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Actualités - Chronologie

Etats-Unis Washington propose d'introduire les conditions de travail à l'OMC

Les États-Unis ont présenté à l’OMC, en vue de la conférence ministérielle de Seattle, une proposition visant à établir un «groupe de travail» sur les relations entre conditions de travail et commerce, un sujet tabou pour de nombreux pays en développement. La proposition américaine va plus loin que celle de l’UE, qui a préconisé, dans son mandat de négociations, un «forum permanent de travail conjoint» entre l’OMC et l’Organisation internationale du travail (OIT), alors que Berlin voulait un groupe de travail spécifique. Attendu depuis plusieurs mois, le texte américain a été présenté par l’ambassadrice à Genève, Rita Hayes, devant les chefs de délégation des États membres qui devraient en discuter dès cette semaine. Elle leur a demandé de le «considérer de manière constructive». La conférence de Seattle se réunira dans quatre semaines, du 30 novembre au 3 décembre, à Seattle. Elle définira les négociations du prochain cycle multilatéral, qui devrait durer trois ans. Selon la proposition américaine, un «groupe de travail» devrait être établi pendant deux ans sur «commerce et travail» et présenter ses conclusions à la 4e conférence ministérielle en 2002. Six points seraient soumis au groupe parmi lesquels : le commerce et «le travail forcé ou exploité des enfants», le commerce et ses effets sur l’emploi, le commerce et les protections sociales, les «incitations pour promouvoir les conditions de travail de base». Le mandat de ce «groupe de travail» serait uniquement «de discuter et d’analyser, il n’y aurait pas de règles et de contraintes procédurales», a souligné l’ambassadrice. Mme Hayes a indiqué disposer de «soutiens» au sein de l’OMC, relevant qu’elle avait eu de nombreux contacts avec les autres ambassadeurs avant de le déposer. Les États-Unis ne cherchent pas à introduire «un cheval de Troie du protectionnisme» contre les produits à bas prix des pays en développement, a-t-elle encore dit, avant d’ajouter : «Il n’y a pas de menaces», ni «une sorte de conspiration» pour diminuer les avantages compétitifs des pays en développement. Cette proposition, a-t-elle ajouté, «ne devrait pas susciter d’anxiété non justifiée». Elle répondait au ministre du Commerce extérieur de l’Inde, Murasoli Maran, qui avait comparé récemment l’introduction des conditions de travail et de l’environnement à un «cheval de Troie protectionniste» dans l’agenda de Seattle. L’Inde dirige un groupe de pays intransigeants sur la question des conditions sociales, estimant que le sujet a été laissé à l’OIT lors de la 2e conférence ministérielle de l’OMC de Singapour en 1996. Certains gouvernements du tiers-monde soupçonnent en outre l’Administration Clinton de vouloir apaiser les syndicats américains à un an des élections présidentielles. Selon Mme Hayes, le problème des conditions de travail doit être examiné par l’OMC avec la pleine collaboration des institutions financières internationales et d’agences onusiennes comme la Cnuced (Conférence de l’Onu pour le commerce et le développement) et surtout l’OIT. L’OIT doit rester «l’organisation dirigeante» en ce domaine, a-t-elle dit, observant que la proposition américaine demande que l’OIT bénéficie d’un statut d’observateur à l’OMC. «Promouvoir un commerce plus libre», mais aussi «juste», pour «élever le niveau de vie des travailleurs» est «une responsabilité centrale» pour les États membres, a dit Mme Hayes. Selon elle, l’opinion publique dans les pays développés et sous-développés «a déjà placé ces thèmes à son ordre du jour». «L’OMC doit avoir un rôle constructif et de soutien» au travail de l’OIT. C’est une manière «de renforcer la crédibilité de l’OMC», a dit Mme Hayes.
Les États-Unis ont présenté à l’OMC, en vue de la conférence ministérielle de Seattle, une proposition visant à établir un «groupe de travail» sur les relations entre conditions de travail et commerce, un sujet tabou pour de nombreux pays en développement. La proposition américaine va plus loin que celle de l’UE, qui a préconisé, dans son mandat de négociations, un «forum permanent de travail conjoint» entre l’OMC et l’Organisation internationale du travail (OIT), alors que Berlin voulait un groupe de travail spécifique. Attendu depuis plusieurs mois, le texte américain a été présenté par l’ambassadrice à Genève, Rita Hayes, devant les chefs de délégation des États membres qui devraient en discuter dès cette semaine. Elle leur a demandé de le «considérer de manière constructive». La conférence...