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Actualités - Chronologie

Indonésie Habibie pour l'indépendance du Timor oriental avant l'an 2000

Le président indonésien Jusuf Habibie a souhaité jeudi que le Timor oriental accède avant la fin de cette année à l’indépendance afin que, dès le début de l’an 2000, l’Indonésie puisse mieux se concentrer sur son développement économique. Le président, qui s’adressait à une délégation de la Chambre indonésienne de commerce et d’industrie, a précisé qu’il ne voulait pas que «l’Indonésie ait à porter le fardeau du problème du Timor oriental après le 1er janvier 2000». Gelé depuis plus de 20 ans, un règlement du conflit est-timorais, créé par l’invasion et l’annexion de l’ancienne colonie portugaise, est apparu presque à portée de la main, le gouvernement indonésien ayant évoqué pour la première fois la possibilité de se séparer du Timor oriental. Dans la foulée, il se décidait à améliorer les conditions de détention du très populaire dirigeant est-timorais Xanana Gusmao, appelé, aussi bien par Djakarta que par Lisbonne ou les Nations unies, à jouer un rôle grandissant dans la recherche d’une formule de règlement acceptable par tous. M. Gusmao a été ainsi transféré mercredi dans une maison individuelle du centre de Djakarta baptisée «annexe pénitenciaire», où il peut recevoir — mais pas donner — des appels téléphoniques. Le premier appel est d’ailleurs venu mercredi du président portugais lui-même. Si, souligne le ministère de la Justice, le statut de prisonnier de M. Gusmao, qui purge une peine de 20 ans de prison pour sédition, reste le même, ce changement de conditions de détention constitue une manière élégante de répondre aux pressions internationales. Il reste cependant de nombreux obstacles à surmonter pour régler la question est-timoraise de manière acceptable par toutes les parties et en évitant que la situation sur le terrain dégénère en bain de sang. La rapidité avec laquelle l’indépendance est maintenant envisagée —certains diplomates occidentaux disent la précipitation et l’impréparation des autorités indonésiennes, qui ne parlent pas toujours d’une même voix — inquiète. Elle fait craindre que le chaos s’installe dans le petit territoire de moins d’un million d’habitants, situé à quelque 2 500 km à l’est de Djakarta. L’évocation par Djakarta d’une possible et prochaine indépendance a provoqué la panique parmi les colons et fonctionnaires indonésiens au Timor oriental et les Est-Timorais collaborant avec eux. L’armée également, qui dispose de 13 000 à 18 000 hommes au Timor oriental, semble hésiter sur la conduite a tenir et, malgré les démentis officiels, continue, selon des témoins, à entraîner et armer les milices de supplétifs locaux. L’une des principales questions en suspens est celle de la consultation de la population est-timoraise, qui devrait avoir la possibilité de choisir entre l’autonomie au sein de l’Indonésie — solution souhaitée notamment par l’Australie toute proche — et l’indépendance, apparemment le choix populaire. Djakarta ne veut pas entendre parler d’un référendum dont les résultats risqueraient de lui faire perdre la face et qui constituerait un mauvais exemple pour d’autres provinces, comme Aceh ou l’Irian Jaya (Papouasie occidentale). La question de la présence au Timor oriental de représentants ou d’observateurs des Nations unies, souhaitée par les Est-Timorais et le Portugal, est également combattue par le gouvernement indonésien. Djakarta est en effet toujours sourcilleux de son indépendance, malgré la crise économique qu’il ne parvient pas à contrôler en dépit d’une aide internationale de plus de 46 milliards de dollars et sa dépendance complète vis-à-vis de l’aide étrangère pour nourrir sa population. Il faudra aussi, sur fond de campagne électorale qui s’annonce agitée, convaincre l’opinion publique indonésienne, nourrie du slogan de l’appartenance du Timor à l’Indonésie, que le territoire n’est plus «la 27e et plus jeune province» du pays.
Le président indonésien Jusuf Habibie a souhaité jeudi que le Timor oriental accède avant la fin de cette année à l’indépendance afin que, dès le début de l’an 2000, l’Indonésie puisse mieux se concentrer sur son développement économique. Le président, qui s’adressait à une délégation de la Chambre indonésienne de commerce et d’industrie, a précisé qu’il ne voulait pas que «l’Indonésie ait à porter le fardeau du problème du Timor oriental après le 1er janvier 2000». Gelé depuis plus de 20 ans, un règlement du conflit est-timorais, créé par l’invasion et l’annexion de l’ancienne colonie portugaise, est apparu presque à portée de la main, le gouvernement indonésien ayant évoqué pour la première fois la possibilité de se séparer du Timor oriental. Dans la foulée, il se décidait à...