La Roumanie, dont près de 20 000 enfants ont été adoptés à l’étranger depuis la chute du dictateur Nicolae Ceausescu, est déterminée à mettre de l’ordre et à simplifier les procédures d’adoption, émaillées d’affaires de corruption. «La réforme dans ce domaine a avancé rapidement et le nouveau système mis en place par les autorités établit des critères rigoureux, qui éliminent de nombreux pots-de-vin et réduisent les lourdeurs de la bureaucratie», a déclaré M. Bogdan Ivanescu, président de l’association Copii fericiti (Enfants heureux), l’une des principales organisations non gouvernementales roumaines qui s’occupent des adoptions. Selon M. Ivanescu, la ratification par la Roumanie de la Convention de La Haye sur la protection des enfants ainsi que l’entrée en vigueur en septembre d’une nouvelle loi sur les adoptions ont permis à ce pays d’harmoniser sa législation avec celle des pays d’Europe de l’Ouest. La nouvelle loi simplifie les démarches en vue de l’adoption tout en renforçant le contrôle du Comité roumain pour les adoptions (CRA, un organisme gouvernemental) afin de mettre un terme aux adoptions illégales. La modification de la loi a également permis à la Roumanie d’éliminer les intermédiaires, des avocats pour la plupart, pour lesquels les adoptions étaient devenues une véritable mine d’or. En 1998, 3 684 enfants roumains ont été adoptés, dont 2 592 à l’étranger. «Depuis 1997, il n’est plus possible de sortir un enfant de Roumanie sans l’accord du CRA», grâce à une coopération très étroite avec les consulats, a indiqué le secrétaire général de cet organisme, Bogdan Lehel. «Le nouveau système est transparent et profitable pour l’État, qui obtient grâce à ces adoptions des fonds destinés à la protection des enfants», a estimé M. Ivanescu. Ce système autorise les ONG à percevoir une taxe d’adoption, qui peut aller de 100 à 10 000 dollars, dont une part est reversée à l’État. «En 1998 nous avons fait des dons à l’État pour la protection des enfants de 150 000 dollars. Cette année nous espérons encore doubler cette somme», a ajouté M. Ivanescu. Tous les freins bureaucratiques n’ont cependant pas été éliminés, notamment en ce qui concerne l’élaboration des listes des enfants pouvant être adoptés. Alors que la Roumanie compte environ 100 000 mineurs placés dans des institutions et vivant dans des conditions effroyables, le nombre de ceux déclarés comme adoptables par une instance juridique est de quelque milliers seulement. Selon le responsable du CRA, «c’est au niveau des commissions locales pour les adoptions que la corruption se manifeste encore». «Le directeur d’une commission peut être sollicité pour accélérer les démarches pour tel ou tel enfant», affirme M. Lehel. Ainsi le Parquet a inculpé cette semaine le chef d’une commission de Bucarest, Sorin Astratini, qui a exigé 3 500 dollars pour «faciliter l’adoption» de trois enfants, dont deux à Chypre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Roumanie, dont près de 20 000 enfants ont été adoptés à l’étranger depuis la chute du dictateur Nicolae Ceausescu, est déterminée à mettre de l’ordre et à simplifier les procédures d’adoption, émaillées d’affaires de corruption. «La réforme dans ce domaine a avancé rapidement et le nouveau système mis en place par les autorités établit des critères rigoureux, qui éliminent de nombreux pots-de-vin et réduisent les lourdeurs de la bureaucratie», a déclaré M. Bogdan Ivanescu, président de l’association Copii fericiti (Enfants heureux), l’une des principales organisations non gouvernementales roumaines qui s’occupent des adoptions. Selon M. Ivanescu, la ratification par la Roumanie de la Convention de La Haye sur la protection des enfants ainsi que l’entrée en vigueur en septembre d’une...