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Actualités - Chronologie

Les belles lettres crèvent l'écran

De l’écrit à l’écran, les belles lettres sont en vedette sur la Croisette avec à l’affiche le prix Nobel de littérature colombien Gabriel Garcia Marquez, adapté par le Mexicain Arturo Ripstein dans Pas de lettre pour le colonel. Après l’Américain Herman Melville, qui a inspiré Pola X au Français Leos Carax avec Pierre ou les ambiguïtés, et Marcel Proust revu par la vision baroque et surréaliste du Franco-Chilien Raoul Ruiz dans Le Temps retrouvé, Arturo Ripstein signe une chronique mélancolique, remarquablement servie par l’acteur mexicain Fernando Lujan et l’Espagnole Marisa Paredes, déjà rencontrée du côté de chez Pedro Almodovar. Club des éditeurs Mercredi, c’est au tour de l’Italien Marco Bellochio avec La Balia (La nourrice) de s’inspirer de Pirandello. Quant au doyen du festival, le nonagénaire portugais Manoel de Oliveira, il a rajeuni La Princesse de Clèves pour signer une adaptation contemporaine avec Chiara Mastroianni dans le rôle de Mademoiselle de Chartres. Tous ces films sont en compétition pour la Palme d’or, décernée le 23 mai. Pour faciliter les passerelles entre papier et pellicule, cinéma et édition, la création d’un «Club des Éditeurs» a été annoncée officiellement lundi à Cannes par Isabelle Fauvel (Initiative Film) et Jérôme Paillard, directeur délégué du marché du film. Ce club accueillera sur la Croisette, en l’an 2000, des éditeurs, des agents littéraires, des écrivains, avec des producteurs, réalisateurs, scénaristes, acteurs français et étrangers. Plusieurs maisons, pour la plupart françaises, ont déjà répondu présentes, dont Actes Sud, Belfond, Gallimard, Grasset, le Seuil et dès mai 2000, d’autres seront là : Albin Michel, Fayard, Flammarion... « Quand vous aurez appris »… Évoquant le «défi paralysant» de «traduire les mots de Gabriel Garcia Marquez en images», la scénariste Paz Alicia Garciadiego a précisé qu’elle avait lu deux fois la nouvelle en deux heures, «puis j’ai mis le livre en haut de la bibliothèque et j’ai essayé de la réécrire moi-même avec mes propres dialogues. Et j’ai été à nouveau saisie par les rêves brisés de ce colonel des tropiques, qui espère désespérément». Le colonel attend chaque vendredi au bord du fleuve le petit vapeur qui amène le facteur dans ce village, près de Véracruz, dans l’espoir qu’il y aura une lettre pour le sortir de la misère, lui et sa femme. Pleurant un fils assassiné et cachant sa détresse par fierté, le vieux couple n’a plus qu’un coq de combat et beaucoup de tendresse pour faire face au désespoir. Avec de longs plans séquences, le réalisateur signe une adaptation fidèle à l’esprit de l’écrivain. Ripstein a d’ailleurs eu la bénédiction du prix Nobel : «C’est un grand film qui me fait justice», lui a-t-il écrit. Lors de la première projection, «il était assis à ma droite, a raconté le réalisateur. Je l’ai vu retirer ses lunettes et essuyer des larmes. C’était très émouvant». C’est la deuxième fois qu’Arturo Ripstein adapte le Colombien : il l’avait fait avec son premier film Tiempo de morir en 1965. «J’avais 20 ans à l’époque et je voulais porter à l’écran Pas de nouvelle pour le colonel. Il m’avait répondu : “Vous pourrez le faire quand vous aurez appris”. Dans la série des grands classiques et prix Nobel, le cinéaste mexicain avait déjà adapté Naguib Mahfouz avec Principio y fin (Le début et la fin) en 1993.
De l’écrit à l’écran, les belles lettres sont en vedette sur la Croisette avec à l’affiche le prix Nobel de littérature colombien Gabriel Garcia Marquez, adapté par le Mexicain Arturo Ripstein dans Pas de lettre pour le colonel. Après l’Américain Herman Melville, qui a inspiré Pola X au Français Leos Carax avec Pierre ou les ambiguïtés, et Marcel Proust revu par la vision baroque et surréaliste du Franco-Chilien Raoul Ruiz dans Le Temps retrouvé, Arturo Ripstein signe une chronique mélancolique, remarquablement servie par l’acteur mexicain Fernando Lujan et l’Espagnole Marisa Paredes, déjà rencontrée du côté de chez Pedro Almodovar. Club des éditeurs Mercredi, c’est au tour de l’Italien Marco Bellochio avec La Balia (La nourrice) de s’inspirer de Pirandello. Quant au doyen du festival, le...