Le dernier message public du roi Hussein est une lettre aux accents de testament envoyée le 25 janvier à son frère cadet, le prince Hassan ibn Talal, pour lui expliquer les raisons de sa disgrâce et du choix d’un nouvel héritier du trône. Voici les principaux extraits de cette lettre : «Il y a plus de 30 ans, je t’ai confié la charge de prince héritier (...) pour répondre à ton désir et conformément à mon jugement sur tes capacités. «Je suis rentré (d’un premier séjour à l’étranger pour traitement médical en 1992) décidé à abdiquer en ta faveur malgré les divergences qui nous opposaient parfois. Ma famille proche avait été offensée par tes calomnies et tes mensonges, et je fais référence à ma femme et à mes enfants. (...) Je n’ai pas réussi pendant toutes ces années à vous convaincre, ta famille et toi, de cesser d’inciter les médias à se concentrer sur les personnes. (...) Lorsque je suis rentré (en 1992), j’ai reçu un accueil extraordinaire de mon peuple. C’est une journée inoubliable, qui m’a laissé une impression indélébile. Le peuple jordanien m’a comblé par ses sentiments nobles qui ont renforcé ma détermination à faire l’impossible pour aider la Jordanie à réaliser la paix (...) Nous tentons de parvenir à une paix globale et nous utilisons toute notre influence pour soutenir nos frères palestiniens en les aidant à recouvrer leurs droits sur leur terre et établir leur État sur leur sol. (...) «Nous souhaitons que le monde entier s’unisse contre toute partie qui (...) soutiendrait le terrorisme, quelle qu’elle soit (...). «Récemment encore, j’étais déterminé à te remettre les responsabilités suprêmes mais, pour te succéder, je prévoyais de confier l’unité de la famille hachémite au Conseil de famille afin qu’il te choisisse un successeur le jour venu (...). «Les qualités les plus importantes auxquelles un jeune homme devrait aspirer sont le respect de l’autre, la franchise, le courage de refuser la rancune, mais aussi le désir d’acquérir des connaissances, notamment l’honneur de servir dans les forces armées jordaniennes, l’armée arabe, le désir de devenir un modèle pour les autres et celui de mériter le respect par ses talents et capacités (...). «Nous n’étions pas d’accord et ne le sommes toujours pas, au sujet de ta succession. Tu as refusé catégoriquement toutes mes propositions et affirmé que lorsque tu serais roi, tu choisirais toi-même ton successeur. «Hamzah (18 ans, fils aîné de la reine Noor) est envié depuis son enfance car il a toujours été proche de moi (...). J’ai été touché par sa dévotion à son pays. «Aujourd’hui, je lui ordonne, en tant que père et souverain, de poursuivre ses études sans interruption jusqu’à leur terme. «En ce qui concerne Noor, elle m’a apporté le bonheur et m’a entouré pendant ma maladie de l’amour le plus affectueux. (...) Nos âmes et nos esprits se sont encore rapprochés et elle n’a épargné aucun effort pour s’assurer que je recevais tous les soins (...) et dissimuler ses larmes derrière des sourires. Elle non plus n’a pas échappé aux critiques de ceux (...) qui se sont dit, quand ma fièvre était élevée, que leur chance était arrivée. «J’ai dû intervenir de mon lit d’hôpital pour empêcher tes ingérences dans les affaires de l’armée, dans ce qui apparaissait comme une volonté de ta part de marquer des points, lorsque tu as mis à la retraite de hauts officiers dont l’efficacité, la loyauté et les brillants états de service ne font aucun doute. Il en a été de même lorsque tu as rappelé des ambassadeurs compétents, sans raison valable excepté celle de l’âge (...) C’est pourquoi j’ai décidé de revenir rapidement dans le pays pour régler tous ces problèmes et remplir mon devoir envers les générations futures (...). «Les conditions qui ont justifié l’exception que tu as représentée n’existent plus. Son Altesse royale le prince Abdallah doit donc immédiatement assumer toutes les fonctions et tous les devoirs de prince héritier du royaume hachémite de Jordanie».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dernier message public du roi Hussein est une lettre aux accents de testament envoyée le 25 janvier à son frère cadet, le prince Hassan ibn Talal, pour lui expliquer les raisons de sa disgrâce et du choix d’un nouvel héritier du trône. Voici les principaux extraits de cette lettre : «Il y a plus de 30 ans, je t’ai confié la charge de prince héritier (...) pour répondre à ton désir et conformément à mon jugement sur tes capacités. «Je suis rentré (d’un premier séjour à l’étranger pour traitement médical en 1992) décidé à abdiquer en ta faveur malgré les divergences qui nous opposaient parfois. Ma famille proche avait été offensée par tes calomnies et tes mensonges, et je fais référence à ma femme et à mes enfants. (...) Je n’ai pas réussi pendant toutes ces années à vous convaincre, ta...