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Actualités - Chronologie

BD - L'underground a son pape Fritz the Cat à Angoulême

Le 26e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a décerné samedi soir le Grand prix 1999 de la ville d’Angoulême à l’Américain Robert Crumb, père de Fritz the Cat, pour l’ensemble de son œuvre. Succédant à François Boucq, Grand prix 1998, et à tant d’autres depuis André Franquin, le premier à avoir été sacré en 1974, Robert Crumb, le «pape de l’underground», a ainsi reçu la récompense suprême du festival de référence du neuvième art. «L’Académie des grands prix» a également voulu rendre hommage à un éternel oublié du palmarès alors qu’il est probablement celui qui a le mieux fait connaître la bande dessinée à travers le monde: Albert Uderzo, le père d’Astérix l’irréductible petit Gaulois, qui a reçu le prix du Millénaire. Uderzo est l’archétype de l’auteur populaire: Astérix talonne Tintin en notoriété et popularité et le dépasse largement en nombre d’exemplaires vendus: 350 millions à travers le monde, un record absolu. En revanche, Robert Crumb est le type même de l’auteur «souterrain» revendiquant une marginalité, créateur non pas d’un univers imaginaire mais témoin, reporter-décalé, de son temps. Qu’il dessine des personnages réels — il se met en scène lui-même avec pas mal d’autodérision — ou préférant se distancier avec des animaux très «humains» jusque dans leur inhumanité, comme «Fritz», Mister Crumb décrit l’actualité. Ce furent la société en marge des années 60 et 70, la montée de la contestation, la prise de conscience des minorités… dont il s’est fait le chantre. Ce furent plus tard la remontée des conventions sociales ou la féroce dénonciation des yuppies. M. Nostalgia Maintenant, c’est plus souvent un retour nostalgique (son dernier album, paru cette année chez Cornélius, un petit éditeur indépendant, s’appelle justement «M. Nostalgia») sur ses années de jeunesse, où l’on croyait encore pouvoir refaire le monde. Sans oublier la sexualité, que Crumb fut un des premiers à montrer sans ambages, telle quelle, sans tabou frileux ni exhibitionnisme. Né il y a cinquante-cinq ans à Philadelphie, installé dans le sud de la France depuis 1991, Crumb a commencé sa carrière à l’âge de 15 ans et depuis travaille dans la presse alternative US comme dans la presse française (Actuel, L’Echo des savanes, Pilote, Yéti, Le Psikopat…) ou dans ses albums. «Lorsque je ne dessine pas, je ne suis rien», dit-il. Il réalise chaque jour des dizaines de croquis, ne posant le crayon que pour jouer du banjo (jazz et blues), son autre passion. Deuxième Américain, après Will Eisner en 1975, à obtenir le Grand Prix d’Angoulême, et un des trois seuls non francophones du palmarès (l’Italien Hugo Pratt a été primé), Robert Crumb est bien connu à Angoulême qui, en 1992, lui avait consacré une grande exposition. Dernier Grand prix du siècle, il aura droit à une nouvelle exposition-hommage en 2000, lors du 27e Festival.
Le 26e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a décerné samedi soir le Grand prix 1999 de la ville d’Angoulême à l’Américain Robert Crumb, père de Fritz the Cat, pour l’ensemble de son œuvre. Succédant à François Boucq, Grand prix 1998, et à tant d’autres depuis André Franquin, le premier à avoir été sacré en 1974, Robert Crumb, le «pape de l’underground», a ainsi reçu la récompense suprême du festival de référence du neuvième art. «L’Académie des grands prix» a également voulu rendre hommage à un éternel oublié du palmarès alors qu’il est probablement celui qui a le mieux fait connaître la bande dessinée à travers le monde: Albert Uderzo, le père d’Astérix l’irréductible petit Gaulois, qui a reçu le prix du Millénaire. Uderzo est l’archétype de l’auteur...