La mort d’un enfant de quatre ans, égorgé par un dogue argentin la semaine dernière dans l’archipel des Baléares, a semé l’effroi en Espagne où les autorités envisagent de proposer la stérilisation ou la prohibition des races canines les plus agressives. La ministre de l’Agriculture Loyola de Palacio s’est montrée partisane d’interdire les races réputées dangereuses, mais les ordres de vétérinaires et les associations de protection des animaux s’opposent à l’éradication et plaident pour des mesures administratives. Vendredi dernier à Santa Margarita, village du centre de l’île de Majorque, un enfant de quatre ans a été mortellement égorgé par un chien qui l’a attaqué sans raison apparente alors qu’il jouait dans un champ. Inculpé d’homicide par imprudence, le propriétaire du chien a été laissé en liberté dans l’attente d’un procès qui devra déterminer si l’animal doit être sacrifié ou non. Depuis, les médias ont multiplié les exemples d’attaques d’enfants ou de vieillards par des chiens, parfois sans gravité, et soulevé un débat sur leur contrôle. Pris dans un premier temps pour un pitbull, le chien meurtrier s’est finalement révélé être un dogue argentin, race créée dans les années vingt par l’éleveur argentin Antonio Nores Martinez dans le but de protéger le bétail contre les attaques des pumas et des jaguars. Puce électronique Le dogue argentin, issu d’un croisement entre le mâtin espagnol, le dogue allemand, le bull-terrier et le boxer, est un chien «chasseur, robuste, intrépide, doué d’une grande résistance» et d’une mâchoire qui desserre difficilement sa proie lorsqu’elle la tient, selon Nores Martinez. Dans une réponse à une question parlementaire, le ministère de l’Intérieur espagnol s’est déclaré partisan d’une «législation plus restrictive en ce qui concerne l’élevage et l’importation» des races de chiens dangereux. De leur côté, les autorités de la région de Madrid ont annoncé des mesures pour recenser et réglementer la possession de chiens de garde ou de défense comme le boxer, le pitbull terrier, le doberman, le dogue argentin ou le rottweiler. Quelque 9 000 chiens potentiellement dangereux sont déjà recensés et contrôlés à Madrid et 5 400 à Barcelone, grâce à une puce électronique insérée obligatoirement dans leur collier. La députée communiste de Madrid Inès Sabanés a proposé de mettre en place une commission d’experts qui élaborerait un catalogue de races canines présentant un danger, dans le but de parvenir à une législation au niveau national. Cette nouvelle législation devrait instaurer un régime de prohibitions et de stérilisations obligatoires, et réglementer les importations et surtout le dressage des animaux, qui peut transformer certains chiens «en armes», a estimé Mme Sabanés. Le ministre régional de l’Agriculture de Catalogne (nord-est de l’Espagne), Francesc Xavier Marimon, s’est déclaré partisan pour sa part de stériliser tous les chiens dangereux avant leur mise en vente pour éviter leur reproduction incontrôlée.
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