeter l’image d’un président américain, au pouvoir fortement compromis. Mais, appuyé par une opinion publique lassée des faux ou vrais scandales attribués aux époux Clinton depuis quatre ans, conforté par une embellie économique exceptionnelle ayant résisté aux secousses de la crise financière asiatique, Bill Clinton avait tout au long du scandale refusé d’envisager une démission. Après une courte période de contrition publique, il avait au contraire affiché sa détermination à combattre pied à pied pour éviter d’être chassé du pouvoir, en se concentrant sur «les problèmes réels» de ses concitoyens, tandis que ses adversaires républicains dénonçaient ses turpitudes dans l’affaire Lewinsky. Les dernières législatives Les élections législatives du 3 novembre dernier, décevantes pour les républicains dont la majorité à la Chambre basse a été réduite de 6 sièges, étaient venues confirmer qu’il avait vu juste. Et les démocrates, dont bon nombre s’étaient jusqu’alors montrés sévères pour le président, s’étaient fermement ralliés derrière lui, écartant ainsi toute possibilité de destitution au Sénat où une majorité des deux tiers est requise pour démettre un président. Tout au long de sa carrière politique, Bill Clinton, a démontré une faculté remarquable à remonter le courant malgré l’adversité, que ce soit lors de ses premiers pas en politique dans son Arkansas natal où il avait reconquis le poste de gouverneur après en avoir été évincé, que durant sa première campagne présidentielle et ses deux mandats. Il s’était lui-même baptisé le «comeback kid» en 1992 alors que des révélations sur sa liaison avec une chanteuse de bar, Jennifer Flowers, avait failli faire sombrer ses aspirations présidentielles. Mais même la controverse sur son passé d’étudiant gauchiste et d’insoumis n’avait pu les faire dérailler. Les élections législatives de 1994, marquées par une déroute démocrate lui avait porté un coup cinglant, mais deux ans plus tard Bill Clinton remontait la pente à nouveau, après un bras de fer avec les républicains, et se faisait réélire en s’affichant de plus en plus au centre droit.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bill Clinton a mérité une fois de plus son surnom de «comeback kid», «le gars qui s’en sort toujours», en survivant politiquement au plus grand scandale de sa vie, l’affaire Lewinsky. Après un mois de procès contre le président, les cent membres du Sénat se sont prononcés contre sa destitution, un vote dont le résultat n’a jamais paru faire de doute en l’absence de la majorité des deux tiers requise, et qui répond à l’attente de la majorité des Américains. Mais William Jefferson Clinton restera à jamais pour l’Histoire le second président américain, après Andrew Johnson en 1868, ayant fait l’objet d’une procédure de destitution, pour une vulgaire liaison sexuelle avec une jeune employée de la Maison-Blanche, dont il avait voulu cacher les détails à sa famille et au reste du pays. Pourtant...