Le dollar a entamé la semaine hier, à Beyrouth, sur un ton acheteur dans un marché manifestant toujours de l’intérêt pour les placements en livre libanaise sous le rapport de sa bonne rentabilité. Selon les cambistes de la place, cette demande du dollar s’explique par la propension de certains non-résidents à convertir le montant de leurs bons du Trésor libanais échus en cette monnaie à l’approche de la clôture de leurs comptes de fin d’année. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL), qui consiste à acheter tout excès d’offres du dollar à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, a eu pour effet de le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, d’un côté, et à le faire négocier pratiquement à des cours légèrement supérieurs au bas de la fourchette d’intervention de la BDL, d’un autre côté. Il a dû ainsi fluctuer finalement entre 1 503,00 et 1 504,00 LL, après un départ entre 1 502,00 et 1 503,00 LL, dans un marché équilibré de lui-même avec un volume d’affaires de quelque huit millions de dollars entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucune intervention de la BDL Attentisme des cambistes avant la Fed À l’étranger, le dollar s’est légèrement replié face aux autres grandes monnaies hier, sur les marchés des changes internationaux rendus prudents par les conjectures auxquelles a donné lieu la décision que devrait prendre aujourd’hui la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’issue de la réunion de son comité de l’open market sur les taux d’intérêt aux États-Unis. La prudence a été donc de mise hier dans l’attente de la réunion de la Fed et en l’absence d’actualité économique importante. Le dollar s’est ainsi légèrement replié face au yen, à l’euro et au sterling, d’autant que plusieurs investisseurs estimaient que même une éventuelle hausse des taux d’intérêt par la Fed aujourd’hui n’aurait qu’un faible impact sur Wall Street, et donc sur le billet vert. «S’ils bougent les taux (à la hausse), le mouvement sera perçu comme un geste préventif (contre les poussées inflationnistes) qui dopera le marché des actions et des obligations et devrait par précaution profiter au dollar», indique-t-on dans les milieux cambistes. Et d’ajouter «s’ils ne bougent pas les taux, les marchés seront quand même contents et le dollar sera dopé de toute façon». Pourtant, l’euro s’est montré passagèrement vulnérable hier, d’autant plus qu’il ne s’est toujours pas remis des données décevantes sur les ventes de détail ou la production industrielle allemande publiées la semaine dernière. Le recul, annoncé hier matin, de 0,5 % en septembre de la production industrielle en Italie, soit davantage que prévu, n’a pas non plus aidé la monnaie unique européenne à s’engager franchement dans le sens de la hausse. Le seul salut pour l’euro pourrait venir du rapport Ifo sur le climat des affaires en Allemagne, attendu dans la semaine. Mais si ces dernières statistiques déçoivent encore le marché, il n’est pas impossible que la monnaie unique européenne teste le seuil de 1,0280 dollar, estime-t-on dans les milieux cambistes. Si ce seuil est brisé, alors tout le monde commencera à parler de la parité avec le dollar de l’euro, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Quant à la livre sterling, elle s’est ressaisie hier, profitant de la prudence des cambistes à la veille de la décision de la Fed. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est négocié à New York sur un ton hésitant, comme suit : – 1,0314 pour un euro contre 1,0313, vendredi dernier – 1,6210 pour un sterling contre 1,6155 – 1,8963 DM contre 1,8965 – 6,3599 FF contre 6,3605 – 1,5560 FS contre 1,5575 – 1 877,30 lires contre 1 877,50 – 104,90 yens contre 105,20. Bourse de Beyrouth : légère hausse des Ciments blancs À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été déterminée hier par la légère hausse enregistrée par les actions au porteur des Ciments blancs de 1 13/16 à 1 7/8 dollar dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a très légèrement progressé de 0,07 % à 74,11 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 177,00 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle s’est concentrée sur Solidere essentiellement, avec au total 65 530 actions négociées d’une valeur globale de 237 290 dollars. Irrégularité de Wall Street Sur les autres places boursières internationales, la tendance a été mitigée hier, à Wall Street, à la veille d’une réunion du comité de l’open market de la Fed, qui pourrait décider aujourd’hui d’un relèvement des taux d’intérêt américains. La hausse des taux, qui était donnée comme acquise depuis la dernière réunion de la Fed le 5 octobre dernier qui avait évoqué «un resserrement possible de la politique monétaire dans le futur», n’est toutefois plus aussi sûre à la lumière des dernières statistiques. La Fed avait alors estimé que les taux d’intérêt devraient être relevés au cas notamment où les coûts salariaux dépasseraient les gains de productivité, ce qui signifierait alors qu’un risque de reprise d’inflation est patent. C’est le cas sur un an, mais ça n’est pas vrai sur le troisième trimestre, comme en témoignent les chiffres publiés vendredi dernier de la productivité américaine (+4,2 % en rythme annuel entre juillet et septembre 1999, et 2,9 % sur un an) et ceux fin octobre des coûts du travail (+0,8 % en rythme annuel au troisième trimestre et +3,3 % sur un an). Wall Street a été aussi sous la pression de statistiques publiées hier, faisant état d’une hausse de 0,4 % des stocks des entreprises américaines en septembre, là où les analystes s’attendaient généralement à un hausse de 0,3 %, et une baisse de 0,2 % des ventes, celles-ci observant leur premier recul depuis janvier. Compte tenu de toutes ces considérations et dans l’attente de la réunion du comité de l’open market de la Fed aujourd’hui, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a irrégulièrement fluctué entre un plus haut à 10 793,17 points et un plus bas à 10 712,13 points, avant d’afficher en préclôture 10 777,88 points, en hausse de 8,56 points sur vendredi dernier. Nouveaux records des Bourses européennes grâce aux télécoms Malgré la nervosité ressentie dans l’attente de la décision de la Fed mardi sur les taux d’intérêt, les marchés boursiers européens ont terminé lundi sur de nouveaux records, grâce aux spéculations sur des fusions et acquisitions dans les secteurs des banques et des télécoms, notamment dans l’espoir d’une bataille d’OPA sur l’allemand Mannesmann. L’indice multipays Eurotop 300 affichait en fin de journée un gain de 1,0 %, à 1 411,64, tandis que l’Euro STOXX 50 faisait un bond en avant de 1,59 %, à 4 199,86, des records de clôture pour l’un et l’autre. À Paris, l’indice CAC 40 a atteint en séance un nouveau record historique, à 5 099,11 points, avant de ramener ses gains à 0,7 % à 5 178,13, son douzième record de clôture. C’est à Amsterdam que la hausse a été la plus forte, de 1,67 %, suivie par Francfort (1,18 %), Madrid (0,82 %), Milan (0,73 %), Paris (0,71 %), Londres (0,34 %) et Bruxelles (0,22 %), seule exception, la Bourse d’OPA a cédé 0,07 %. Outre les espoirs d’OPA, les banques ont aussi bénéficié des gains enregistrés dernièrement par le marché obligataire bien que l’on estime maintenant qu’il y ait une chance sur deux pour que le comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed décide aujourd’hui de relever les taux américains. «Les investisseurs ne voulaient surtout pas conserver des liquidités aujourd’hui, a dit Gary Dugan, analyste chez JP Morgan à Londres. Je crois vraiment que les opérateurs feront en sorte d’être totalement investis dans les marchés jusqu’à la fin de l’année». Par ailleurs, les cours du pétrole sont remontés au plus haut depuis près de trois ans, continuant de bénéficier de la perspective d’une prolongation vraisemblable des contingentements de production de l’Opep, et le géant pétrolier Royal Dutch/Shell a progressé de 1,59 %. Le groupe allemand de télécoms Mannesmann a terminé sur une très forte hausse de 9,54 % après avoir rejeté dimanche une offre d’achat non sollicitée de 65,5 milliards de sterling (106 milliards de dollars) du britannique Vodafone AirTouch Plc, ce qui semble annoncer l’une des plus grosses OPA hostiles jamais lancées. Vodafone, pour sa part, a cédé 0,93 %. Dans le même domaine, l’opérateur britannique Orange, qui est la cible d’une offre de 31 milliards de dollars de la part de Mannesmann, a fait un bond en avant de 9,09 %. La banque française CCF a monté de 3,72 %, la presse du week-end ayant évoqué une offre prochaine sur cet établissement par l’un de ses actionnaires, le néerlandais ING. Le CCF s’est refusé à tout commentaire et l’action ING a progressé de 1,97 %. Toujours dans le secteur bancaire, HypoVereinsbank a gagné 1,85 %, et Dresdner Bank 4,02 %, toujours soutenues par des rumeurs de fusion de ces deux établissements allemands. L’action Tabacalera a pris 1,79 %, les actionnaires du groupe espagnol de tabacs ayant approuvé samedi son projet de fusion avec son homologue français Seita dont l’action a en revanche chuté de 2,86 %. Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,3 % lundi, à la suite d’une vague de prises de bénéfices, selon les opérateurs. L’indice Nikkei a cédé 60,46 points à 18 198,09 points. «Les prises de bénéfices ont dominé le marché pendant la séance de l’après-midi», a indiqué Hiroichi Nishi de Nikko Securities. «Les achats s’étaient d’abord portés sur les valeurs des technologies de l’information pour s’étendre à d’autres secteurs... mais le marché a commencé à baisser du fait de prises de bénéfices», a ajouté Hiroichi Nishi. L’indice Nikkei avait atteint 18 519,52 au cours de la séance du matin mais les investisseurs «n’ont pas osé faire d’acquisitions à des prix plus élevés», a-t-il également indiqué. L’indice Topix a perdu 3,03 points à 1 589,16, le volume des transactions s’élevant à 670 millions d’actions, contre 755 millions vendredi. Dans la matinée, la Bourse avait monté dans le sillage de la hausse des valeurs high-tech à New York, a indiqué Tatsuo Kurokawa, analyste senior à Nomura Securities. «Les gains à Wall Street et un nouveau record à la hausse du Nasdaq ont dopé les investisseurs, faisant grimper le Nikkei en particulier dans le secteur de l’information high-tech», a-t-il ajouté. Les valeurs financières se sont moins bien comportées.
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