Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Un pays miné par la pauvreté et le chômage

La plus petite des républiques d’Asie centrale, le Tadjikistan, est minée par une pauvreté grandissante et un chômage dramatique, plus de 70 % de ses six millions d’habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté, selon des rapports des ONG et de l’Onu. À peine remis d’une guerre civile de 1992 à 1997, le pays à majorité musulmane traîne derrière les autres anciennes républiques de l’Urss pour la mise en place de réformes économiques. Le chômage y est endémique et les entreprises, dont la majorité ne sont pas encore privatisées, ne travaillent en moyenne qu’à 36 % de leur capacité. Selon un rapport de l’Onu, plus de 70 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Outre une criminalité récurrente, les affrontements entre clans régionaux et chefs de guerre éloignent les investisseurs. Au total seules 260 entreprises étrangères s’y sont implantées, dont la majorité sont des PME, constate le ministre de l’Économie (également chef du Parti de la renaissance islamiste) Davlat Ousmon. Pourtant, à la suite des accords de paix de 1997, le Tadjikistan a commencé à coopérer avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour stabiliser son économie, renforcer sa monnaie et améliorer sa balance des paiements. Le gouvernement a ainsi adopté un programme de cinq ans qui prévoit de ralentir l’inflation de 43 à 8 % en 2001 et d’accroître la production industrielle annuelle de 4 à 5 %. La coopération avec les organisations financières internationales a permis de «relativement stabiliser l’économie, d’arrêter la chute de la production et d’augmenter quelque peu le Produit intérieur brut vers la fin de 1997 et en 1998», s’est félicité le ministre de l’Économie. Alors que le PIB croissait de 17 % en 1998 (se montant à 1.22 milliard de dollars), il n’a augmenté que de 0.9 % pour les 9 premiers mois de cette année, a toutefois reconnu M. Ousmon. Pour lui, l’élan tant attendu ne peut venir que d’une augmentation des investissements étrangers dans le pays. «Sinon ce sera la misère», prévoit-il. Malgré ses ressources naturelles – en minéraux, gaz naturel et charbon et son potentiel hydroélectrique, avec près de 60 % des rivières d’Asie centrale qui y prennent leur source, le pays n’arrive pas à attirer la manne vitale. «Si la situation politique du pays est stable, les investisseurs étrangers viendront s’établir ici», assure le ministre de l’Économie. Une opinion partagée par de nombreux observateurs. «Le Tadjikistan est le plus petit et le plus inaccessible des pays de l’Asie centrale. S’il ne s’améliore pas du moins politiquement, les investisseurs iront ailleurs, là où ils peuvent prospérer plus rapidement», soulignait ainsi un observateur étranger sous couvert de l’anonymat. Pourtant les tensions entre le président Emomali Rakhmonov et l’opposition islamiste se sont multipliées ces dernières semaines avec la campagne électorale. L’opposition, qui a été déboutée du scrutin présidentiel de dimanche, a accusé la présidence d’avoir sciemment multiplié les obstacles à sa participation.
La plus petite des républiques d’Asie centrale, le Tadjikistan, est minée par une pauvreté grandissante et un chômage dramatique, plus de 70 % de ses six millions d’habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté, selon des rapports des ONG et de l’Onu. À peine remis d’une guerre civile de 1992 à 1997, le pays à majorité musulmane traîne derrière les autres anciennes républiques de l’Urss pour la mise en place de réformes économiques. Le chômage y est endémique et les entreprises, dont la majorité ne sont pas encore privatisées, ne travaillent en moyenne qu’à 36 % de leur capacité. Selon un rapport de l’Onu, plus de 70 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Outre une criminalité récurrente, les affrontements entre clans régionaux et chefs de guerre éloignent les investisseurs. Au...