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Actualités - Chronologie

Sierra Léone Une guerre à part

Ni maquis, ni affrontement conventionnel, le conflit sierra-léonais, aux portes de la capitale Freetown, échappe aux règles connues de la guerre et son évolution demeure imprévisible. Si la rébellion a officiellement été chassée de la capitale qu’elle avait envahie le 6 janvier, on ne cesse, jour après jour, de découvrir de nouvelles «poches rebelles», parfois en plein centre-ville. Au moment où la force ouest-africaine qui combat les rebelles, l’ECOMOG, de jour en jour plus avare d’informations, affirmait qu’elle tenait l’axe Freetown-Hastings-Waterloo, seule échappatoire des rebelles en déroute au sud-est de la ville, on apprenait que le contingent guinéen, victime d’une embuscade dans cette dernière localité, avait tout simplement «décroché», abandonnant un énorme stock de munitions à l’ennemi. Chaque jour, des habitants fuyant les localités de Wellington et Calaba Town, dans la périphérie du sud-est de la capitale, témoignent de la présence parfois de «plusieurs centaines» de rebelles. L’un de ces groupes, on ne sait d’ailleurs trop comment, a été débusqué jeudi près du centre-ville pourtant «sécurisé» depuis deux semaines. De même, le «nettoyage» des collines environnant la ville, en cours depuis quinze jours, n’a pas empêché un groupe rebelle de s’approcher de la résidence du chef de l’État. Après quinze jours de bombardements intensifs et le déploiement de milices de chasseurs théoriquement parfaitement adaptés au terrain, ces collines sont toujours aux mains de rebelles insaisissables. Malgré ses communiqués victorieux et rassurants, l’ECOMOG ne cesse de réclamer de nouveaux moyens, en hommes, en logistique et en hélicoptères de combat notamment. La population civile, totalement déstabilisée par le décalage entre les propos apaisants de l’ECOMOG relayés par la radio proche du gouvernement et le son du canon, ne croit plus en rien, si ce n’est en la fuite. «Tous ceux qui en avaient les moyens ont quitté Freetown par notre biais», affirmait le pilote d’un hélicoptère assurant la navette entre la capitale et son aéroport. Les autres se battent pour un passeport ou un hypothétique laissez-passer qui leur permettra de gagner par la mer la Guinée voisine où la Gambie anglophone un peu plus éloignée. Jeudi et vendredi, près des services de l’émigration, des soldats de l’ECOMOG ont dû tirer en l’air pour disperser la foule qui menaçait de prendre d’assaut les bureaux. Les conversations tournaient jusqu’à l’obsession sur un seul sujet, l’annonce présumée par le chef rebelle, Sam Bockarie, qu’il lancerait une offensive majeure contre la capitale. Et bien que l’homme soit haï, la presse le traite tout comme ses hommes de «bâtard» et de «boucher», on perçoit comme une once de respect dans le «il fait toujours ce qu’il dit» qui revient sur toutes les lèvres. «Cette guerre est loin d’être terminée, surtout si les Nigérians de l’ECOMOG (son principal contingent dont le retrait commence à être évoqué à Abuja) rentrent chez eux comme ils l’ont annoncé», analysait un ingénieur libanais installé en Sierra Leone. Et si personne ne veut véritablement envisager de négociation avec la rébellion, nul ne peut non plus pronostiquer une victoire du «tout militaire», la solution préconisée jusqu’à présent par le président Ahmad Tejan Kabah, que de plus en plus de voix somment de démissionner et de laisser sa place «à un homme ferme et compétent dont a besoin le pays».
Ni maquis, ni affrontement conventionnel, le conflit sierra-léonais, aux portes de la capitale Freetown, échappe aux règles connues de la guerre et son évolution demeure imprévisible. Si la rébellion a officiellement été chassée de la capitale qu’elle avait envahie le 6 janvier, on ne cesse, jour après jour, de découvrir de nouvelles «poches rebelles», parfois en plein centre-ville. Au moment où la force ouest-africaine qui combat les rebelles, l’ECOMOG, de jour en jour plus avare d’informations, affirmait qu’elle tenait l’axe Freetown-Hastings-Waterloo, seule échappatoire des rebelles en déroute au sud-est de la ville, on apprenait que le contingent guinéen, victime d’une embuscade dans cette dernière localité, avait tout simplement «décroché», abandonnant un énorme stock de munitions à l’ennemi....