C’est Mika Hakkinen, un des pilotes les plus insaisissables de la Formule Un, qui a été couronné dimanche champion du monde pour la deuxième année consécutive. Insaisissable car peu disert, peu enclin aux coups d’éclat, le contraire en somme de Michael Schumacher, son seul vrai rival, dernier pilote à avoir conservé avant lui le titre suprême. Hakkinen a appris à se taire pour mieux apprendre au cours de sept longues saisons d’apprentissage, chez Lotus d’abord en 1991 et 1992, chez McLaren ensuite qu’il rejoint en 1993. Le Finlandais, né d’une famille modeste à Helsinki en 1968, a depuis longtemps acquis le goût de la vitesse et de l’équilibre. Il a fréquenté une école de cirque, a multiplié les petits boulots pour financer sa passion, le karting, une spécialité dont il sera quintuple champion de Finlande. Il deviendra aussi champion de Grande-Bretagne de Formule Trois. Mais la Formule Un est une tout autre affaire. Chez Lotus, il a beau s’évertuer à tirer le maximum d’une monoplace trop faible, il passe deux saisons et 32 Grands Prix à ronger son frein. Son enthousiasme et son goût pour la fête se tarissent. McLaren, qui l’embauche comme pilote de réserve derrière Ayrton Senna et Michael Andretti, lui enseigne la patience. Travailleur acharné, Hakkinen enchaîne les essais et décroche enfin la place de deuxième pilote après le départ d’Andretti et se permet même de battre Senna en qualifications. Drame australien L’année suivante, en 1994, le Brésilien signe chez Williams et Hakkinen, lui, finira quatrième du championnat du monde avec 26 points. Sa progression régulière lui laisse de nombreux espoirs pour la suite mais le 10 novembre 1995 en Australie, il est victime d’un grave accident, une violente sortie de piste qui le plonge dans le coma. Le Finlandais subira une trachéotomie, passera plusieurs semaines à l’hôpital et souffre en silence. Sa volonté reprend le dessus et au début de la saison suivante, Hakkinen reprend place dans le baquet d’une Formule Un. Cette saison-là, il décrochera quatre podiums, la saison suivante, en 1997, sa première victoire au Grand Prix d’Europe à Jerez. L’heure de la maturité a sonné, Hakkinen n’a plus qu’à en récolter les fruits en 1998 dans une monoplace supérieure à la concurrence dont il sait tirer tous les avantages en remportant huit victoires en Grand Prix. Cette saison, dans une McLaren manquant de fiabilité, les chausse-trappes se sont multipliées : roue mal fixée en Angleterre, accrochage avec son coéquipier David Coulthard en Autriche, sortie de route à Monza, disqualification puis appel gagné par les Ferrari en Malaisie. Mais une nouvelle fois, le discret Finlandais a serré les dents et patienté, confirmant qu’associé à un pilotage de pur sprinter et à un fair-play loué par tous ses collègues, ses nerfs restaient son arme secrète par excellence.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est Mika Hakkinen, un des pilotes les plus insaisissables de la Formule Un, qui a été couronné dimanche champion du monde pour la deuxième année consécutive. Insaisissable car peu disert, peu enclin aux coups d’éclat, le contraire en somme de Michael Schumacher, son seul vrai rival, dernier pilote à avoir conservé avant lui le titre suprême. Hakkinen a appris à se taire pour mieux apprendre au cours de sept longues saisons d’apprentissage, chez Lotus d’abord en 1991 et 1992, chez McLaren ensuite qu’il rejoint en 1993. Le Finlandais, né d’une famille modeste à Helsinki en 1968, a depuis longtemps acquis le goût de la vitesse et de l’équilibre. Il a fréquenté une école de cirque, a multiplié les petits boulots pour financer sa passion, le karting, une spécialité dont il sera quintuple champion de...