Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine a pris un risque politique en s’investissant personnellement pour imposer la conférence de paix pour le Kosovo à Rambouillet, s’affichant comme l’un des principaux inspirateurs de cette négociation à l’issue incertaine. À la tête des Affaires étrangères depuis juin 1997, Hubert Védrine, 51 ans, est un ministre très exposé en pleine période de cohabitation droite-gauche, car il a en charge un domaine partagé avec le chef de l’État. Pour l’instant, il s’est plutôt bien tiré de cette situation. Le Premier ministre socialiste Lionel Jospin lui accorde toute sa confiance et le président Jacques Chirac le tient en haute estime. Hubert Védrine n’est pourtant ni un diplomate de carrière, ni une personnalité politique. Mais la cohabitation n’est pas une situation inconnue pour ce diplômé de l’École nationale d’administration, fils d’un ami de François Mitterrand, appelé dès 1981 à l’Élysée où il a vécu dans l’ombre du chef de l’État pendant deux septennats, d’abord comme conseiller technique pour les questions diplomatiques et stratégiques, puis comme secrétaire général. Pragmatique, parfois cynique, il prône le volontarisme, le dose de réalisme, méprise les va-t-en-guerre et déteste les «solutions simplistes». Conduit à gérer deux crises majeures -l’Irak et le Kosovo - depuis son arrivée au Quai d’Orsay, à chaque reprise il a œuvré pour maintenir l’influence de la France dans la recherche des solutions, lui donnant un rôle de «trait d’union» conforme à sa conception de la diplomatie. Sa tâche a été facilitée par une relation privilégiée nouée avec le secrétaire d’État américain Madeleine Albright. «À condition de ne pas vivre dans un monde chimérique (...) de savoir rassembler les majorités ad hoc ou des minorités de blocage, de formuler des projets clairs et de parler à tous sans prétendre faire la leçon chaque matin, nous pouvons utiliser de mille façons la marge que nous avons», explique-t-il. Cette méthode a été utilisée point par point pour rallier les autres pays au projet de sortie de crise élaboré pour le Kosovo.
Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine a pris un risque politique en s’investissant personnellement pour imposer la conférence de paix pour le Kosovo à Rambouillet, s’affichant comme l’un des principaux inspirateurs de cette négociation à l’issue incertaine. À la tête des Affaires étrangères depuis juin 1997, Hubert Védrine, 51 ans, est un ministre très exposé en pleine période de cohabitation droite-gauche, car il a en charge un domaine partagé avec le chef de l’État. Pour l’instant, il s’est plutôt bien tiré de cette situation. Le Premier ministre socialiste Lionel Jospin lui accorde toute sa confiance et le président Jacques Chirac le tient en haute estime. Hubert Védrine n’est pourtant ni un diplomate de carrière, ni une personnalité politique. Mais la cohabitation n’est pas une...
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