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Actualités - Chronologie

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, qui était-il ?

L’essentiel de la vie de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais fut extérieur à la littérature et, heureusement, l’y ramena par des voies réjouissantes... Comme l’écrit avec humour Paul Morand : «Toute sa vie, Beaumarchais a pris des raccourcis qui ont d’ailleurs considérablement allongé sa route, mais en l’allongeant l’ont mené, par des méandres picaresques, du côté où il s’y attendait le moins : du côté du génie». Celui qui fut horloger, professeur de musique, financier, politicien, agent d’affaires, amuseur mondain, qui s’occupa de fournitures d’armes aux Américains, d’une édition exhaustive des œuvres de Voltaire, d’une compagnie des eaux parisiennes, etc., resta toute sa vie un joueur, sachant perdre mais aussi «se refaire» avantageusement. On voit déjà poindre ici la figure insolente, malicieuse, rebondissante de Figaro. C’est probablement l’existence mondaine de Beaumarchais, ses démêlés nombreux avec la justice (affaire La Blache et Goëzman) qui contribuèrent à l’amener à l’écriture, à la littérature. La meilleure défense, c’est l’attaque. Et la meilleure attaque, c’est le rire. «Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer», écrit-il. mais savoir faire rire et avec intelligence exige un talent rare. D’emblée, Le Barbier de Séville connut un beau triomphe, tandis que Le Mariage de Figaro sut faire mouche, puisqu’il fut interdit par le roi et subit quelques six censures ! Par ailleurs, solide théoricien du théâtre (il écrivit un Essai sur le genre dramatique sérieux), à l’aise dans le drame bourgeois (Eugénie, Les Deux Amis), la comédie larmoyante (La Mère coupable), et même dans le livret d’opéra (Tarare), Beaumarchais fut en art un génie polyvalent, comme dans la vie un homme prêt à toutes les aventures. Tant pis s’il fut persécuté par des rivaux puissants et jaloux, emprisonné, maltraité par l’Ancien Régime, suspecté par la Révolution ! Car cet individualiste joueur et indépendant fut tout simplement ce qu’on appelle un homme libre, donc insupportable pour l’ordre social et les conventions. Le Mariage de Figaro continua à être interdit sous l’Empire et la Restauration, et même sous l’Occupation, entre 1940 et 1944 ! Mais n’est-ce point à cette fameuse «liberté de blâmer» que nous dédions encore tous nos «éloges flatteurs»?
L’essentiel de la vie de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais fut extérieur à la littérature et, heureusement, l’y ramena par des voies réjouissantes... Comme l’écrit avec humour Paul Morand : «Toute sa vie, Beaumarchais a pris des raccourcis qui ont d’ailleurs considérablement allongé sa route, mais en l’allongeant l’ont mené, par des méandres picaresques, du côté où il s’y attendait le moins : du côté du génie». Celui qui fut horloger, professeur de musique, financier, politicien, agent d’affaires, amuseur mondain, qui s’occupa de fournitures d’armes aux Américains, d’une édition exhaustive des œuvres de Voltaire, d’une compagnie des eaux parisiennes, etc., resta toute sa vie un joueur, sachant perdre mais aussi «se refaire» avantageusement. On voit déjà poindre ici la figure insolente,...