La Grande-Bretagne, terre d’asile traditionnelle des «persécutés» du monde entier, va durcir sa législation sur le droit d’asile, afin de limiter un afflux de demandeurs, et se doter de nouveaux moyens pour traquer les immigrants clandestins. «Il n’y aura pas d’amnistie générale ici» pour les demandeurs d’asile en souffrance, a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur, après l’annonce par le gouvernement italien de la régularisation de quelque 250 000 immigrés clandestins. Le projet de loi présenté mardi par le ministre de l’Intérieur, Jack Straw, comprend notamment une offensive contre les mariages blancs, le remplacement des allocations en numéraire par des bons de nourriture et de vêtements, des amendes de 2 000 livres (3 300 dollars) par passager clandestin pour les routiers, opérateurs de trains, de bateaux ou d’avions et une accélération drastique de l’examen des demandes d’asile. «Il s’agit de la réforme la plus vaste que ce pays ait connue en matière d’immigration et de droit d’asile», a dit M. Straw à la BBC-télévision. «Le Royaume-Uni a une longue tradition d’accueil de ceux qui ont besoin d’aide humanitaire. Ce gouvernement respectera ses engagements internationaux mais est déterminé à mettre un terme aux abus de notre hospitalité», a-t-il ajouté. «Nous avons aujourd’hui dix fois plus de demandeurs d’asile qu’il y a dix ans. Il nous faut moderniser le système», a prévenu le ministre, qui cultive son image de champion de «la loi et l’ordre» depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir. Ces derniers disposent aux Communes d’une majorité qui devrait assurer le passage du texte sans encombre. Quelque 46 000 personnes (accompagnées par 12 000 enfants) ont demandé l’asile politique en 1998, contre 32 500 en 1997. Les ressortissants de l’ex-Yougoslavie, pour l’essentiel Kosovars, constituent le principal groupe (7 400). Surtout, le ministère de l’Intérieur estime à 20 000 le nombre d’immigrés vivant clandestinement dans le pays. La police a récemment estimé que de 2 000 à 4 000 clandestins entraient chaque mois dans le pays. Les mariages blancs, que certains experts évaluent à 10 000 par an, ont donné naissance à un véritable racket selon la police. Les immigrants doivent débourser 8 000 livres (11 200 euros) en moyenne pour un conjoint. Dorénavant, les autorités imposeront aux étrangers désireux de se marier de prouver qu’ils résident légalement en Grande-Bretagne. Les travaillistes sont restés sourds aux appels à la générosité des associations de soutien aux étrangers, décidant d’aller au-delà des restrictions déjà imposées par les précédents cabinets conservateurs aux aides sociales aux demandeurs d’asile. Afin de décourager les demandeurs d’asile, le gouvernement va supprimer les allocations versées en argent liquide dans l’attente d’une réponse (300 millions de livres par an, 420 millions d’euros) au profit de «bons» pour de la nourriture et des vêtements. L’examen des dossiers sera accéléré: il ne devra pas durer plus de deux mois en première instance, avec une seule possibilité d’appel ensuite. Actuellement, quelque 75 000 requêtes sont en attente d’une décision. La procédure d’examen, qui prend actuellement plusieurs années, débouche sur environ 70 % de rejets. M. Straw a assuré que les 30 000 dossiers les plus en retard seraient traités en priorité. «Le gouvernement avait promis un système qui serait ferme, rapide et équitable. Il est très certainement ferme, mais nous ne voyons rien de rapide ou d’équitable», a critiqué le directeur du Conseil des réfugiés, une organisation soutenant les demandeurs d’asile.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Grande-Bretagne, terre d’asile traditionnelle des «persécutés» du monde entier, va durcir sa législation sur le droit d’asile, afin de limiter un afflux de demandeurs, et se doter de nouveaux moyens pour traquer les immigrants clandestins. «Il n’y aura pas d’amnistie générale ici» pour les demandeurs d’asile en souffrance, a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur, après l’annonce par le gouvernement italien de la régularisation de quelque 250 000 immigrés clandestins. Le projet de loi présenté mardi par le ministre de l’Intérieur, Jack Straw, comprend notamment une offensive contre les mariages blancs, le remplacement des allocations en numéraire par des bons de nourriture et de vêtements, des amendes de 2 000 livres (3 300 dollars) par passager clandestin pour les routiers,...