L’État de santé du roi Hussein de Jordanie inquiétait vendredi les Palestiniens de Jérusalem-Est qui doutaient de la capacité du prince héritier Abdallah à tenir son royaume en main. «C’est comme un verre qui se casse, vous pouvez recoller les morceaux mais ce ne sera jamais pareil», explique Samir Razzaq, 52 ans, rencontré dans son bureau de change peu après l’annonce de la «mort clinique» du roi. «Il y a de quoi être très inquiet», ajoute Mohammed Hijazi, 33 ans, dans son magasin de la Vieille ville de Jérusalem. «Les vieux en particulier sont tristes. Ils se souviennent que Jérusalem-Est et toute la Cisjordanie faisaient partie de la Jordanie et ils sont pour la plupart détenteurs de passeports jordaniens», poursuit Hijazi, en écoutant les informations à la radio. Cette inquiétude s’est traduite par la chute du dinar jordanien, qui est toujours utilisé en Cisjordanie. Le dinar qui valait 5,70 shekels israéliens jeudi s’échangeait à 5,00 shékels vendredi. Des responsables palestiniens se félicitaient en revanche de la montée sur le trône du prince Abdallah dont la femme est palestinienne, reprochant au prince Hassan d’avoir trop cédé aux exigences israéliennes. La Jordanie est le seul pays arabe à avoir accordé sa citoyenneté aux réfugiés palestiniens et près de la moitié des 4,6 millions de Jordaniens sont d’origine palestinienne. Jusqu’à sa conquête par l’armée israélienne en juin 1967, la Cisjordanie faisait partie de la Jordanie. Le roi Hussein est resté gardien des Waqfs à Jérusalem, notamment la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine. Par ailleurs, les Palestiniens ont été les seuls à menacer sérieusement le trône du roi Hussein au cours de son règne de 46 ans lors des affrontements sanglants entre Jordaniens et Palestiniens du 17 au 27 septembre 1970, qui firent près de 5 000 morts et blessés. À cette époque, toutes les organisations de résistance palestiniennes avaient pignon sur rue à Amman et les fedayin déambulaient dans les rues de la capitale armés et à bord de véhicules équipés de mitrailleuses lourdes. Les Palestiniens constituaient un État dans l’État. Les officiers bédouins étaient humiliés publiquement à Amman par de jeunes palestiniens la Kalachnikov à la main. L’armée, et en particulier les tankistes de la 1ère division blindée commandée par Chérif Zeid Ben Chaker, cousin du Roi, voulaient casser les fedayin dont certains, âgés de 15 ou 16 ans, rançonnaient les commerçants de la Vieille ville et confisquaient les voitures. Chérif Zeid avait dû se coucher devant les blindés de sa division qui avaient pris la route des camps palestiniens afin qu’ils renoncent et regagnent leur caserne, quelques jours avant la bataille d’Amman.
L’État de santé du roi Hussein de Jordanie inquiétait vendredi les Palestiniens de Jérusalem-Est qui doutaient de la capacité du prince héritier Abdallah à tenir son royaume en main. «C’est comme un verre qui se casse, vous pouvez recoller les morceaux mais ce ne sera jamais pareil», explique Samir Razzaq, 52 ans, rencontré dans son bureau de change peu après l’annonce de la «mort clinique» du roi. «Il y a de quoi être très inquiet», ajoute Mohammed Hijazi, 33 ans, dans son magasin de la Vieille ville de Jérusalem. «Les vieux en particulier sont tristes. Ils se souviennent que Jérusalem-Est et toute la Cisjordanie faisaient partie de la Jordanie et ils sont pour la plupart détenteurs de passeports jordaniens», poursuit Hijazi, en écoutant les informations à la radio. Cette inquiétude s’est traduite par la...
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