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Actualités - Chronologie

Depuis 1930, 2000 longs métrages

À l’heure où les films iraniens se distinguent dans les festivals, un ouvrage de Mahmat Haghighat vient fort à propos montrer que le cinéma iranien est presque aussi vieux que l’histoire du 7e Art mais qu’il a dû et doit encore beaucoup batailler contre la censure pour exister. L’auteur de cette Histoire du cinéma iranien, le premier ouvrage édité en français, est né à Ispahan en 1951 mais il est installé en France depuis plus de vingt ans où il dirige la salle de cinéma Quartier latin. C’est le roi Mozaffar od-Din-shah qui, dès 1900, s’est entiché de l’invention des frères Lumière lors de l’exposition universelle de Paris et a demandé au photographe de la cour d’acheter le matériel pour filmer ses hauts faits. Cet art a tellement bien pris racine que depuis 1930 près de 2 000 longs métrages ont été tournés. Mahmat Haghighat passe en revue chronologiquement le développement du cinéma, les premiers auteurs, le triomphe du cinéma populaire (1948-1960), l’âge d’or du cinéma documentaire, le cinéma commercial, les temps de crise etc. Abbas Kiarostami, porte-drapeau du renouveau, apparaît dans les années 70 mais c’est aussi l’époque où les salles de cinéma, symbole de la culture occidentale, brûlent. Un incendie à Abadan, en 1978, fait 400 morts. Au début de la République islamique, note l’auteur, il y avait 116 salles à Téhéran et 400 sur l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, il n’en reste que 76 dans la capitale et 283 dans tout le pays. La censure est omniprésente : «De 1980 à 1990, sur 3 355 scénarios déposés pour obtenir le visa de tournage, 2 830 sont refusés et 86 restent en suspens». Lorsque Kiarostami reçoit la Palme d’or à Cannes en 1997 et donne un anodin baiser à Catherine Deneuve, les autorités iraniennes crient au scandale. Le cinéaste attend à Paris que le climat s’apaise et rentre après l’élection de Mohamad Khatami. Aujourd’hui, le cinéma iranien essaie de repousser les limites en traitant des sujets de plus en plus controversés. C’est ainsi que Jafar Panahi (Caméra d’or au festival de Cannes pour Le ballon blanc) a obtenu cette année l’autorisation de tourner Le cercle qui aborde le thème de la prostitution sous le régime islamique. Histoire du cinéma iranien (1900-I999), écrit par Mamat Haghighat avec la collaboration de Frédéric Sabourand, est publié par les Éditions Cinéma du Réel et la Bibliothèque publique d’information du Centre Georges Pompidou de Paris.
À l’heure où les films iraniens se distinguent dans les festivals, un ouvrage de Mahmat Haghighat vient fort à propos montrer que le cinéma iranien est presque aussi vieux que l’histoire du 7e Art mais qu’il a dû et doit encore beaucoup batailler contre la censure pour exister. L’auteur de cette Histoire du cinéma iranien, le premier ouvrage édité en français, est né à Ispahan en 1951 mais il est installé en France depuis plus de vingt ans où il dirige la salle de cinéma Quartier latin. C’est le roi Mozaffar od-Din-shah qui, dès 1900, s’est entiché de l’invention des frères Lumière lors de l’exposition universelle de Paris et a demandé au photographe de la cour d’acheter le matériel pour filmer ses hauts faits. Cet art a tellement bien pris racine que depuis 1930 près de 2 000 longs métrages ont...