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Actualités - Chronologie

Proche-Orient : des successions à risques

La mort annoncée du roi Hussein ouvre une période d’incertitude non seulement pour la Jordanie mais également pour tout le Moyen-Orient, où d’autres problèmes de succession se poseront dans un avenir prévisible. Les intrigues de palais qui ont accompagné l’effacement forcé du roi ces six derniers mois ne sont probablement qu’un avant-goût des complots et des luttes de pouvoir qui attendent le royaume hachémite. Lors d’un retour-éclair dans son pays, il y a quinze jours, le «petit roi» a apparemment réglé le problème de sa succession en évinçant abruptement son frère Hassan, son dauphin depuis 34 ans, et en installant son fils aîné Abdallah, 37 ans, comme prince héritier et régent. Certes celui-ci a reçu aussitôt le soutien des États-Unis, principal allié occidental de la Jordanie. Il est assuré en outre du soutien de l’armée dont il commande, avec rang de général, les forces spéciales d’élite. Il jouit enfin de la sympathie de la communauté palestinienne, dont sa femme est issue et qui forme une grande partie de la population jordanienne. Mais il est politiquement et économiquement inexpérimenté alors que des défis redoutables l’attendent: une paix avec Israël impopulaire pour n’avoir pas tenu ses promesses, une économie déprimée, des relations tendues avec l’Irak et un bras de fer palestino-israélien qui menace de déstabiliser la sécurité du royaume. Hassan, qui, par constraste, apparaissait rassurant aux gouvernements étrangers, malgré son manque de charisme, semble avoir stoïquement accepté sa mise à l’écart, mais les diplomates ne jurent pas que de puissants voisins comme l’Irak ou la Syrie ne seront pas tentés d’encourager en sous-main une contestation de la légitimité d’Abdallah. En Arabie, la succession du roi Fahd, âgé et en mauvaise santé, apparaît moins incertaine. Le prince héritier Abdallah, son frère, gère déjà le royaume wahhabite au jour le jour. Il est reconnu aux États-Unis, au Japon et en Europe occidentale. Il est en outre l’initiateur d’un rapprochement avec l’Iran, le voisin que Ryad redoute le plus. Mais le prince Abdallah d’Arabie est un septuagénaire avancé et les États-Unis, dont les intérêts en Arabie séoudite sont gigantesques, voient déjà au-delà de lui et fondent leurs espoirs à long terme sur le prince Sultan, ministre de la Défense, dont le fils est actuellement ambassadeur de son pays à Washington. En Syrie, où le président Hafez Assad est au pouvoir depuis 1971, son fils Bassel avait été préparé à lui succéder le moment venu, mais il s’est tué dans un accident de voiture en 1994. Son frère cadet Bachar, qui suivait des études à l’étranger, a alors été rapatrié pour être intégré dans l’armée, dont il est devenu lieutenant-colonel, mais il ne joue aucun rôle au sein du parti Baas au pouvoir. Les experts des affaires syriennes disent encore ignorer qui, du président lui-même, de l’armée ou des factions politiques au pouvoir, sera prépondérant dans le choix du successeur d’Assad le moment venu. Mais cette incertitude est tempérée par le fait qu’Assad s’est choisi depuis longtemps un numéro deux officiel, le vice-président Abdel-Halim Khaddam. Ce n’est pas le cas en Égypte, où, bien que la succession de Hosni Moubarak ne semble nullement être ouverte, le président ne s’est jamais doté d’un vice-président, alors que lui-même était celui d’Anouar Sadate et, à ce titre, lui a naturellement succédé lors de son assassinat, en 1981. Dans la région, deux autres successions sont lourdes d’incertitudes et de périls: celle de Saddam Hussein, en Irak, et celle de Yasser Arafat, dans les territoires palestiniens occupés. En Irak, où Washington et Londres ne cachent plus leurs efforts pour faire tomber le régime actuel, Saddam Hussein n’a aucun successeur évident et, en fait, nombre d’analystes pensent que sa disparition déclencherait une guerre civile avec les dangers que cela comporte pour l’intégrité territoriale du pays, peuplé au nord de Kurdes et au sud de chiites. Mais c’est peut-être la succession de Yasser Arafat, dont la santé est de plus en plus fragile, qui pose le plus de points d’interrogation tant ses lieutenants les plus capables ont été soit décimés par les services secrets israéliens, soit écartés par le chef de l’OLP, constamment soucieux qu’aucun membre de son entourage ne lui fasse de l’ombre. Les candidats potentiels à sa succession ne manquent pas, de Mahmoud Abbas, artisan et signataire des accords d’Oslo, en passant Farouk Kaddoumi, leur adversaire le plus en vue au sein de l’OLP, en passant par les divers officiers supérieurs, dont l’influent commandant des forces de sécurité préventives, le général Djibril Radjoub. Mais aucun d’eux n’est assuré de faire l’unanimité parmi des Palestiniens qui ont encore un pied dans la guerre et l’autre dans la paix.
La mort annoncée du roi Hussein ouvre une période d’incertitude non seulement pour la Jordanie mais également pour tout le Moyen-Orient, où d’autres problèmes de succession se poseront dans un avenir prévisible. Les intrigues de palais qui ont accompagné l’effacement forcé du roi ces six derniers mois ne sont probablement qu’un avant-goût des complots et des luttes de pouvoir qui attendent le royaume hachémite. Lors d’un retour-éclair dans son pays, il y a quinze jours, le «petit roi» a apparemment réglé le problème de sa succession en évinçant abruptement son frère Hassan, son dauphin depuis 34 ans, et en installant son fils aîné Abdallah, 37 ans, comme prince héritier et régent. Certes celui-ci a reçu aussitôt le soutien des États-Unis, principal allié occidental de la Jordanie. Il est assuré en...