La vénérable maison d’enchères britannique Christie’s a effectué un tête-à-queue dans sa stratégie sur l’Internet, avec l’abandon du projet de site de ventes annoncé voilà six mois à peine, au profit d’un développement général de l’Internet dans ses activités. «Plutôt que de développer l’Internet de manière séparée, nous voulons l’intégrer au cœur de nos activités», a expliqué un porte-parole de Christie’s, contrôlé par Artemis, société de l’homme d’affaires français François Pinault. «Nous avons procédé à des études de marché et décidé de choisir cette option», a-t-il ajouté en expliquant que Christie’s Internet Auctions, créée en mai dernier, avait été démantelée. Il s’est refusé à toute précision chiffrée sur l’argent dépensé à cette occasion. Christie’s a opté pour un développement de son site général Christies.com qui sera effectif «début 2000», selon le porte-parole. Outre la possibilité de placer des ordres on-line, toutes les ventes seront visibles en direct sur l’Internet alors que ce système était jusqu’ici limité aux grandes ventes comme celle des souvenirs de Marilyn Monroe, fin octobre. Nouveau venu US En outre, des services comme la consultation de spécialistes ou la recherche d’objets particuliers seront disponibles en ligne. Selon le Wall Street Journal (WSJ), Christie’s a décidé de ne pas aller de l’avant dans le développement d’un site séparé en raison notamment du coût des investissements nécessaires (plus de 15 millions de dollars), chiffre que n’a pas voulu confirmer le porte-parole. «Nous n’aurions pas investi cet argent sagement», a commenté le directeur de Christie’s America, Edward Dolman, cité par le WSJ. «Nous pensons qu’il est plus que jamais important de protéger la valeur de notre marque dans le monde des enchères réelles ou virtuelles», a-t-il ajouté, cité par le Financial Times. Parmi les autres raisons invoquées par Christie’s pour renoncer à son site de ventes séparé sur l’Internet figurent, selon le WSJ, les difficultés juridiques pour offrir des garanties contre la fraude, les faibles bénéfices escomptés car le projet prévoyait la vente d’objets de moindre valeur comme des photos, des livres ou des gravures, et l’avance des projets du concurrent séculaire, l’américain Sotheby’s. Sotheby’s, qui avait annoncé en janvier l’investissement de 25 millions de dollars pour développer un site d’enchères en ligne, s’est en outre allié en juin avec Amazon.com pour lancer un site de ventes commun. Mais les deux sites sont en retard, selon le WSJ, et devraient être lancés fin 99 au lieu de juin et septembre comme initialement prévu. En outre, Christie’s comme Sotheby’s vont rencontrer sur le marché haut de gamme la concurrence de l’américain e-Bay, numéro un de la vente aux enchères en ligne jusqu’ici cantonné aux objets de moindre prix mais qui vient de lancer un site spécialisé «Grandes collections» après le rachat de la maison d’enchères Butterfield and Butterfield.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La vénérable maison d’enchères britannique Christie’s a effectué un tête-à-queue dans sa stratégie sur l’Internet, avec l’abandon du projet de site de ventes annoncé voilà six mois à peine, au profit d’un développement général de l’Internet dans ses activités. «Plutôt que de développer l’Internet de manière séparée, nous voulons l’intégrer au cœur de nos activités», a expliqué un porte-parole de Christie’s, contrôlé par Artemis, société de l’homme d’affaires français François Pinault. «Nous avons procédé à des études de marché et décidé de choisir cette option», a-t-il ajouté en expliquant que Christie’s Internet Auctions, créée en mai dernier, avait été démantelée. Il s’est refusé à toute précision chiffrée sur l’argent dépensé à cette occasion....