Entre clonage thérapeutique et fabrication en série
le 06 février 1999 à 00h00
Même s’il l’a fait du bout des doigts, Ian Wilmut a lâché une belle bombe à retardement. Deux ans après la naissance de Dolly, le chercheur écossais a cette fois annoncé sans détour qu’il envisageait de cloner des embryons humains. Choquante, sa proposition a le mérite, aux yeux de nombre de ses collègues, de mettre les pieds dans le plat. «Le clonage dont parle Wilmut n’a rien à voir avec la création d’un être humain», relève David Magnus, du centre de bioéthique de l’université de Pennsylvanie. «Il ne parle que de collecter des cellules indifférenciées à partir d’un embryon qui ne pourra jamais devenir un être humain, c’est différent». Pas question ici de donner corps au cauchemar de la fabrication en série d’androïdes imaginé par l’écrivain Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes. Encore moins de faire naître des clones «roue de secours» dont les organes seraient prélevés au fur et à mesure des besoins médicaux de leur «original». Non, les embryons clonés ne serviraient ici que de source aux fameuses cellules souches récemment isolées en laboratoire. «Le potentiel de ces travaux est remarquable, il faut avancer», dit le biologiste Barry Zirkin, de l’université Johns Hopkins. «Dire qu’on ne peut rien faire sous prétexte que certains ont des opinions morales ou religieuses qui les poussent à dire quasiment non à tout serait une erreur». «Nous devons définir d’urgence le statut de ces embryons», poursuit David Magnus. «Ces embryons sont créés hors du corps humain et ne seront pas réimplantés dans un utérus. Pour moi, il n’est pas évident qu’ils aient droit à plus de protection qu’une cellule de peau». Malgré ces assurances, le clonage, thérapeutique ou pas, reste un sujet explosif. À tel point que la firme californienne de biotechnologie Geron ne reconnaît que du bout des lèvres avoir été contactée par Ian Wilmut pour se lancer dans la fabrication d’embryons humains clonés. «Nous devons avancer mais avec précaution, résume le docteur Zirkin, et surtout ne pas jouer avec les ovules et le clonage humains avant de savoir exactement ce que nous faisons, tant sur le plan biologique qu’éthique».
Même s’il l’a fait du bout des doigts, Ian Wilmut a lâché une belle bombe à retardement. Deux ans après la naissance de Dolly, le chercheur écossais a cette fois annoncé sans détour qu’il envisageait de cloner des embryons humains. Choquante, sa proposition a le mérite, aux yeux de nombre de ses collègues, de mettre les pieds dans le plat. «Le clonage dont parle Wilmut n’a rien à voir avec la création d’un être humain», relève David Magnus, du centre de bioéthique de l’université de Pennsylvanie. «Il ne parle que de collecter des cellules indifférenciées à partir d’un embryon qui ne pourra jamais devenir un être humain, c’est différent». Pas question ici de donner corps au cauchemar de la fabrication en série d’androïdes imaginé par l’écrivain Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes....
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.