La disparition du Boeing 767 d’Egypt Air représente un nouveau coup dur pour le plus grand avionneur du monde, marqué par plusieurs accidents au cours des dernières années et au moment où son concurrent européen Airbus Industrie lui ravit des parts de marché. Depuis 1996, deux Boeing, dont l’un fabriqué par McDonnel Douglas avant son rachat par Boeing en 1997, se sont déjà abîmés dans l’Atlantique, tuant au total 685 personnes : un vol de la TWA (juillet 1996) et un vol de la Swissair (septembre 1998). Un troisième Boeing s’est écrasé en 1996 en Inde, faisant 349 morts, mais ce dernier accident a été provoqué par une collision en plein ciel avec un appareil russe. Le Boeing d’Egypt Air volait dans le même couloir aérien que le Boeing 747 de la TWA à destination de Paris en juillet 1996, dont l’explosion en plein vol, également peu après son décollage de l’aéroport Kennedy, avait provoqué la mort de 230 passagers et membres d’équipage. Cette catastrophe continue à hanter le constructeur plus de 3 ans après, alors qu’un tribunal fédéral a autorisé début octobre les familles de 45 victimes françaises à poursuivre Boeing en justice. Après avoir un temps envisagé l’hypothèse d’une attaque terroriste, les enquêteurs du Bureau national chargé de la sécurité des transports (NTSB) pensent aujourd’hui que des fumées de kérozène à l’intérieur du réservoir central de l’appareil pourraient avoir été à l’origine d’une explosion. Samedi, le Washington Post a révélé que Boeing avait mené en 1980 une enquête sur un problème de surchauffe de réservoir après un incident sur une version militaire de son 747, mais qu’il avait omis d’en avertir le NTSB jusqu’à juin de cette année. Les responsables du NTSB estiment que cette étude aurait pu contribuer plus tôt à l’enquête menée sur l’accident de la TWA en 1996, et se sont déclarés «consternés» et «mécontents» de l’attitude de Boeing. Un responsable de Boeing a reconnu que l’étude aurait dû être transmise tout en affirmant qu’elle n’était pas pertinente pour la version civile des 747. Moins dramatique, un Boeing 767 de Delta Airlines assurant la liaison Bruxelles-New York a dû effectuer dimanche un atterrissage forcé sur l’aéroport de Bruxelles à la suite de la panne d’un de ses moteurs. L’incident n’a fait aucune victime. Sur le plan commercial, la concurrence est actuellement rude pour le premier constructeur mondial. La petite compagnie aérienne israélienne El Al, qui a annoncé jeudi qu’elle envisageait de passer commande pour la première fois auprès d’Airbus Industrie, a permis à l’avionneur européen de mordre dans une chasse gardée de Boeing. Pour la première fois, le carnet de commandes d’Airbus est actuellement plus rempli que celui de Boeing, avec 1 469 avions contre 1 427. Sur les neuf premiers mois de l’année, l’européen a vendu 343 avions, contre 154 pour Boeing, même si en termes d’avions livrés, Boeing domine encore avec 455 appareils sortis de ses chaînes durant la même période, contre seulement 211 pour Airbus. D’autre part, l’action du constructeur aéronautique américain a perdu 3,39 % (1-9/16 dollar) à 44-1/2 dollars hier à l’ouverture des échanges à la Bourse de New York.
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