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Actualités - Chronologie

Automobile Le patron de BMW limogé

Le patron de BMW, Bernd Pischetsrieder, a été limogé vendredi, sanction de l’échec du redressement de la marque britannique Rover rachetée en 1994 et devenue un boulet financier pour le constructeur automobile allemand. L’instance de surveillance du groupe a nommé un remplaçant surprise, Joachim Milberg, 55 ans, directeur de l’ingénierie et de la production, à l’issue d’une réunion de crise d’une journée entière. M. Milberg est entré il y a six ans chez BMW après douze années comme professeur à l’université technique de Munich, où il enseignait sa spécialité: la production. Cette nomination est un moindre mal pour Rover, où les syndicats sont inquiets des conséquences du départ de M. Pischetsrieder avec lequel ils ont négocié cet automne le sauvetage de leur principale usine près de Birmingham. En effet, la réorganisation de la direction ne s’arrête pas là : Wolfgang Reitzle, membre du directoire, responsable du développement des produits, va aussi quitter le groupe. Or, il avait été pressenti pour succéder à M. Pischetsrieder, mais sa nomination a buté sur les représentants du personnel au conseil de surveillance, opposés à son plan pour Rover, jugé trop draconien. Trois nouveaux directeurs, issus du sérail, viendront épauler M. Milberg : Carl-Peter Forster à la production, Heinrich Heitmann aux ventes et Wolfgang Ziebart au développement. Dans son communiqué, BMW est resté muet sur les raisons du changement, se contentant d’indiquer que le conseil avait «pris connaissance de l’état de l’entreprise et en particulier chez Rover». Les chiffres sont sévères pour M. Pischetsrieder: depuis le rachat en 1994 de Rover, BMW a investi plus de 3 milliards d’euros (3,4 milliards dollars) dans cette filiale désespérément déficitaire. En 1998, selon des experts du secteur, les pertes de Rover devraient avoir dépassé les 510 millions d’euros. De plus, BMW a dû faire son deuil de l’objectif d’un retour aux bénéfices de Rover en l’an 2000, compromis par le niveau élevé de la livre sterling. Les ventes de Rover ont beaucoup baissé à l’export. Elles ont aussi diminué en Grande-Bretagne où la part de marché de la marque est tombée sous les 5 % en janvier, du jamais vu. Traditionnel numéro trois du marché britannique derrière Ford et Vauxhall (GM), Rover est dorénavant passé derrière Peugeot, Renault et Volkswagen. Or, les difficultés de Rover pèsent sur l’ensemble du groupe bavarois. Ainsi, M. Pischetsrieder a dû annoncer aux actionnaires la semaine passée une baisse du bénéfice net en 1998 et il a tenté de faire passer la pilule en soulignant que 1997 avait été un cru record avec 640 millions d’euros. La Bourse de Francfort a honoré dès jeudi l’annonce dans la presse allemande d’un changement de direction avec +7,3 % jeudi et +3,49 % vendredi.
Le patron de BMW, Bernd Pischetsrieder, a été limogé vendredi, sanction de l’échec du redressement de la marque britannique Rover rachetée en 1994 et devenue un boulet financier pour le constructeur automobile allemand. L’instance de surveillance du groupe a nommé un remplaçant surprise, Joachim Milberg, 55 ans, directeur de l’ingénierie et de la production, à l’issue d’une réunion de crise d’une journée entière. M. Milberg est entré il y a six ans chez BMW après douze années comme professeur à l’université technique de Munich, où il enseignait sa spécialité: la production. Cette nomination est un moindre mal pour Rover, où les syndicats sont inquiets des conséquences du départ de M. Pischetsrieder avec lequel ils ont négocié cet automne le sauvetage de leur principale usine près de Birmingham. En...